Archive for May, 2006:
Donner à chacun les moyens de choisir sa vie
Le désir de « vouloir vivre ensemble » caractérise les interventions des internautes. La notion de communauté, au-delà des égoïsmes et de la peur de l’autre, prime.
Yannick Serrano en appelle à une « charte nationale de vivre ensemble ».
« La volonté de vivre ensemble est un exercice de tous les instants. Elle nous impose tolérance, respect de l’autre et acceptation des différences ».
Le respect des différences
La difficulté de vivre dans la « différence » nourrit de nombreux témoignages.
Victimes de racisme : Hicham témoigne dans un texte intitulé « Je souffre », Marie-France unie à un tunisien constate que dans notre société, nous sommes « libres de circuler mais pas libre(s) d’aimer ». Buffet se demande si dans l’avenir il sera possible de fonder un « foyer mixte ». Nico 77 souhaite que le PACS soit amélioré afin de permettre aux couples français/étranger de mieux vivre leur union.
De nombreux internautes abordent la question de l’homosexualité et plus particulièrement le sujet du mariage homosexuel.
« Il faut que la République s’attache à respecter les choix individuels et que ces choix soient acceptés par la société au nom du droit de chacun au bonheur » (Simon).
« Je ne veux pas être considéré comme une personne à part » plaide Nico 2 Cruz.
Yenamarre dénonce des « droits différents de ceux des autres citoyens ». « Le Petit Prince » appelle de ses vœux un « nous civil dans l’avenir ». Foulon Olivier demande à ce qu’il soit donné aux homosexuels le droit de « jouir des droits des couples hétérosexuels ». Certains proposent d’améliorer le PACS (Peaceonearth, Citoyen, Michelle …) d’autres militent pour la mise en place d’un mariage homosexuel.
La question de l’homoparentalité suscite de très vives réactions. Rémy favorable à « la parentalité gay » s’interroge « des parents homos ne sont-ils pas des parents tout court ? », Phil estime que « nier l’homoparentalité c’est nier au moins 200 000 citoyens français ».
L’enfant est au cœur du débat. Les témoignages abondent sur l’envie d’être parent. Pour Gils les enfants élevés par les couples homos n’ont pas plus de problèmes que les autres ». « Légiférer sur l’homoparentalité renforcerait la protection des enfants », Christophe.
Nombreuses sont les contestations « un enfant n’est pas un produit, ce n’est pas parce que l’on en a envie que l’on peut l’obtenir » (message de directeur achats).
« Je comprends (…) le désir de paternité ou de maternité … mais cette souffrance ne justifie pas que l’on relativise la famille » (Olivier Noël).
Au-delà de la question de l’éducation de l’enfant, les interventions s’orientent sur la question de l’accès à la paternité ou maternité : insémination artificielle et adoption.
Julien G dénonce « l’utilisation abusive des techniques reproductives » par crainte d’une dérive.
En ce qui concerne l’adoption, sans détour Yves 78 affirme : « je suis favorable à l’extension du droit d’adoption pour les couples homos avec les mêmes règles que les autres » ; Simon précise que l’adoption est une réalité mais que ces enfants ne sont pas aujourd’hui « reconnus par le Droit ».
Ne pouvoir fonder une famille pour des parents homosexuels est perçu comme une mise « en marge de la société » (Nicocruz).
Il est, sur la question du mariage et de l’homoparentalité, fait appel à l’exemple de « nos voisins européens », Christophe.
L’unanimité se fait sur la nécessité d’un débat général sur ce sujet.
La formation de la jeunesse
La formation de la jeunesse doit contribuer à donner aux élèves des repères et garantir une culture commune.
« La jeunesse doit se réapproprier le champ du débat », Chris 26-02-06.
« Il faut qu’à l’école, on apprenne aux enfants à quel point il est important (…) de respecter l’autre » Olivier Noël 18-02-06.
L’école a un rôle essentiel à jouer en ce qui concerne l’apprentissage du respect de l’autre, pour cela l’école doit avoir les moyens de sa mission : allègement des effectifs des classes, mise en place de nouveaux rythmes scolaires (Sandra – Marine), réorganisation des cycles (miltemps 93), réduction de la taille des établissements (Yannick Serrano), meilleure formation des enseignants (Franckdesk) avec la systématisation de la formation tout au long de leurs carrières, un accroissement du nombre de surveillants …
Pour les élèves en difficulté, il est proposé de repenser et renouveler la politique des ZEP jugée efficace (Lofi), d’imaginer un « plan national de création d’écoles de la seconde chance » (Serrano).
Les parents
La responsabilisation des parents, dans la scolarité de leurs enfants, est perçue comme un levier essentiel (Annie).
Des actions d’aide à la parentalité pour soutenir les parents sont envisagées : développements de structures, d’accueil parents – enfants (Cathare), mise en place de « chèque éducation » permettant l’accès à des activités culturelles, sportives et de soutien scolaire.
La place du père dans notre société et particulièrement dans le cadre de couples séparés est un sujet largement abordé. « La loi dissuade de devenir père », estime Fredouest parce qu’en cas de séparation, le juge donne l’avantage la mère.Il faudrait « revaloriser le rôle du père » Michelle, aller vers un traitement à l’identique père-mère, par le juge en ce qui concerne la garde des enfants. Stéphane 27 parle lui, à ce propos, d’un désir « d’égalité parentale ». Yaovi propose l’instauration « d’une charte des parents » qui faciliterait les démarches administratives courantes relatives aux enfants. Robin demande à ce que la politique de médiation dans les conflits parentaux soit plus largement développée.
La mise en place d’un salaire maternel (ou paternel) pour celui des parents qui éduque à la maison les enfants est une question largement débattue (Geneviève Sabatier, adapter). « Garantir un salaire aux parents travaillant à la maison » (Tzenga), est une des propositions fréquemment émise. Anne-Marie Guyot rappelle que ce choix de vie doit être « consenti et calculé » et souligne qu’il faut veiller à « rompre l’isolement et créer des liens sociaux » pour les femmes isolées. Janine Lecler en appelle à « des états généraux de la famille » sur ce sujet. Pour Frédérique 34 l’augmentation des modalités de prise en charge collective des enfants permettrait une « vraie conciliation de la vie professionnelle et familiale »,dès lors la question du salaire maternel se poserait avec plus de justesse, car il s’agirait d’un réel choix.
