Archive for November, 2006

Retraites indexées

Thursday, November 30th, 2006

Madame ROYAL, vous demandez aux citoyens Français de vous faire part de leurs inquiétudes afin d’étudier quelles solutions il conviendrait d’apporter ! Et bien soit ! Je profite de cette aubaine pour vous rappeler l’existence d’une étude en cours consistant à vérifier le bien fondé de l’indexation des retraites versées aux agents de l’Etat, résidents outre-mer. Un groupe de députés et de sénateurs essaient de tirer des conclusions relatives à ce qu’ils considèrent comme une ineptie. Ces messieurs ne prennent même pas la peine de venir sur place, constater de visu la réalité de l’économie locale. En effet, ils se contentent de s’appuyer sur un rapport établi par la cour des comptes de l’inénarable Monsieur Seguin ; rapport qui en substance, indique l’incongruité de cet avantage ! Partialité ? Avec des loyers moyens dépassant les 1000 € mensuels pour des appartements de type F 3 de milieu de gamme, comment peut-on espérer se loger décemment si le revenu n’est pas indexé ? Faut-il étoffer la communauté des squatters et vivre comme un paria après avoir été un serviteur de l’Etat ? Les propriétaires ne comptent pas baisser les tarifs puisque depuis peu, les sociétés privées qui débarquent en Calédonie pour l’exploitation minière ne regardent pas à la dépense en matière de logement. Quelle peut être  la conduite à tenir pour les fonctionnaires retraités qui, en cas de suppression de cet index, seraient relégués aux dépotoirs ? Marié à une Calédonienne, agent de l’Etat, je suis amené à prendre ma retraite sur ce territoire et si une loi devait supprimer cette compensation financière, elle ouvrirait la porte à une précarité exponentielle et à un exode massif de la part des personnels sans attaches locales. Autrement dit, un manque à gagner considérable pour le territoire. Le secteur public contribue largement au bon fonctionnement de la Calédonie par les loyers, la consommation, de la même façon que les subventions allouées par le gouvernement de la République. C’est un système qui permet par ailleurs de limiter le concours financier de l’Etat, dans la mesure où ses agents, actifs ou pas, injectent cette manne incontournable. Des associations se sont montées, sur les différents DOM TOM, afin de faire comprendre à certains irresponsables qu’il n’est pas souhaitable qu’une telle mesure voie le jour. Ces messieurs dames du parlement feraient mieux de s’interroger sur le bien fondé de leurs avantages innombrables et parfois incompréhensibles (comme certaines détaxes !). Bien entendu, il est plus facile de taper sur le voisin que sur sa propre tête ! Cependant, l’électeur qui se cache derrière le fonctionnaire possède une mémoire longue et vindicative ; ceux qui paradent sous les dorures de leurs palais en l’ayant oublié pourraient un  jour s’en mordre les doigts. Inutile de rappeler les lois de la multiplication des mécontents à des politiciens qui ont subi un certain 21 avril. Je ne suis ni député, ni sénateur mais comme je vous l’ai indiqué, je vis à Nouméa depuis plusieurs années, je connais ce milieu et ses rouages et suis persuadé que l’obsession d’économies de certains pataphysiciens peut entrainer de lourdes conséquences sur un terrain fragile. Il ne suffit pas d’avancer des pseudo-solutions dans l’espoir de plaire à son patron, encore faut-il qu’elles soient dignes d’intérêts. Vous avez dit, Madame ROYAL, que les territoires d’outre-mer conservaient une grande importance à vos yeux… C’est le moment de le prouver, noir sur blanc. Assurez vos citoyens, isolés au bout du monde, que leur action pour le rayonnement de la FRANCE sera justement récompensé. Assurez-nous que nos retraites ne souffriront pas d’une amputation injuste et injustifiée. Le coût de la vie est ici bien plus élevé qu’en métropole. C’est le prix de l’insularité, le prix de 22.000 km d’éloignement. Alors, plutôt que de frapper aveuglément ceux qui apportent leur compétence à la FRANCE ultra-marine, ne permettez pas à des profiteurs de venir s’installer ici, à l’heure de la retraite. Si vous devez limiter les allocations, exigez de ceux qui n’ont jamais travaillé en Calédonie un minimum de probité, de façon à ce qu’ils renoncent à cet avantage qu’ils ne méritent pas. Je comprends que les DOM TOM ne puissent pas devenir un eldorado  pour tous les mercenaires de la retraite. Mais de grâce, permettez à ceux qui ont donné de leur temps, à ceux qui ont bâti et continuent de bâtir un pan de l’avenir outre-mer d’y vivre décemment. L’indexation n’est pas une tare qui fausse l’économie, bien au contraire, elle en est le poumon et le coeur qui, à chaque respiration, à chaque battement, insuffle la vie, tout simplement.

