Archive for December, 2006:
Je suis très heureuse de vous présenter tous mes vœux pour cette année 2007…
“Je vous souhaite du fond du cœur une bonne et heureuse année 2007, pour vos projets, vos espoirs et aussi beaucoup de bonheur avec vos proches. Mais aussi la capacité à surmonter les épreuves de la vie et à repartir du bon pied.
2007 est une année exceptionnelle car nous allons choisir, dans quelques mois, dans quelle France nous voulons vivre ensemble et avec quelles valeurs nous voulons porter un nouvel élan.
Une campagne présidentielle est un moment unique et précieux pour modifier l’image d’un pays et lui redonner de l’énergie, pour retrouver les bases qui nous font tenir et avancer ensemble.
Aujourd’hui, je veux affirmer devant vous, en ce début d’année, les urgences auxquelles il faut s’attaquer avec l’autorité que détient la puissance publique et qui doit toujours agir au nom du peuple français.
Mon premier combat sera pour les familles
Le logement est la condition première d’une vie de famille sécurisée. Les inégalités criantes dans ce domaine doivent se réduire, pour assurer à toutes les familles une sécurité logement tout au long de la vie”.
Ségolène Royal a proposé “quatre mesures concrètes :
- La construction des 120.000 logements sociaux dont on a besoin et qui faute d’obéissance à la loi SRU par certaines communes ne sont pas construits. L’Etat se substituera à la carence de ceux qui s’enferment dans l’égoïsme territorial en y lançant lui-même les programmes de logements nécessaires. Deux Français sur trois réunissent aujourd’hui les conditions de revenus pour accéder à un logement social à loyer modéré et pensent que leurs enfants en auront impérativement besoin.
- La création d’un service public de la caution pour permettre d’assurer les impayés de loyers et d’éviter les expulsions.
- Il faudra faire la mise en location des nombreux logements vacants spéculatifs. Pour cela seront surtaxés les logements inoccupés depuis plus de deux ans et sera donnée aux communes la possibilité de procéder à des acquisitions réquisitions.
- l’accès à la propriété sera favorisé et encouragé par l’extension des prêts gratuits. Je veux que notamment ceux qui ont fait l’effort dans le logement social de payer leur loyer pendant 15 ans puissent accéder à la propriété dans des conditions dont nous discuterons avec les organismes concernés.
- Enfin, avec les régions l’Etat aidera à la mise en place d’un programme massif de logements pour les étudiants et pour les jeunes travailleurs.
Mon deuxième combat sera pour l’éducation et les jeunes.
Tout enfant, au-delà de trois ans, doit pouvoir accéder à l’école maternelle et tout élève doit pouvoir bénéficier d’un accompagnement scolaire gratuit.
Enfin, tout jeune doit pouvoir sortir du système scolaire et universitaire avec un diplôme.
Aucun jeune ne doit rester au chômage plus de six mois, sans qu’une formation ou un contrat ne lui soit proposé.
L’Etat ouvrira un nouveau droit : chaque jeune, à sa majorité, disposera d’un prêt gratuit de 10.000 euros, garanti par l’Etat, pour lui permettre de construire son premier projet de vie.
Mon troisième combat, c’est la réconciliation des Français avec les entreprises pour permettre la création de richesses, c’est-à-dire le développement économique, social, environnemental. Car dans une économie moderne, ces trois piliers se tiennent.
Nous sommes la 5e puissance industrielle et nous devons ce rang aux au travail des Français qui conquièrent des marchés, innovent et prennent des risques.
Nous avons la capacité à mobiliser les compétences, à motiver les salariés, à investir dans le capital humain, à créer un dialogue social qui reste en France encore très archaïque.
Rigidité d’une culture du conflit plutôt que du dialogue, faute, entre autres, d’un syndicalisme de masse et respecté que j’appelle à construire. Et du bon fonctionnement des services publics qui contribue à l’efficacité de la France. Je l’expliquerai à nos amis européens.
Je veux que toutes les politiques publiques prennent en compte l’impératif écologique. Le changement climatique structurera l’évolution de la société dans les années qui viennent. Il est de la responsabilité de chacun – élus et citoyens, collectivités locales et entreprises – de se mobiliser face à cette urgence. Je veux faire de cette menace une opportunité et même une chance de progrès, d’innovation, de transformation de nos pratiques de production et de consommation.