Se former tout au long de sa vie
« Il faut assurer à chacun un moyen de continuer à se former tout au long de sa vie » (fh), cette préoccupation est partagée par de nombreux internautes. Les moyens envisagés sont divers : développement de la formation interne aux entreprises, amélioration de l’accès à la culture pour tous (Tzenga et Michelle), « Démocratisons l’accès à la culture » est le mot d’ordre repris par de nombreux internautes (Banjo, 3ertrand, wl …).
Vie associative
Le rôle des associations semble, plus que jamais, revendiqué, perçue comme un « creuset de solidarité », Marsick, l’association paraît garante d’un lien social fort. Renforcer l’engagement du grand nombre dans ce type d’activité pourrait passer par une validation de la pratique associative au sein du cursus universitaire des étudiants (Walwhitman).
Anthobrest rappelle l’impératif qu’il y a à « dynamiser le secteur associatif » et propose que soit établi « un statut des bénévoles ».
La France dans le Monde
Le débat donne des pistes sur les réorientations et les améliorations jugées nécessaires ou indispensables, pour que la France pèse dans le monde.
Arrêtons le pessimisme, reprennent en cœur de nombreux intervenants. Il faut croire en la France et en ses capacités.
Il faut une France sûre d’elle-même, capable d’agir pour l’intérêt européen et mondial. Il faut une France intégrée et ouverte. La France ne réussira pas seule, le constat est unanime. La France doit s’appuyer sur l’Europe mais pas sur n’importe quelle Europe.
L’appel à un discours de vérité est réclamé. « La vérité, même si elle est dure à dire, ne ferait pas forcément fuir les électeurs » explique par exemple Simon Dumas, « au contraire, elle pourrait permettre de rétablir la confiance, qui est la base de tout. Ensuite, il serait temps d’expliquer (vraiment) pourquoi l’Etat français ne peut pas tout et pourquoi il faut nous dépêcher de construire l’Europe » .
1 Nos atouts et nos faiblesses
Les internautes cernent sans pessimisme ni autosatisfaction les forces et les faiblesses de la France.
Un constat est partagé par beaucoup comme Louis de Anfrasio : « la France est actuellement peu écoutée en Europe et dans le monde ». Il faut descendre de notre piédestal (JulienG) ; notre pays doit donner une image plus modeste (Olivier T). La France est perçue comme un pays qui vit sur son passé (Serge).
En fait, la France souffre d’une perte de crédibilité dans le monde (son « modèle » montre des limites, chômage élevé, dette en hausse constante, panne d’innovation).
Le pays traverse une crise d’identité pour françoisalex, qui rappelle le syndrome virginien, cet Etat américain dépassé par l’évolution des Etats-Unis d’Amérique. « L’urgence est au dialogue et à la réflexion » pour Florence2701, «nous avons besoin d’explication, d’une vision pour savoir où nous allons. Nous n’avons même plus la foi de regarder devant nous, la réalité nous accable sans que notre impuissance ne nous dérange ».
La promotion de la France, de sa culture et de sa langue est essentielle. Pour renforcer la place de la France dans le monde, les politiques doivent avoir le souci permanent de son rayonnement. Les élus doivent promouvoir la culture et la langue françaises à l’étranger. Il faut des mesures « offensives » et pas uniquement « défensives ». L’augmentation des moyens (bourses, lycées français à l’étranger, médias) est un passage obligé, un investissement pour le futur.
Il est souligné que le réseau des établissements français à l’étranger est important dans le rayonnement de la France. Et, ainsi que l’observe Javier Casas, il y a de véritables réussites comme la qualité du collège franco-péruvien de Lima, qui prépare à des études supérieures en France. Il est cependant constaté que, pour des raisons de coût, plusieurs centres culturels français à l’étranger ont été fermés.
Niklavs Auzans propose que les agents des ambassades dans les différents secteurs (éducatif, associatif, économique, culturel, technique, scientifique) soient plus représentatifs de la diversité de la société française.
Même dans les pays francophiles, les structures ne sont pas à la hauteur, comme l’indiquent bonnefoi ou directeurachats à propos de la Roumanie, de la Russie, de la Serbie…
L’idée de financer tout ou partie de stages en France à des jeunes désireux d’apprendre notre langue est avancée, comme le font d’autres pays.
On pourrait également s’appuyer sur les Français installés à l’étranger qui seraient appelés à promouvoir la France.
JBG propose une université francophone sur internet.
La France doit se doter d’une stratégie audiovisuelle extérieure (RFI, TV5, CFII…). Nos médias doivent notamment s’exprimer en langues étrangères selon plusieurs internautes (math03, ilfordhp5). Le contenu de TV5 est décrié par plusieurs, plutôt repoussoir qu’attractif pour la France et la francophonie (trop culturel, coupé de la réalité), symbole de l’arrogance française. L’idée d’une télévision européenne est avancée. D’autres proposent de s’appuyer davantage, comme les Etats-Unis, sur le cinéma (plfasr) car le siècle est celui de l’image et de l’imagination. Il faut rappeler que l’industrie cinématographique est dynamique en France.
Les hommes politiques doivent maîtriser plusieurs langues. C’est aussi un signe d’ouverture au monde pour fabrice_r.
Si la France offrait à nouveau une image d’ouverture et de modernité, elle deviendrait plus crédible et utile pour le monde.
La France a vocation à inspirer le reste de l’humanité par le développement de principes universels (estiment plusieurs internautes comme desvignes).
Mais apprenons aussi à apprendre des autres. Les Français doivent admettre que ce n’est que dans l’échange avec les autres pays que la France pourra conserver son haut niveau économique et social.
Plusieurs internautes soulignent la nécessité d’un soutien à la recherche, à l’innovation, aux PME (comme gwen paris ou Pierre Lancien), à toutes les initiatives (henri bekombo)
Pour avoir du poids, la France doit avoir être forte économiquement (plume69).
Pierre Lancien estime qu’il faut soutenir la recherche. Fanito pense que les étudiants doivent faire des stages professionnels à l’étranger.
Paris-Dubai demande des infrastructures pour accueillir les sociétés étrangères, car l’offre crée la demande (idée de gildo).
L’espoir est de « bâtir un grand projet pour 2007 qui serait capable de rassembler tous les citoyens de ce pays » (nicomaz)
La France n’est rien sans l’Europe (jespar, emlyd2207, Jacques bientôt 80 ans).