Un devoir de victoire

Sunday, November 26th, 2006

Devant plus de 1.500 personnes et 400 journalistes réunis à La Mutualité pour son investiture officielle, Ségoléne Royal a promis de “remettre le progrès social au coeur de toutes les décisions politiques”.

Vous m’avez donné de la force, cette force gardons-la intacte, faisons-la grandir pour avoir la victoire en 2007.

Merci de me transmettre ce flambeau devant tous les socialistes rassemblés.

Nous écrivons aujourd’hui ensemble une belle page de l’histoire de France. Un nouvel espoir s’est levé à gauche, comme une vague en formation, qui ne demande qu’ à grandir.

J’ai besoin de tout le monde, j’ai besoin de tous les talents, j’ai besoin de tous les socialistes.

C’est la droite qui par ses choix fabrique de l’insécurité sociale, du désordre et de la violence. Elle les fabrique parce qu’elle croit qu’en prétendant les résoudre, elle va gagner la prochaine échéance

La campagne sera victorieuse si nous le méritons.

Pendant cette phase d’écoute, nous allons débattre de quatre thèmes: l’éducation, la lutte contre toutes les formes de violence, le problème de la vie chère” et l’excellence environnementale et le co-développement.

Accomplissons ensemble notre devoir pour les millions de Français qui attendent qu’on mette fin à ces politiques de rupture, de fracture, d’insécurité et de précarité.”

Aidez-moi à tracer ce chemin, aidez-moi à construire ce renouveau.

La campagne sera victorieuse si nous le méritons et si nous y travaillons.

Dans cette campagne, il y aura des embûches, des chausse-trapes, car la droite ne recule devant rien. Il y aura des chutes mais nous nous relèverons, il y aura des entorses mais nous les soignerons, il y aura des pièges mais nous les contournerons. J’ai de la résistance, de la force, de l’obstination et du courage.

Il s’agit d’un beau combat des idées et ce combat-là nous allons le gagner.

Pour que la France saisisse toutes ses chances, et réalise le progrès pour tous, le respect pour chacun - Déclaration solennelle de Ségolène Royal à Melle

Friday, November 17th, 2006

Je remercie les militants du parti socialiste qui sont venus voter en masse et qui ont donné à toutes celles et tous ceux qui veulent que ça change la force d’y croire.

Je ne tire de ce résultat aucune gloire personnelle mais je mesure l’immense responsabilité de ne pas décevoir toutes celles et ceux qui espèrent.

L’élection présidentielle va à l’essentiel : la possibilité pour chacun de choisir son destin et de le maîtriser dans les turbulences du monde d’aujourd’hui.

Oui, la France peut reprendre la main. Oui elle peut croire suffisamment en elle, renouer avec le meilleur de son histoire, se projeter à nouveau dans l’avenir pour construire un destin commun.