Mon quatrième combat : je veux une France qui revient à la table d’une Europe qui protège et prépare l’avenir.
Remettre la France d’aplomb, c’est aussi faire vivre cette Europe par la preuve qui, seule, regagnera la confiance de ses citoyens.
Quand viendra le moment de la Présidence française, je veux réussir la réforme des institutions européennes pour que nous ayons les outils d’un fonctionnement plus démocratique et plus efficace.
Cette société, j’y crois et je sais la France capable de la réaliser.
Je veux que la nation se ressaisisse.
Je veux que l’Etat soit un messager d’espoir et l’instrument efficace du redressement de la France.
Je veux que nous osions tenter ce qui ne l’a jamais été et que l’action publique se soumette à une obligation de résultats, par un exercice du pouvoir simple, direct et authentique.
Je ne veux pas seulement donner à la France de nouvelles chances, je veux lui donner toutes ses chances.
Nous pouvons changer la France en réconciliant l’ordre et la justice, car seule la justice est facteur d’ordre. C’est à dire en faisant le pari de la démocratie et de notre intelligence collective, en nous respectant tout simplement.
Nous avons pour cela des forces immenses qui n’attendent que d’être mobilisées dans l’éducation et la recherche, encore faut-il que la nation leur assigne une mission et des moyens à la hauteur de ses attentes.
Nos interlocuteurs étrangers que je rencontre, et pas seulement les européens, me disent beaucoup attendre de la France. Car nous avons une responsabilité particulière, léguée par l’histoire, celle d’être ou de redevenir la patrie des droits humains.
Chers concitoyens, je vous adresse tous mes vœux de bonheur pour l’année 2007″.
Ségolène Royal fait le bilan de l’année 2006 - Le JDD
Quels sentiments suscite en vous la pendaison, samedi à l’aube, de Saddam Hussein ?
Un sentiment indéfinissable de dégoût. Je suis opposée à la peine de mort, fût-ce pour un dictateur abominable. De plus je m’interroge. Quel retentissement profond vont avoir sur une partie de la population irakienne les images de cette exécution diffusées dans le monde entier ? C’est ajouter l’humiliation à la honte. Il ne faudrait pas que la manipulation de ces images finisse par créer un sentiment de solidarité avec un dictateur dont les actes ont définitivement indéfendables.
La rencontre initialement prévue, hier soir, au bord du canal Saint-Martin avec les Enfants de Don Quichotte s’est, finalement, transformée en entretien téléphonique pour éviter les journalistes. Le regrettez-vous ?
Il avait été clairement convenu entre nous que cette rencontre se ferait sans la presse. Je ne voulais pas que la présence de caméras et d’appareils photo heurte la dignité des sans-domicile fixe installés là-bas. C’est l’association les Enfants de Don Quichotte qui, un peu par hasard, a informé, dans l’après midi, le correspondant de l’AFP, présent sur place, de ma venue. Probablement n’imaginait-elle pas que cette visite susciterait une telle affluence médiatique. Mais ce qui compte, c’est que nous ayons finalement pu nous parler longuement, à trois reprises par téléphone, et faire calmement un point approfondi.
Le président de l’association, Augustin Legrand, a évoqué votre position en faveur d’un « plan Marshall pour les SDF »…
C’est une expression. Mais il est insupportable que, en 2006, il y ait tant de gens qui dorment dans la rue. C’est d’autant plus révoltant que c’est la même chose tous les ans. Chaque hiver, on fait mine de découvrir un problème qu’on s’empresse d’oublier dès le printemps venu. Et les annonces tonitruantes que le gouvernement a improvisées dans l’urgence n’y changent rien. La question de l’hébergement d’urgence se pose, c’est évident. Mais plus largement, il faut un vaste plan pour lutter contre la précarité. Que la grande pauvreté existe encore dans un pays comme le nôtre, voilà le scandale ! D’autant plus que, en face de ces très nécessiteux, il y a ceux qui engrangent toujours plus de rendement, de profit, de stock-options.
Ferez-vous de la lutte contre la précarité un enjeu de votre campagne présidentielle ?