2 L’Europe et la place de la France
De nombreux internautes réclament une relance de l’Europe. Quelques uns demandent un nouveau traité (winger) moins libéral. Nombreux sont ceux qui réclament une nouvelle constitution (Jacques Ernest), soit en gardant les « bonnes » parties du traité (la Charte des droits fondamentaux surtout, Billy…) soit en renégociant un texte plus social
Les idées foisonnent :
- Faire une Europe politique est la priorité pour beaucoup. Le politique doit être le moteur de l’action et non l’économique. Par exemple, jespar et claudepol proposent d’oser un vrai budget européen et de favoriser la démocratie en Europe (avec des élections le même jour par exemple, et le renforcement des pouvoirs des citoyens et du parlement…). La fin des décisions à l’unanimité est perçue comme un facteur positif, avec une généralisation des votes à la majorité qualifiée. Yannick Serrano imagine une fédération d’Etats avec un nouveau pacte européen à fonder. Cyrille va plus loin en imaginant la fin de la nomination des commissaires européens par les pays : il y aurait un gouvernement européen où les ministres seraient des députés européens ; le chef de ce gouvernement devrait obtenir un vote de confiance au parlement.
- Relancer un noyau dur.
- Renforcer les pouvoirs d’un ministre des affaires étrangères européen (Niklavs Auzans) pour mieux défendre les intérêts généraux de l’Europe.
- Relancer une Europe de la Défense, avec par exemple la fusion des états majors et un chef des armées unique (sdrapeau, family), la mise en commun de la force nucléaire de la France et du Royaume-Uni ou le développement des missions de maintien de la paix qui donne une image très positive de l’Europe.
- Disposer d’un siège unique à l’ONU pour l’Union Européenne (sdrapeau, nnours).
- Créer un vrai Service civil européen (plusieurs soutiens). Il existe déjà un Service volontaire européen mais il faudrait le développer ou le généraliser. Le système d’échange étudiant Erasmus doit être développé. Un stage de quelques mois dans un autre pays pourrait être obligatoire pour les étudiants.
- Modifier les objectifs de la Banque Centrale Européenne (Billy).
- Remplacer le 8 mai ou le 11 novembre par une journée européenne de la paix.
Simon insiste pour que l’Europe se construise avec les peuples, par le recours au référendum. Il y a une demande d’appropriation citoyenne du débat sur les affaires extérieures, comme l’a montré l’intérêt des Français pour le débat sur le Constitution. D’où la demande de donner une place plus importante aux peuples (sav8592, Niklavs Auzans).
Pourquoi l’Europe est-elle en panne ? « Parce qu’elle brûle les étapes » pour Pinchon, qui suggère, comme d’autres, d’avancer lentement mais sûrement, car il craint un retour en arrière où chaque pays défendrait uniquement ses intérêts.
Une image revient souvent : Angela Merkel et Ségolène Royal main dans la main (anthobrest, jedoute, gils), même si les deux pays ont un passé et une culture différents (social-démocratie et consensus contre lutte des classes et socialisme, selon francoisalex).
sdrapeau rappelle que « la classe politique française fait porter à l’Europe tous les fardeaux dont elle ne veut pas se charger ». De fait, la France doit reconstruire sa réputation européenne comme le dit Eurone. C’est pourtant l’Union Européenne qui apparaît comme la seule structure pertinente pour défendre et surtout valoriser nos intérêts.
Plusieurs intervenants insistent pour développer l’Europe des Régions (comme BRUTUS, OlivierT), l’échelon le plus pertinent et efficace car à la fois suffisamment important et proche du terrain.
Autre image symbolique forte : le parallèle entre Ségolène Royal et Hillary Clinton (caius, Frédéric B), car ces deux femmes sont porteuses de valeurs et de beaucoup d’espoir dans les deux pays. En outre, cela permettrait de renforcer une véritable réconciliation franco-américaine.
3 Il faut utiliser la mondialisation
Y Serrano souligne le rôle des responsables politiques et des citoyens : « la mondialisation sera ce que l’homme en fera ».
La mondialisation a du positif, comme le dit Campanella qui suggère de nationaliser les entreprises en difficultés et devant délocaliser. Tout le monde n’est pas d’accord, comme directeurachats ou lucnets qui rappellent l’exemple de la sidérurgie française et qui demandent plutôt d’agir en amont, de « mettre le paquet sur la formation », tout au long de la vie, pour permettre de rebondir.
Toba se demande si on a « raison de croire que le capitalisme est le seul modèle économique possible ». « L’économie libérale est malsaine car elle capte les richesses et le bien vivre pour une minorité » avance plume69. Jesper54 appelle à dire STOP au diktat du libéralisme sauvage et propose une économie de marché « orientée pour répondre essentiellement aux besoins des populations ». Comment la France peut-elle infléchir le cours libéral de la mondialisation ? Seule, elle ne peut rien, il faut donc l’Europe.
Martinus affirme que la mondialisation peut être une véritable chance pour les valeurs humanistes et démocratiques : « La solution communautariste, ultralibérale et populiste de Bush , reprise par Sarkozy serait une régression tragique ».
Face aux Etats-Unis et à leur hyper puissance, Yannick Serrano propose une « dissuasion civile », comme le boycott des produits américains.
L’OPA de Mittal sur Arcelor, a été un réveil douloureux (Lucnets) qui a fait prendre conscience aux Français que les pays « émergents » disposent aussi d’entreprises de taille mondiale.
Pourtant, doit-on empêcher que des pays convergent vers le standard de vie occidental ? babiche propose de se mettre au travail pour collaborer avec eux au lieu de donner des leçons.
4 Politique étrangère / Immigration /. Coopération Nord - Sud / Droit international
Il faut d’abord bien se connaître soi-même pour être ouvert aux autres (JulienG), la France doit faire une introspection profonde. A ce sujet prévient golsir, la réalité n’est pas celle imaginée, nous menons une politique d’exclusion volontaire (sous le poids des idées de la droite et de l’extrême droite). La situation de la France par rapport aux droits de l’homme devient « insoutenable » insiste fabrice_r, (immigrés sans papiers, prison, centre de rétention, détention préventive prolongée…).
Lucnets rappelle les difficultés d’intégration à cause des discriminations, de la panne de l’ascenseur social. Il dénonce le contournement de la carte scolaire. Il défend les quotas dans les grandes écoles et pourquoi pas dans les entreprises.
La politique d’immigration choisie « salit l’image de la France » pour golsir. La France ne se grandit pas en « classant ses immigrés en bons ou en mauvais » (sall), la gauche doit sortir de son mutisme.
Il faut aussi s’attaquer aux employeurs (Benoit Lentz) car avec l’immigration clandestine c’est une population « corvéable à merci ».