Car les questions que se posent les Français, nous les connaissons : la pauvreté et la précarité sont-elles une fatalité ? Non – ces risques inédits, ces inégalités qui se creusent, ces fragilités qui déstabilisent même ceux qui se croyaient à l’abri, est ce là le visage inéluctable de la modernité ? Assurément pas.

Ces jeunes qui désespèrent de pouvoir vivre un jour de leur travail, ces salariés qu’on pousse vers la sortie bien avant l’âge de la retraite, ces familles qui n’arrivent plus à joindre les deux bouts, à se loger correctement, à élever leurs enfants, et qui s’endettent pour faire face aux dépenses courantes, est-ce cela la condition promise aux millions d’ouvriers, d’employés, de salariés mais aussi d’artisans, de commerçants, de petits agriculteurs et de retraités qui forment l’immense majorité du peuple français ? Je ne le crois pas et je ne le veux plus.

Etre socialiste c’est garder au cœur une révolte intacte. Le socialisme, c’est mettre le progrès social au cœur de toutes les décisions politiques - le progrès social pour tous et le respect pour chacun. C’est l’Education au cœur de tout, encore l’Education, toujours l’Education. Le monde a changé, la France a bougé, alors la politique doit changer. Je veux non seulement incarner ce changement profond mais le construire avec tous. La politique doit partir de la réalité de la vie des gens, être attentive aux leçons que le peuple donne, comprendre que le citoyen est le mieux placé pour faire le diagnostic de sa vie et pour dire au nom de quelles valeurs la gauche doit agir.

La France doit donner à chacun les moyens de prendre effectivement son existence en mains. Voilà pourquoi les libertés individuelles appellent des solidarités et des garanties collectives à construire. N’ayons pas peur des idées neuves, puisons-les dans la vie quotidienne du peuple français, dans ses souffrances, dans ses difficultés mais aussi dans ses talents et dans ses formidables réussites.

La France doit saisir toutes ses chances et se redresser. Je veux lui donner cette fierté sans prétention inutile, qui l’aidera à rassembler ses forces et à écrire, avec tous les siens, une nouvelle page de son histoire. Je la vois créative, innovante, mais bridée de trop de lourdeurs et de méfiances, fragilisée par un Etat qui se désengage et qui devra demain assumer toutes ses responsabilités dans le cadre d’une autorité juste.

Je la sens, cette France, en avance sur ceux qui la gouvernent et qui se plaignent de son immobilisme. Les Français sont prêts aux réformes mais ils ne veulent pas consentir aux décisions qu’on leur impose sans les y associer ; ils ne sont pas partants pour des efforts qui, toujours, pèsent sur les mêmes. Etre socialiste et conduire une politique à gauche, c’est apporter la garantie permanente du recul des inégalités, des précarités et des insécurités. Parce que c’est comme cela que le pays sera plus fort dans la compétition internationale.

On nous répète que le pouvoir échappe à la nation, que la volonté politique peut de moins en moins, que ce n’est plus l’Etat-Providence mais l’Etat-minimal, faiblement protecteur qui serait dans le sens de l’histoire. Je crois moi tout le contraire. Je crois que la politique peut beaucoup et prouver jour après jour son efficacité. On nous dit que la mondialisation a disqualifié la nation et l’aspiration croissante à l’autonomie individuelle se ferait forcément au détriment du collectif. Je crois moi tout le contraire ; ce sont les solidarités collectives qui nous rendront plus forts. Ma conviction est à l’inverse de cette idéologie insidieuse : c’est au contraire, en restant fidèles à nous-mêmes que nous pourrons résister le plus efficacement aux vents mauvais d’un libéralisme sans foi ni loi et en même temps saisir l’ensemble des opportunités d’une mondialisation qui porte dans ses flancs le pire et le meilleur, selon ce que nous saurons en faire. Et je veux pour la France faire en sorte que ce soit le meilleur.