La droite a fait de la précarité un principe. Par son discours fermé, individualiste, elle ne cesse de prôner le « chacun pour soi ». Et il a fallu le rejet violent contre le CPE pour qu’elle marque un coup d’arrêt à cette logique impitoyable. Mais la France peut retrouver confiance en elle. Se reconstruire. Chaque citoyen a son rôle à jouer dans ce redressement. Il faut changer d’état d’esprit. Aujourd’hui, les Français se sentent seuls, abandonnés par une puissance publique qui n’assume plus ses missions de sécurité et de protection. Ils ont peur de la précarité. La peur tétanise, incite à l’inaction, au repli sur soi. Une campagne présidentielle est un formidable moment pour modifier l’image du pays et lui redonner de l’énergie.
Jetez-vous un regard positif sur l’avenir ?
Il n’y a pas de fatalité. Je refuse, de toutes mes forces, l’idéologie du déclin. La France peut se remettre d’aplomb très vite si elle le décide et si nous, responsables politiques, l’y encourageons. Je veux aider les Français à retrouver les valeurs fondamentales qui les font tenir et avancer ensemble. Le « ciment de la nation », ce n’est pas qu’une expression! C’est une force. A bâtir, solidairement.
L’année 2006 qui s’achève aura été extraordinaire pour vous à plus d’un titre. Quelle histoire !
C’est vrai, quelle histoire ! C’est une aventure extraordinaire mais qui me donne des obligations. Je sens au travers de mes contacts quotidiens avec les Français que j’incarne à leurs yeux un espoir. Mais c’est une responsabilité énorme. Je ne veux pas, je ne dois pas décevoir. C’est à moi de prouver que je suis à la hauteur de cette attente. En m’accordant ainsi leur confiance, les Français me font un magnifique cadeau. Je me dois de leur rendre ce présent en leur donnant envie d’avoir envie d’avenir.
Avez-vous souffert de la violence des attaques qui ont, parfois, été portées contre vous ?
De la part de mes adversaires, ce ne fut pas une surprise. Ce fut plus rude quand il s’est agi de mes amis. Le débat interne qui a secoué le PS a été âpre. Plus que je ne le pensais. Ce fut un choc : j’avoue que je ne m’attendais pas à cette brutalité. Mais tout ça est derrière nous. N’y revenons plus. Je ne suis pas du genre à regarder en arrière, ni à ressasser le passé. Je préfère préparer l’avenir. Il y a encore tant à faire!
Sentez-vous aujourd’hui le PS soudé derrière vous ?
Oui, vraiment, et c’est une bonne surprise. Je ne sens plus, aujourd’hui, les réticences, les moqueries, les dénigrements que je sentais encore au moment de mon investiture. Je n’entends plus les « Pourquoi elle ? Comment ça se peut ? ». Les arrière-pensées se sont évanouies, le climat s’est apaisé, place au travail. Tout le monde est bienvenu pour travailler avec moi, dans la loyauté et la fidélité. Je ne suis pas dans des logiques d’élimination ni de contrainte, au contraire. Le rassemblement doit être total. Mais je n’ai pas d’inquiétude : il est acquis que je garderai ma liberté d’action, mon autonomie, tout en prenant appui sur le parti. Il y a le rôle de la candidate et le rôle du parti. Peu importe si, parfois, il y a de légères divergences, chacun est dans sa fonction. Ce qui compte c’est que, au bout, nous soyons d’accord sur le projet présidentiel que je prépare.
Vous partez, en Chine, jeudi prochain pour cinq jours. On dit que ce sera votre seul grand déplacement pendant cette campagne.
On verra. Cela dépendra des événements et des circonstances, je ne ferme rien. Aller en Chine était une priorité. C’est en Chine que les mutations sont les plus fortes, les interrogations sur l’avenir les plus vives. J’y vais pour comprendre ce qui se passe, tisser des liens avec les responsables chinois. Les Chinois me facilitent d’ailleurs grandement l’organisation de ce voyage même si, pour l’instant, je ne veux pas en dire plus, car ils tiennent à la confidentialité. La France doit accompagner plus qu’elle ne le fait l’émergence de la Chine. Nous avons beaucoup de retard sur les Allemands, qui exportent trois fois plus que nous. Pourquoi? Nous ne devons pas craindre une Chine qui se développe. A l’échelle de la planète, ce qui est plus inquiétant c’est une Afrique qui ne se développe pas.