L’immigration est « un facteur de croissance économique plus qu’un frein » pour Billy.
camilleri propose une immigration « juste », un discours de vérité et de courage : une fermeture provisoire pour régulariser les sans papiers, un contrat pour les arrivants (avec droits et devoirs). La politique des quotas compte quelques défenseurs ( Gauthier…)
Lucnets parle de « donnant-donnant » mais rappelle que les Français ont des devoirs pour réussir l’intégration.
La France est incapable d’accepter même les immigrés européens qui veulent travailler (pmarmot, francoisalex). Niklavs Auzans propose de mettre en œuvre une authentique politique d’intégration des communautés immigrées, fondée non sur l’assimilation mais sur l’échange et le partage. Alex_la_leviathan rappelle que c’est la politique de fermeture des frontières qui oblige les immigrés à s’installer dans notre pays. Avant le milieu des années 70, les allers et retours au pays étaient autorisés et fréquents.
La France doit continuer à être « une terre d’accueil pour tous les citoyens du monde » qui partagent nos valeurs (nicomaz). Le fait de savoir si la France est toujours le pays des droits de l’homme est débattu (chowbiz, julienG…). Car la France n’est pas toujours un modèle. Yannick cite notre politique étrangère, souvent de la « real politique », par rapport à nos intérêts économiques (pétrole, vente d’armes, marchés) : «La France finance-t-elle des ONG qui travaillent pour améliorer la démocratie dans le monde ? ».
L’abandon de toute realpolitik est avancée comme une vraie solution, en arrêtant le soutien à des régimes non démocratiques ou corrompus (jeandenis75 rappelle en même temps notre responsabilité dans des guerres en Afrique). Mais Remy rappelle qu’il ne faut pas abandonner les populations qui souffrent (Soudan ou autre). Il ajoute : « renoncer à se mêler des affaires du monde, c’est accepter qu’au minimum d’autres le fassent à notre place ».
La France est souvent perçue comme moralisatrice, pleine de « suffisance » ; Yannick souligne que « l’universel n’est pas le monopole français ». Ce qui était un temps l’apanage de la France (démocratie, droits de l’homme) est désormais partagé par de nombreux pays (Niklavs Auzans). Il faut l’accepter et s’en réjouir.
Zenitude93 réclame un vrai partenariat avec l’Afrique, gwadiana97 et realworld proposent un plan Marshall pour aider nos anciennes colonies.
Billy propose de favoriser l’action de nos seniors expérimentés dans les pays en développement. Sirius propose un programme de développement notamment sur l’énergie (diffuser les énergies renouvelables au Sud).
La suppression de la dette est voulue par beaucoup.
L’aide publique au développement s’appuiera à l’avenir sur les régions avance Sabine, qui rappelle les vertus de la coopération décentralisée qui, par l’ouverture sur l’extérieur et la confrontation des expériences, génère un renforcement des compétences.
Pour realworld, il faut diffuser les médicaments, se centrer sur des projets d’intérêts généraux, afin d’assurer les besoins primaires pour fournir un socle solide de développement (eau, agriculture, transport…).
Les limites de l’aide au développement sont également pointées, notamment envers les pays africains pour la santé et l’éducation. Il y a certes des raisons locales, prévient Paulhac Jean-Pierre mais aussi d’autres qui tiennent à la relation France-Afrique. L’internaute estime que « ces pays restent considérés comme appartenant à la sphère d’influence française, où l’on est passé de la colonisation à la coopération sans vraiment de changement. Il faut dépasser notre histoire pour inventer un autre mode de relations avec l’Afrique ». Il propose une Agence de coopération européenne, pour éviter l’éparpillement de l’action qui souvent nuit à l’efficacité.
Samuel propose de revenir à des coopérations qui aillent vraiment dans le sens de l’aide aux plus démunis. Le système français souffre de plusieurs faiblesses et notamment le manque de continuité dans les programmes de coopération. La France peut être solidaire des pays en développement en construisant la coopération avec eux, et non en l’imposant.
Il faut également les aider dans la lutte contre la corruption rappelle savduvar.
Beaucoup estiment indispensable que l’ONU revienne au centre du jeu. Pour cela, elle a besoin d’être réformée, notamment son conseil de sécurité : pour prapin, il ne devrait plus y avoir de membres permanents avec droit de veto. Il est nécessaire de mieux représenter toutes les régions du monde au conseil de sécurité. D’accord, dit NODRAC, mais il fait remarquer que face à la proposition de donner un siège permanent au Japon ou à l’Allemagne, « la puissance économique n’est pas encore reconnue comme un critère valide en matière d’autorité morale ».
L’arsenal nucléaire de la France donne aussi des idées : realworld demande le transfert de l’arsenal nucléaire de la France à l’ONU, qui disposerait ainsi d’une vraie force de dissuasion.
Bâtir les protections sociales de demain
Aux yeux des internautes, la situation sociale en France est très dégradée. Mais la volonté de réagir est présente, et les idées ne manquent pas.
Les inégalités devant la santé mobilisent les réactions. L’accès aux soins des plus démunis requiert des réformes urgentes, notamment pour celles et ceux qui n’ont pas accès à la couverture maladie universelle. Dans le monde du travail, l’enjeu est double : comment faire que notre système social incite à reprendre un travail ? Comment faire que ceux qui désirent travailler ne se voient plus offrir de contrats au rabais ? La question du logement mobilise les internautes, tant pour le logement social que sur l’accès à la propriété. Les internautes sont également conscients des difficultés de financement de la protection sociale, et notamment des retraites. C’est une répartition équitable des efforts qui est demandée par tous, par exemple par une modulation de l’âge de la retraite en fonction de la pénibilité du travail.
Mais l’essentiel est peut-être de changer de démarche. Ainsi que le rappelle 3,435, « nous devons lutter contre l’instrumentalisation des peurs, de l’insécurité, de la surenchère électoraliste. La société française est en mal d’écoute, de considération et de transformation mais les lois d’exception, les provocations verbales, les scénettes télévisuelles ne résoudront rien. Il nous faut remobiliser les cœurs et les esprits (…). » Au bout du compte, « nos plaies nationales sont nombreuses mais nous ne pouvons renoncer à transformer la société. »
La santé
Certains internautes, comme PESCE , pensent que la couverture maladie universelle (CMU) « crée des inégalités sociales importantes (…). » Dragibus rappelle qu’« avec la CMU j’ai eu droit à une fausse dent en métal et chez l’opticien, à une paire de lunette choisie dans un petit lot “spécial CMU” made in Portugal… Je m’en contente très bien mais je n’ai pas l’impression d’être un privilégié pour autant ! ». Annick rappelle que « la CMU permet de soigner les personnes ayant des revenus très modestes. Serait-ce un scandale ? Serait-ce au détriment de ceux qui paient une mutuelle ? NON - d’une part, c’est un bien pour la société entière, un haut niveau sanitaire permet une santé de tous bien meilleure, moins de maladies liées à la pauvreté, de maladies transmissibles, un MOINDRE COUT car l’absence de soins entraîne à terme des pathologies bien plus graves, de toutes façons prises en charge à 100% ».