Imaginer la France, c’est la tâche nouvelle que je propose aux Français. Car ne lui renvoyer que l’image de son déclin et la sommer sans cesse de renoncer à son exception, de se banaliser et de s’aligner sur les pays où, paraît-il, le marché sans entrave pourvoirait au bonheur de tous, faire cela, c’est rendre à la France un bien mauvais service et attiser l’exaspération des Français. A cette façon de faire, il faut mettre fin. Car je crois qu’il y a beaucoup à corriger dans le fonctionnement de nos systèmes de solidarité mais pas pour les amoindrir : pour les rendre plus efficaces. Je crois que nous devons incarner l’ambition d’une France économiquement dynamique et socialement plus solidaire.

Oui, imaginer la France, c’est à cela que je vous invite car elle s’est beaucoup transformée, diversifiée et colorée sans encore admettre totalement ce qu’elle est devenue. Et pour en tirer parti et fierté, la France doit achever de reconnaître comme ses enfants légitimes, tous ces jeunes dont les familles sont venues d’ailleurs et qui sont aujourd’hui des Français à part entière quoique toujours exposés aux discriminations. C’est cela notre tâche: aider la France non seulement à s’accepter telle qu’elle est mais à voir dans sa diversité une formidable énergie. Une nouvelle donne avec tous les jeunes, dans la diversité de leurs talents, est à bâtir. L’honneur de la République et la fidélité de la France à ses idéaux, c’est la lucidité d’une histoire partagée dans une France respectueuse de toutes les mémoires et accueillante à tous les siens, nés ici ou ailleurs. Ce n’est jamais quand elle oublie ses valeurs mais quand elle les prend au mot et reste fidèle à elle-même que la France peut aussi, au delà de ses frontières, parler de l’Europe et à l’Europe, parler du Monde et au Monde.

Car la nation pour la gauche est indissociable d’une perspective plus large. Car nous sommes de ce pays, la France, qui vota la liberté du monde et où l’on fit une constitution en pensant à l’univers entier. C’est en donnant aux peuples l’exemple et le signal de la justice et de l’humanité que la France se ressemble et se rassemble.

Regardez l’histoire de France : c’est toujours quand le peuple s’y met que la France avance et bâtit un nouvel avenir. Et aujourd’hui, je sens que le peuple s’y est mis et que ce mouvement va continuer. Je crois que la France peut puiser dans la meilleure part de son passé des valeurs pour ses combats d’aujourd’hui, à commencer par celles-ci : de fortes raisons de croire en elle. Pour tirer le pays vers le haut, il faut bien sûr comprendre les changements du monde alentour, mais il faut d’abord aimer la France, cette idée toujours neuve, et vouloir que les Français s’aiment en elle.

Nous allons gravir la montagne jusqu’à la victoire.

Aujourd’hui c’est un beau jour pour partir au combat car nous sommes portés par un mouvement populaire généreux et heureux qui sent que nous sommes soutenus par une cause qui est plus grande que nous. Je lance aujourd’hui un appel à tous les Français, hommes et femmes de notre pays. Rassemblez-vous, mobilisez-vous, demandez-vous ce que vous pouvez faire pour notre pays, imaginons ensemble une France qui aura le courage d’affronter les mutations sans renoncer à son idéal de liberté, d’égalité et de fraternité. Pour un ordre juste, contre tous les désordres injustes qui frappent les plus faibles, pour des énergies positives qui se rassemblent et des libertés nouvelles à inventer.

Mettons nous en mouvement pendant six mois au cours desquels il nous faudra investir toute notre énergie et tout le fruit de nos échanges avec les Français, et je vais continuer comme je l’ai fait depuis plusieurs mois.

Avec toute la force de nos convictions socialistes pour unir toute la gauche dans sa diversité puis rassembler une majorité de Français dans un même désir d’avenir.