Votre récent voyage au Liban, à Gaza et en Israël, a été violemment critiqué ; ne craignez-vous pas que cela recommence?
Ce voyage n’a pas été une seule fois contesté sur place, que ce soit au Liban, à Gaza, ou en Israël. Les seules polémiques, subalternes, malhonnêtes, décalées sont venues de l’UMP. Mais c’est dérisoire. Ce qui m’importe, c’est d’avoir conquis la confiance de ceux que j’ai rencontrés là-bas. J’ai bien compris les points de vue en présence sans donner de leçons. Sans juger de façon péremptoire. Ce qui permettra, demain, je l’espère, d’aider au processus de paix
Autour du débat de Jean François Copé sur France Europe Express
Suite au débat du 17 décembre 06 de France Europe Expresse, dont Jean Francois Copé était l’invité, voici quelques observations :
En suivant ce débat comme beaucoup, nous devons avouer que les téléspectateurs n’ont pas du retenir grand-chose, sauf qu’aucun de ceux présents sur le plateau n’était d’accord sur rien. Enfin simple répétition des faits politiques… Ainsi on pouvait retenir que la France n’était qu’une idée, ce qui est complètement inexacte car si c’était le cas la France ne serait bientôt que ruine et désolation. La France, plus qu’une idée vague et de l’ordre de la théorie, ne doit-elle pas plutôt être vécue, construite et ressentie nativement par quiconque se revendiquant d’être français ? N’est-il en effet pas plus raisonnable de penser que l’individu devrait ressentir son pays plutôt que d’intellectualiser l’idée que le sens commun s’en fait ? N’en résulterait-il pas une intégration naturelle et évidente plutôt qu’une déformation de l’individu voulant appréhender les rouages, jusqu’alors inconnus d’une culture différente de la sienne. N’oublions pas que la France, poussée par son peuple a pris 15 siècles pour se construire culturellement et socialement.
Malheureusement pendant ce débat télévisée, la notion de devoirs associée aux droits ne semblait avoir été évoquée que pour la forme et le politiquement correcte, tout un chacun sachant bien que cette notion ne pèse pas bien lourds par rapport à son associé. Dommage dirons-nous, quand on pense que les fameux droits dont se prévalent beaucoup de nouveaux français sont belles et biens les conséquences des devoirs dont les français bâtisseurs se sont toujours acquittés. Les droits sont la récompense, et le devoir le labeur associé.
Nous voudrions à notre tour apporter nôtre pierre à l’édifice de ce grand débat d’actualité sous la forme d’un exemple pour montrer à quel point la France, depuis une quarantaine d’années malmène son pays ainsi que ceux qui propage « l’idée française » en la vivant au quotidien. Cela nous emmène à faire connaître un trait de l’histoire, pas toujours évidente, des franco-mauriciens de l’ancienne île de France aujourd’hui île Maurice :
En oubliant les Franco-mauriciens, la France ne laisse-t-elle pas sur ceux-là le poids de son passé esclavagiste?…
“Et, pendant ce temps, la France brûle, ses banlieues s’enflamment,sa culture est mise à mal par ceux-là même qu’elle a reconnus en son sein”.
Alors que contrairement à tout cela, nous les misérables descendants de français, prisonniers de notre rocher, non reconnu par quiconque, à l’inverse de ces fauteurs de désordres, avons non seulement conservé la culture française, mais aussi promue bien au-delà de nos petites frontières.
N’avons nous pas assez souffert de la mésaventure de nos ancêtres ? e colonisateurs qu’ils étaient, ne se sont-ils pas retrouvés du jour au lendemain au statut de colonisés par les Anglais? Du même coup, n’ont-ils pas perdu leur citoyenneté Française ? Pourquoi serions-nous responsable du malheur actuel des descendants d’Esclaves ?
Pourtant, certaines belles âmes ne se privent pas de le clamer!
Ainsi, par anachronisme, nous serions rendus responsables de la pratique de l’esclavage de nos ancêtres, parce que nous sommes leurs héritiers.
Non! Nous ne sommes pas redevables de quoi que se soit!