Mais la CMU a aux yeux des internautes de sérieux défauts. vieilledame indique qu’ « il faut savoir que, si, comme moi, on dépasse de quelques euros le seuil auquel on y a droit…terminé ! » danièle64 , relève également que si « la CMU devrait être une fierté pour les français (…), les classes moyennes paient le prix fort tous les avantages sociaux dont bénéficient les plus démunis. Un contrôle plus rigoureux des réels problèmes économiques des bénéficiaires serait utile. La solution est peut-être, comme le soutient raf, « plutôt que d’arrêter la CMU (…), d’en corriger les effets de seuil. Prévoir un système par tranches plus juste et qui aide tous les français à avoir une mutuelle jusqu’à 1,2 ou 1,3 SMIC. Ca serait plus juste (une franchise d’impôt serait également une piste à creuser). »
Pour sa part, ludia , est « en tant que femme et citoyenne choquée que toutes les pilules ne soient pas remboursées (…). Il s’agit là de situations injustes et problématiques pour l’ensemble du corps social : - tout d’abord aucune femme n’ayant le même corps, on ne peut défendre une pilule unique. (…). La contraception et la maîtrise de son corps est un droit fondamental. (…) Et l’on connaît l’impact de ces coûts sur les IVG, 200 000 par an, chiffre absolument honteux quand on dispose des moyens de contrôler la fécondité. »
Alors que les questions de financement de la couverture maladie font rage, il ne faut pas oublier que l’action publique a un rôle déterminant à jouer pour la santé de nos concitoyens. Ainsi, LP06 , lui-même ancien alcoolique, rappelle que « L’alcoolisme, c’est 10% des décès et c’est la 1ère cause de décès chez les jeunes (…). La création de conseillers alcools (les « councellors »pour reprendre l’appellation du rapport) me parait facile à mettre en œuvre à quel niveau que ce soit de son engagement (…). Si une vraie politique de santé publique était engagée contre l’alcoolisme, ce serait « un formidable message d’espoir », avec une vraie dimension « POLITIQUE, au sens noble de ce mot. »
L’inégalité des territoires en matière de santé fait également partie des préoccupations des internautes. CITOYEN 22 se demande, « dans le cadre de la médecine libérale, comment faire en sorte que certaines régions ne soient plus des déserts médicaux dans lesquels les médecins sont trop peu nombreux ? (…) Comment faire en sorte que les jeunes médecins s’installent dans des secteurs considérés moins attractifs que d’autres ? La création de postes de médecins fonctionnaires devra-t-elle être envisagée ? » L’action du Gouvernement Villepin relativement à la crise du chikungunya est également mise en doute. pepito64 voit une France « incapable de venir en aide rapidement et efficacement sur son propre territoire dans un département français (…). Il est quand même paradoxal que nous avons pu trouver un vaccin et acheter 30 millions de doses pour vacciner nos poulets ; mais nous n’avons pas pu trouver un vaccin pour cette maladie qui est connue depuis longtemps. »
Etudiante en médecine, fanny trouve le système « absurde : la sécu rembourse le patient mais le médecin reverse une somme à l’état… pourquoi ne pas faire un système où le médecin est salarié de la fonction publique ?? moi je trouverai ça plus sain : tout le monde prendrait son temps, fini la course à l’argent. » Elle reconnaît toutefois, comme d’autres internautes, qu’une telle solution peut avoir des effets pervers.
L’éducation
Pour caiius, « l’éducation nationale ressemble à une tour d’ivoire de laquelle on sort vers un monde brutal. De mon point de vue, il est évident que les salariés devraient avoir droit à une formation gratuite et reconnue tout au long de leur vie, la question est le coût, dans beaucoup de sociétés c’est en soirée sur le temps personnel (et la motivation) des uns et des autres que cela se passe. » solange veut « école de la 2ème chance » pour celles et ceux qui n’ont pas eu de bonne formation initiale. Cela signifie « pas des cours par correspondance ou des cours du soirs au CNAM, après le boulot où on se retrouve seul devant son devoir sans savoir comment s’y prendre puisqu’on n’a jamais appris. Les bancs de l’école avec des professeurs, des devoirs et des contrôles pour se mettre réellement au niveau de ceux avec qui on se retrouve en concurrence sur le marché du travail. Bref rouvrir le collège et le lycée aux parents des enfants qui y “galèrent” (…). Cette école devrait fonctionner en journée pour les personnes sans emplois, le soir et le WE pour les autres, voire si possible à temps choisis par petits groupes. Les bancs de l’école devraient aussi pouvoir être ouverts pour les adultes d’origine étrangère dont les enfants sont scolarisés (…). A mon sens d’abord pour leur apprendre leur langue, savoir l’écrire et connaître l’histoire de leur pays d’origine puis la réinscrire dans l’histoire du monde et de leur pays d’accueil pour ensuite venir aux apports de leur langue et de leur culture dans la langue et la culture française puis alors seulement aborder le français à l’écrit comme à l’oral (…). S’intéresser aux parents, même âgés, pourraient résoudre le grand soucis d’intégration et de travail de leurs enfants ».