” Ce que la vie m’a appris ” - Esprit Femme

Tuesday, November 14th, 2006

La vie m’a appris très tôt que ma seule chance de liberté, c’était de réussir à l’école et d’avoir un métier. Dans ma famille, le destin des filles était de se marier et de se consacrer à leur foyer. Pour y échapper, je n’avais pas d’autre possibilité que de mériter, par mes notes, le droit d’aller un peu plus loin à chaque étape. J’ai toujours été convaincue des vertus émancipatrices de l’école, en particulier pour les filles. Voilà pourquoi je n’accepte pas que les inégalités scolaires reproduisent les inégalités sociales, comme si tout était joué à la naissance ! J’ai été boursière et j’ai travaillé pour financer mes études. Je ne le regrette pas : j’y ai puisé de la force et mon parcours m’a vaccinée contre le conformisme. J’avais un but : l’indépendance financière. Et une certitude : les filles sont aussi capables que les garçons.

En Poitou-Charentes, je me bats pour que les filles ne restent pas cantonnées aux formations traditionnellement féminines : les sections littéraires, le secrétariat, le textile, les services à la personne. Pourquoi une femme ne serait-elle pas aussi compétente qu’un homme comme opératrice de machine à commande numérique, logisticienne ou réparatrice de matériel agricole ? La mécanique, ce n’est pas génétique, ça s’apprend ! La plomberie aussi. Je me souviens d’une jeune femme, façadière dans le bâtiment, qui racontait comment, au début, elle avait essuyé des remarques machistes, comment on lui avait fait sentir qu’elle serait plus à sa place dans sa cuisine que sur un chantier. L’argument-massue, c’était la force physique. Elle en riait : « d’accord, il faut pouvoir soulever des sacs de ciment mais ça ne dérange personne qu’une aide à domicile porte, pour lui faire sa toilette, une personne grabataire de 80 kilos ! ». J’ai rencontré des femmes formidables, maçonnes, carreleuses, menuisières, à qui on avait d’abord claqué la porte au nez. Elles ont tenu bon, elles aiment leur métier et remarquent que les jeunes sont plus ouverts. Quant aux chefs d’entreprise, ils le reconnaissent : dans les équipes mixtes, l’ambiance est meilleure.

Il faut se battre sur deux fronts : les préjugés mais aussi leur intériorisation par les femmes elles-mêmes. C’est pourquoi je leur dis : osez ! Ne vous interdisez pas un métier qui vous intéresse ! Ayez confiance en vous et la Région vous aidera. On finance des formations qualifiantes et des reconversions pour des femmes qui choisissent un « métier d’homme ». On a mis en place un système de « marraines » : celles qui se sont risquées les premières dans des professions « masculines » aident les plus jeunes à s’y lancer à leur tour. J’ai dit aux entreprises que, pour avoir droit aux aides de la Région, elles devaient signer une charte dans laquelle elles s’engageaient à promouvoir l’égalité hommes-femmes au travail : dans les recrutements, les salaires et le déroulement des carrières. Nous aidons aussi les femmes à créer leur propre entreprise. 50% des demandes de prêts bancaires pour créer une activité sont présentées par des femmes mais seulement 28% aboutissent. Pas parce que les femmes baissent les bras mais parce que les banques leur font moins confiance. Quel gâchis d’énergie ! Pourtant, les défaillances d’entreprises pilotées par les femmes sont moins nombreuses que celles des entreprises à direction masculine.

En politique aussi, on nous soupçonne toujours de ne pas être à la hauteur. Jamais un homme ne subirait le procès en légitimité qu’on me fait depuis des mois. Jamais on ne se demanderait, à son propos, « mais qui va garder les enfants ? ». Jamais on ne lui dirait qu’une élection présidentielle, « ce n’est pas un concours de beauté » ou « pas une question de mensurations ». Ce doute permanent sur leurs compétences, ce machisme parfois agressif, les femmes doivent encore l’affronter dans la vie professionnelle comme dans la vie politique. Chères lectrices, ne nous laissons pas intimider : pour les femmes, il n’y plus de zone interdite ! A condition de croire en nous.