Pour être responsable, il aurait fallu que nous soyons les vrais héritiers de nos ancêtres. C’est à dire être français comme eux!
Une comparaison amusante et paradoxale serait de dire que si d’une part les descendants de colons sont autant responsables de l’esclavage que leurs ancêtres du simple fait de leur descendance, d’autre part, ne serait-il pas logique de dire que les descendants d’esclaves sont autant esclaves que leurs ancêtres toujours en raison de la descendance. Avant que divers associassions anti-racistes ne montent au créneau en ne lisant que cette phrase, précisons évidement qu’il ne s’agit là que d’un raisonnement par l’absurde. Il est évident que les descendants d’esclaves sont parfaitement libres à l’île Maurice. Permettez nous donc par symétrie de dire que les descendants de colons à l’île Maurice ne sont plus … colons ni esclavagiste. Nous voyons bien là encore une fois, si le postulat de départ est faux, le raisonnement qui suit est erroné.
Ainsi sur ce triste sujet de l’esclavage ou tant de personnes ont injustement souffert dans leur âme comme dans leur chair, pourquoi ne pas avoir trouvé de solutions plus équitables et raisonnables à leur problèmes ?
On n’hérite pas seulement du passif!
Il serait donc injuste que nous portions seuls toute la responsabilité morale d’une lourde période de l’histoire française, en son temps, durant cette période coloniale.
Ainsi, ce serait plutôt à la France que les descendants d’esclaves devraient présenter leurs doléances.
Nous les descendants de français, aussi paradoxal que cela puisse paraître, nous ne sommes pas français, et c’est dommage! Si nous l’étions, il nous eût été alors possible, du moins pour certains d’entre nous, d’agir plus librement vis à vis des autorités compétentes tant soit françaises ou anglaises afin que soit reconsidéré le cas de tous les oubliés, les vrais descendants d’esclaves.
L’exploitation malsaine de certains politiques ne rend-elle pas plus misérable encore beaucoup de ces descendants d’esclaves ? En tirant toujours vers le bas, exploitant leur misère, ceux-là ne font-ils pas naître en eux un sentiment de haine envers la communauté minoritaire, la communauté blanche ?
En conclusion dirons nous que paradoxalement, la communauté franco-mauricienne de l’île Maurice, accusée de tous les maux de la période coloniale française, ayant toujours promue la culture française et continuant à la vivre au quotidien, n’est pourtant plus « française de papiers » bien que « française de cœur, de culture et de raison ».
Gérard Dufourq - Ile Maurice.
Autour du débat de Jean François Copé sur France Europe Express
Suite au débat du 17 décembre 06 de France Europe Expresse, dont Jean Francois Copé était l’invité, voici quelques observations :
En suivant ce débat comme beaucoup, nous devons avouer que les téléspectateurs n’ont pas du retenir grand-chose, sauf qu’aucun de ceux présents sur le plateau n’était d’accord sur rien. Enfin simple répétition des faits politiques… Ainsi on pouvait retenir que la France n’était qu’une idée, ce qui est complètement inexacte car si c’était le cas la France ne serait bientôt que ruine et désolation. La France, plus qu’une idée vague et de l’ordre de la théorie, ne doit-elle pas plutôt être vécue, construite et ressentie nativement par quiconque se revendiquant d’être français ? N’est-il en effet pas plus raisonnable de penser que l’individu devrait ressentir son pays plutôt que d’intellectualiser l’idée que le sens commun s’en fait ? N’en résulterait-il pas une intégration naturelle et évidente plutôt qu’une déformation de l’individu voulant appréhender les rouages, jusqu’alors inconnus d’une culture différente de la sienne. N’oublions pas que la France, poussée par son peuple a pris 15 siècles pour se construire culturellement et socialement.
Malheureusement pendant ce débat télévisée, la notion de devoirs associée aux droits ne semblait avoir été évoquée que pour la forme et le politiquement correcte, tout un chacun sachant bien que cette notion ne pèse pas bien lourds par rapport à son associé. Dommage dirons-nous, quand on pense que les fameux droits dont se prévalent beaucoup de nouveaux français sont belles et biens les conséquences des devoirs dont les français bâtisseurs se sont toujours acquittés. Les droits sont la récompense, et le devoir le labeur associé.