Le travail
Syndicaliste, conseiller en insertion et adhérent au Mouvement national des chômeurs et précaires, rivera est « étonné que nos associations ne soient pas représentées au sein d’instances comme l’ANPE ou les ASSEDIC, comme si le rôle des syndicats se limitaient uniquement aux personnes en activité. »
La concurrence des pays asiatiques fait réagir les internautes comme Remy , qui fait une proposition : « Pourquoi ne pas soumettre la possibilité d’accéder au marché Européen par exemple à la condition que l’acteur économique respecte (…) un niveau jugé comme acceptable par nous-même, ou un organe international. En éliminant les horreurs de la mondialisation, on pourrait aussi respecter le droit des pays à se développer et à conserver leurs valeurs nationales. » JPNBA souligne toutefois qu’ « empêcher ces pays d’accéder au marché européen, c’est encore les isoler un peu plus… donc ne pas leur permettre le moindre développement. »
Certains internautes, comme directeurachats , vont jusqu’à penser que « plus on taxe les entreprises et les riches… plus on appauvrit les français et surtout les plus fragiles. » Cadet a une visions plus nuancée et pense que « le fossé est maintenant entre ceux qui peuvent organiser leur vie personnelle sur le long terme, avoir des projets, …, tout simplement parce qu’ils ont l’assurance d’avoir des revenus constants toute leur vie et une retraite assurée, et ceux qui de CDD en CDI (…) et périodes de chômage, ne peuvent plus construire leur vie. » Ce fossé existe également aux yeux de zouzoute , qui se voit comme « une travailleuse pauvre » et ne peut se « payer une mutuelle ». Elle rappelle une difficulté à laquelle elle fait face : « je suis non imposable et je n’ai pas le droit à l’APL parce qu’il prenne en compte le brut alors que mon loyer fait la moitié de mon salaire, ne peut on revoir cette injustice ? (…) Bâtir la protection sociale de demain c’est penser à tous ceux qui travaillent et en crèvent ! »
En réponse, Yves78 avance que « le problème exposé par “Zouzoute” n’est donc pas un problème d’égalité, mais bien un problème de répartition des aides sociales. (…) Je n’ai pas de solution toute faite, mais (…) je pense que (…) le RMI et la CMU doivent rester un “filet de sécurité” pour éviter l’extrême pauvreté, mais ne doivent ni devenir un “mode de vie” (et encore moins une “facilité”), ni devoir être finalement “enviés” par ceux qui n’en bénéficient pas. Il me semblait que le Crédit d’Impôts, pour les personnes qui, reprenant un travail salarié, perdaient une partie des aides sociales, devait être une solution. Force est de constater (et la Cour des Comptes vient de le faire) que ça ne suffit pas … »
En tout état de cause, la politique actuelle ne semble pas apporter les fruits attendus. Marc79 note que « l’Observatoire de la pauvreté (…) constate que le nombre de pauvres est reparti à la hausse en 2003: 3,7 millions de personnes contre 3,43 en 2002, soit 6,3% des ménages concernés contre 5,9% en 2002! la part des demandeurs d’emploi non indemnisés passe de 36,5% à la fin 2002 à 42% en 2005 tout en constatant le phénomène des working poor, ces travailleurs pauvres de + en + nombreux! S’il est vrai que nous ne pouvons plus envisager le monde du travail comme linéaire, sans rupture, pourquoi ne pas envisager comme dans d’autres pays d’Europe de concilier flexibilité et sécurité ? » Il ne voit pas la solution dans les emplois aidés, mais plutôt dans « une formation, une aide au transport, un accompagnement personnalisé qui permettront aux plus défavorisés de retrouver un emploi tout en gardant la dignité à laquelle chacun a droit. »
Dans ce débat, de nombreux internautes, comme mercredi , rappellent avec force que « c’est l’honneur de la gauche d’avoir mis en place le RMI et la CMU. Je suis moins sûre que vous que ces personnes n’aient pas le désir profond de retrouver un emploi et une place au coeur de la société et non à la marge. » mercredi conteste également la proposition qui est faite de donner des “bons” pour l’alimentation ou les vêtements : « mais dans quelle période de notre histoire voulez - vous voir vivre les plus faibles d’entre nous ? Ne vaut-il pas mieux, par un système intelligent et respectueux d’assistance sociale accompagner ces familles ou ces personnes et les aider à établir un budget afin de les rendre à nouveau autonomes ? » Il est vrai que le système n’est pas dépourvu d’effets pervers, rappelés avec éloquence par Dave : « Une jeune dame de 32 ans, 2 enfants, 10 et 5 ans, fait le ménage chez moi, travail parfait. Je désire la déclarer. Etant très handicapé (85%), cela ne me coûterais pas plus cher qu’aujourd’hui et serais plus citoyen. HELAS, elle refuse, je la comprends un peu : Rmiste avec ses deux enfants, elle a droit au maximum d’aides sociales, CMU, CAF, aide au logement…etc (…). Si tous les “aidés” pouvait travailler et que les aides soient diminuées au prorata de ce qu’elles déclarent gagner, beaucoup seraient d’accord. Aujourd’hui, les aides sociales c’est tout ou rien, il faut changer cela. » bertro estime qu’il faut faire en sorte que, « dans tous les cas, IL SOIT PLUS AVANTAGEUX DE TRAVAILLER QUE DE NE RIEN FAIRE ».
La sécurité sociale, pour anne.helie, « c’est super maman, vient un temps où si super maman est saine, elle pousse ses enfants à l’indépendance et à la responsabilité tout en restant attentive à cette émancipation. » Il faut toutefois que les efforts demandés aux personnes en difficulté soient accompagnés de droits nouveaux. A cet égard, kw propose de donner aux demandeurs d’emploi les droits (avoir un revenu, un encadrement, et un contrat d’objectif) et les mêmes devoirs qu’un salarié. On passerait d’une logique “passive” dans laquelle on donne une allocation et on surveille les “tricheurs” à une logique “active” ou chacun est encadré, et peut définir un parcours d’évolution vers l’emploi. »
Aux yeux des internautes, la politique du Gouvernement de Dominique de Villepin ne va clairement pas dans le sens du « donnant-donnant ». Cyrille relève les incohérences du « Contrat Première Embauche » : « Comment vont faire les jeunes qui seront embauchés sous ce contrat ? Ils pourront être licenciés du jour au lendemain sur le bon vouloir et la bonne humeur de leur patron ? (…) Sans raison, donc sans preuve que le licenciement ait été abusif ? Comment vont faire les jeunes pour louer un logement alors qu’ils sont en contrat CPE Contrat Précarité Exclusion ? »
Le logement
Le logement social
jespar pense « qu’il est indispensable que toute construction d’immeuble en France (quelque soit son standing) intègre un quart de logements dédié au logement social (…). » Pour sa part nnours est sceptique sur la possibilité « d’obliger les promoteurs à intégrer des logements sociaux dans leurs programmes ». Il est « persuadé que les promoteurs préfèreront payer une amende, ou que les logements en question feront l’objet d’une finition inférieure… (…) Il faudrait au contraire (…) que l’Etat ait une politique de fermeté, par exemple en instaurant des loyers proportionnels au salaire dans les logements sociaux, (…) ce qui pousserait certains bénéficiaires à chercher un autre logement, et laisserait la place à d’autres, qui en ont besoin. »
Mais pour fabrice_r , au contraire, dès lors que « les acteurs du marché immobilier ne construisent que des logements “à haut rendement” et organisent la pénurie de logements résidentiels, c’est l’Etat qui doit prendre en charge cette construction, car il a le devoir de protéger la population contre le non-logement ou le “mal-logement” (et) mixer dans un même immeuble des appartements privés et des appartements appartenant à des bailleurs sociaux. Le logement est l’exemple le plus criant du manque actuel de projets de l’Etat ».
Mais que faire pour les personnes qui n’ont plus aucun logement, les SDF ? OlivierT souhaite la reprise de l’objectif de “zéro SDF” et (…) une véritable guerre à la pauvreté, et se doter pour cela d’une sorte d’armée anti-misère. J’ose même affirmer que les SDF doivent être protégés MALGRE EUX. » Les modalités pratiques pourraient être les suivantes : il faudrait, pour raf - clarifier les compétences Etat/ Conseil Général sur ce point; à l’Etat la charge des SDF isolés, au Conseil Général la prise en charge des familles, avec enfants (au titre de la protection de l’enfance); (…) développer les centres inconditionnels ayant une durée d’hébergement élevée (sur plusieurs mois). »
Danielle envisage un dispositif de « garantie des risques locatifs. Celui-ci permettrait aux bailleurs de ne plus subir l’impayé de loyer et aux locataires de ne plus craindre l’engrenage qui conduit à l’expulsion pour ne pas avoir pu honorer leurs loyers. Ce dispositif, mutualisant le risque, pourrait se mettre en place dans les prochains mois(…). On oublie souvent que la solidarité, et la mutualisation des risques permet à tous d’avancer ensemble. » ASSENS Jean va jusqu’à envisager une « Couverture Logement Universelle » par l’extension du Loca Pass et du Pass Travaux mis en place par les partenaires sociaux au bénéfice des salariés du privé.
Le prêt immobilier / devenir propriétaire
la question de l’accès à la propriété est cruciale pour les bas revenus. Pour Charles , les petits revenus sont obligés de dépenser leur argent pour payer un loyer au lieu d’épargner dans la pierre. Comment peuvent-ils augmenter leur niveau de vie dans ces conditions ? » munich tient à souligner que certains banquiers sont conscients de leurs responsabilités. Lui-même « travaille dans ce secteur d’activité et (…) utilise ce poste pour faire du social et aider les gens à s’en sortir, c’est une manière également de montrer ses valeurs de socialiste ». Dragibus rappelle également que « si l’achat est difficile, la location l’est tout autant pour les bas salaire !…Dans certaines villes on trouve difficilement un studio à moins de 400 € / mois ! »
Le surendettement
Il est un problème de société dont on parle trop peu, c’est le surendettement. Ainsi que le note NODRAC , avec 2,2 millions de personnes fichées en Banque de France et 1 million de familles surendettées (officiellement), « le surendettement est devenu clairement un phénomène de société. Or, au niveau individuel, le surendettement est vécu comme un drame personnel (…). Dans les médias, on laisse croire à nos concitoyens que les personnes surendettées sont soit des incapables, soit des jouisseurs sans limites (…). En réalité, le surendettement résulte le plus souvent d’un « accident de la vie ». Ainsi, la perte d’un emploi demeure toujours le facteur dominant (31%) à l’origine des situations de surendettement à côté du divorce ou de la séparation et du décès du conjoint (17%). »
Devant l’ampleur du drame humain, il y aurait des mesures à prendre, et en particulier, « mieux informer les emprunteurs et responsabiliser les préteurs. Cela passe par la réforme du FICP ( Le Fichier de la BdF). (…) Il faudrait imposer aux banques (qui n’en veulent pas) la création d’un répertoire préventif des crédits, où chaque emprunteur serait inscrit en toute connaissance de cause, un répertoire pour tous, non infamant et préventif. »
La retraite
Bernard a 56 ans et est au chômage. Le discours sur les bienfaits de l’allongement de la duré de la vie, qui justifieraient le recul de l’âge du départ à la retraite, lui semble réservé à des privilégiés, mais pas à « ceux qui auront tout donné pour leur entreprise, que l’on aura jetés comme des kleenex et pour qui la vie professionnelle n’aura été qu’un parcours du combattant, comportant la peur du lendemain et de la précarité !!! ». Devant les terribles difficultés de certains, christophe58« pense que dans le cadre d’une réforme de retraite, il serait bon d’intégrer la notion de pénibilité du travail dans la durée de cotisation (…). Pour déterminer les emplois pénibles, on peut se servir des donnés sur l’espérance de vie dans chaque branche ainsi que les taux de maladies et d’accidents professionnels. » PATRICKS , ressortissant du régime de protection sociale agricole s’inquiète de ce que, « pour la dépendance (maisons de retraite, maintien à domicile des personnes âgées), nous soyons très en retard sur nos voisins italiens et allemands ». Il propose de « créer en France une branche de la protection sociale dédiée à la dépendance. » Une réflexion sur ce point est urgente aux yeux de raf , pour qui « la situation dans laquelle nous laissons les personnes âgées dans ce pays a quelque chose de révoltant. Manque de place en maisons de retraite, particulièrement pour les plus dépendants, établissements flirtant trop souvent avec la maltraitance institutionnelle ou personnelle, perte des solidarités familiales (…) La gauche n’a pas été inactive avec la reconnaissance de la dépendance et l’organisation de son financement spécifique via l’APA. Mais il est clair qu’il faut aller plus loin et que tout cela nécessitera : - des financements spécifiques ; - une politique courageuse de fermeture/ redressement des établissements indignes; - la poursuite du développement de la prise en charge des personnes âgées à domicile (vivier d’emplois au demeurant). (…) Le drame, c’est qu’on pourrait dire la même chose de la prise en charge de tous les plus faibles dans notre société : handicapés (…), sans domicile fixe… Il y a du travail pour une gauche pragmatique et généreuse là dedans… » celimene nous rappelle également le drame qu’est pour les familles la maladie d’Alzheimer, ainsi que les insuffisances actuelles de la prise en charge des malades. Hervé THIBAUD souligne les insuffisances du dispositif de « retraite anticipée des travailleurs lourdement handicapés (…), car la plupart n’y auront jamais accès du fait des conditions exclusives. »
La retraite ne doit pas non plus être une mort sociale. Lui-même retraité, pop 47 rappelle que si « rien n’est plus beau que la liberté que donne la retraite (…), il y a une condition : avoir les moyens de se faire plaisir et surtout ne pas se sentir inutile (…). Ne pourrait-on pas proposer à ces personnes de devenir utiles à la société sous forme en quelque sorte de réserviste ? Je pense aux postes de juges de proximité, médiateurs sociaux (…), plein de fonctions qui pourraient les rendre utiles et peut-être leur apporter un petit revenu complémentaire tout en ne leur supprimant pas le bonheur d’être retraité. »