Nous voudrions à notre tour apporter nôtre pierre à l’édifice de ce grand débat d’actualité sous la forme d’un exemple pour montrer à quel point la France, depuis une quarantaine d’années malmène son pays ainsi que ceux qui propage « l’idée française » en la vivant au quotidien. Cela nous emmène à faire connaître un trait de l’histoire, pas toujours évidente, des franco-mauriciens de l’ancienne île de France aujourd’hui île Maurice :
En oubliant les Franco-mauriciens, la France ne laisse-t-elle pas sur ceux-là le poids de son passé esclavagiste?…
“Et, pendant ce temps, la France brûle, ses banlieues s’enflamment,sa culture est mise à mal par ceux-là même qu’elle a reconnus en son sein”.
Alors que contrairement à tout cela, nous les misérables descendants de français, prisonniers de notre rocher, non reconnu par quiconque, à l’inverse de ces fauteurs de désordres, avons non seulement conservé la culture française, mais aussi promue bien au-delà de nos petites frontières.
N’avons nous pas assez souffert de la mésaventure de nos ancêtres ? e colonisateurs qu’ils étaient, ne se sont-ils pas retrouvés du jour au lendemain au statut de colonisés par les Anglais? Du même coup, n’ont-ils pas perdu leur citoyenneté Française ? Pourquoi serions-nous responsable du malheur actuel des descendants d’Esclaves ?
Pourtant, certaines belles âmes ne se privent pas de le clamer!
Ainsi, par anachronisme, nous serions rendus responsables de la pratique de l’esclavage de nos ancêtres, parce que nous sommes leurs héritiers.
Non! Nous ne sommes pas redevables de quoi que se soit!
Pour être responsable, il aurait fallu que nous soyons les vrais héritiers de nos ancêtres. C’est à dire être français comme eux!
Une comparaison amusante et paradoxale serait de dire que si d’une part les descendants de colons sont autant responsables de l’esclavage que leurs ancêtres du simple fait de leur descendance, d’autre part, ne serait-il pas logique de dire que les descendants d’esclaves sont autant esclaves que leurs ancêtres toujours en raison de la descendance. Avant que divers associassions anti-racistes ne montent au créneau en ne lisant que cette phrase, précisons évidement qu’il ne s’agit là que d’un raisonnement par l’absurde. Il est évident que les descendants d’esclaves sont parfaitement libres à l’île Maurice. Permettez nous donc par symétrie de dire que les descendants de colons à l’île Maurice ne sont plus … colons ni esclavagiste. Nous voyons bien là encore une fois, si le postulat de départ est faux, le raisonnement qui suit est erroné.
Ainsi sur ce triste sujet de l’esclavage ou tant de personnes ont injustement souffert dans leur âme comme dans leur chair, pourquoi ne pas avoir trouvé de solutions plus équitables et raisonnables à leur problèmes ?
On n’hérite pas seulement du passif!
Il serait donc injuste que nous portions seuls toute la responsabilité morale d’une lourde période de l’histoire française, en son temps, durant cette période coloniale.
Ainsi, ce serait plutôt à la France que les descendants d’esclaves devraient présenter leurs doléances.
Nous les descendants de français, aussi paradoxal que cela puisse paraître, nous ne sommes pas français, et c’est dommage! Si nous l’étions, il nous eût été alors possible, du moins pour certains d’entre nous, d’agir plus librement vis à vis des autorités compétentes tant soit françaises ou anglaises afin que soit reconsidéré le cas de tous les oubliés, les vrais descendants d’esclaves.
L’exploitation malsaine de certains politiques ne rend-elle pas plus misérable encore beaucoup de ces descendants d’esclaves ? En tirant toujours vers le bas, exploitant leur misère, ceux-là ne font-ils pas naître en eux un sentiment de haine envers la communauté minoritaire, la communauté blanche ?
En conclusion dirons nous que paradoxalement, la communauté franco-mauricienne de l’île Maurice, accusée de tous les maux de la période coloniale française, ayant toujours promue la culture française et continuant à la vivre au quotidien, n’est pourtant plus « française de papiers » bien que « française de cœur, de culture et de raison ».
Gérard Dufourq - Ile Maurice.