Pour financer les retraites, Daniel95 propose une réforme originale fondée sur « la nécessité de tenir compte du nombre d’enfants pour calculer la retraite de la mère ET du père ». Ainsi, dès lors que ce sont nos enfants qu paieront nos retraites, il s’agirait de « faire dépendre directement le niveau de la future pension de retraite - par aménagement annuel progressif d’un barème très précis, au cours de la prochaine décennie - avec celui du nombre d’enfants (futurs cotisants) que l’on s’est donné financièrement la peine d’élever. »
Pour sa part, Cadet s’interroge sur la justification des disparités existantes entre le secteur public et le secteur privé en la matière. Le financement des retraites appelle peut-être de solutions originales, à l’instar de Cuisinier , ancien industriel qui propose le système suivant : « 1° Au lieu de dépenser beaucoup d’argent pour sauver des entreprises qui souvent s’écrouleront après (…), il vaudrait mieux accorder des crédits a un fond de pension destiné à épauler la retraite par répartition. 2° Ce fond serait géré par des spécialistes (…). 3° Il placerait son argent pour moitié dans des entreprises françaises - pour éviter les OPA hostiles- et pour le reste en participant au capital d’entreprises innovantes ou au lancement de grands projets. » Pour Lucazeau isabelle, « il faut savoir qu’un bon nombre de retraités éprouvent des difficultés à répartir le montant de leur retraite complémentaire, reçu en début de trimestre et qui doit évidemment durer jusqu’au début du trimestre suivant. La CRAM, elle règle mensuellement (…). Ne pourrait-on pas obtenir de ces caisses complémentaires des règlements mensuels pour faciliter la gestion de ces retraités dont les ressources sont déjà pour beaucoup très basses. »
Le financement de la protection sociale
Le financement de la protection sociale est un mystère pour beaucoup de gens. Pour nnours, « un des problèmes importants que l’on rencontre actuellement, est qu”une partie du coût de la protection sociale est caché pour les salariés. Celui ci voit bien qu’il existe une part patronale de charges sociales et une part sociale, mais il n’en comprend pas réellement la portée (…). En réalité, si la part patronale augmente, cette variation se retrouvera tôt ou tard dans les salaires qui n’augmenteront pas, ou dans la suppression d’avantages pour les salariés, comme une diminution de l’intéressement ou de la participation. Le coût de la protection sociale doit donc être affiché de manière plus transparente, afin que chacun en prenne conscience. Les choix qui en découleront seront ensuite mieux acceptés par tous. »
Le financement de la protection sociale, aux yeux de JPNBA , ne passe pas par de nouveaux impôts : « En effet, en augmentant le coût du travail il peut favoriser la substitution du travail par le capital et plus particulièrement pour les salariés non qualifiés dont la productivité est plus faible (…) Il paraît donc pertinent de chercher à mieux utiliser les ressources dont disposent l’État (…). Un audit sur les services apportés par l’État et sur leurs utilités sociales et économiques semble indispensable. » A ceux qui voient les fonctionnaires comme des privilégiés, Floral répond « que, même parmi les fonctionnaires, il y a des employés non qualifié et mal payés (…). Que diriez vous si l’Etat traitait ses employés comme le font certains entrepreneurs privés ? (…) Précariser dans le public pour améliorer la situation : quelle belle solution ! (…) Les fonctionnaires ne sont qu’un bouc émissaire très en vogue actuellement (…). Qu’ils pèchent parfois par excès de corporatisme certes, mais (…) qui pleurera quand la SNCF ne sera plus? Pas seulement ses employés. » A cet égard, beaucoup d’internautes, comme NODRAC tiennent à rappeler « que tout le monde peut devenir fonctionnaire, car la voie normale d’accès à la fonction publique est le concours républicain (…). Devenir fonctionnaire est une CHANCE possible pour les enfants d’ouvriers et une aide pour les milieux modestes. Supprimer cette voie de promotion sociale, c’est encore sanctionner les plus démunis. » Ravachol s’interroge : « faut-il parler des “privilèges” des fonctionnaires ou de l’épouvantable régression des conditions d’emploi dans le privé ? »
Toutefois, directeurachats soutient que « le fond du problème (…) est que l’administration française est inadaptée aux besoins de ses clients : public et entreprises (horaires, difficultés de compréhension, brouillard législatif et administratif, accueil peu commercial…) et surtout pléthorique et coûteuse. » Cadet ajoute que « 80% des bénéfices des entreprises françaises du CAC 40 se fait hors des frontières. Si vous voulez relever le pont-levis de la forteresse “France”, il faudra payer les quelques millions de fonctionnaires avec les 20% restants. »
Mais, au-delà des discours considérés par certains internautes comme très « idéologiques », un certain pragmatisme est mis en avant. petitmaje souligne que le parti social-démocrate suédois a abandonné toute référence au marxisme et a « lancé une série de réformes courageuses en transformant les services publics à des services “au public” assurés par des entreprises privées avec contrainte de service public, en tordant le coup au déficit. Résultat en 2005 : 5% de chômeurs (objectif pour 2006 : 4%), un budget en équilibre. Des services au public, des services sociaux de haute qualité. » philipounet propose « d’asseoir les cotisations sociales sur la consommation et en adosser le recouvrement à celui de la TVA, (avec) les contreparties suivantes: - Réduction voire suppression des charges patronales et salariales ce qui permettrait de redonner du pouvoir d’achat aux ménages et d’améliorer la compétitivité des entreprises en permettant une baisse significative des coûts. - Ceci permettrait de taxer également la production délocalisée par rapport à la production nationale. - Ceci justifierait la suppression de tous les contrats aidés qui n’ont jamais fais leur preuves ainsi que des nouveau CNE et CPE. - les créations d’emplois induites réduiraient le nombre de bénéficiaires des minima sociaux. »