Archive for December, 2006:
Surréalisme
Bonjour,
vous, et toute la classe politique enfiévrée, nous bassinaient avec des promesses de “plus jamais ça”, “il faut que ça change” … L’ami Antoine tournait déjà tout ça en dérison à la fin des années 60 : “je vous ai compris votez pour moi…”
Prendriez vous les Français pour des demeurés ou des imbéciles ?
Vous qui êtes dans les allées du pouvoir depuis plus de 25 ans, savez vous encore ce qu’est la réalité économique ? Quand on a jamais mis les pieds dans le monde du travail, comment en parler, autrement qu’en discussions de salons.
Vous et vos collègues énarques de tous bords n’avaient qu’une ambition personnelle : prendre le pouvoir.
Tout ça transpire dans vos discours qui ont pour objectif premier : battre la droite olu battre la gauche.
Saqchez qu’aujourd’hui ce discours ringagrd est peut être pain béni pour les afficionados des partis. Ca ne représnet plus rien dans le réalisme économique.
Changez de discours s’il vous plait. Si vous êtes encore capable d’apprécier la réalité.
PS : ce papier est appicable à toute la classe politique qui prétend représenter les sensiblités de Français. Voyez le taux d’absention.
Premier débat participatif à Strasbourg : “Avec vous, je veux construire la France qui se bat et la France qui se relève!”
Bonsoir à tous !
Merci à Jacques BIGOT, d’avoir extraordinairement bien animé cette soirée, et à tous ceux qui sont intervenus.
Je comprends qu’il y a encore sans doute beaucoup de questions dans cette salle. Mais je voudrais vous dire que ce débat doit se poursuivre.
Chaque élu ici présent, chaque président d’association, chaque citoyen, chaque salarié aussi, doit être en mesure à son tour d’organiser des débats participatifs comme celui-ci, à dimension variable bien sûr, car le moment est venu de prendre la parole pour m’aider à construire le projet présidentiel qui répondra le mieux aux attentes des citoyens.
Et une fois de plus nous avons eu ce soir la démonstration de l’utilité de cette démarche, sans laquelle je ne peux plus concevoir l’action politique.
Martin Hirsch vient de démontrer brillamment à quel point il est absolument nécessaire de donner la parole aux citoyens sur les problèmes qui les concernent. Parce que c’est comme cela que, non seulement, nous parlerons juste,mais c’est comme cela aussi que nous agirons juste et c’est comme cela que nous serons efficaces si les Français nous apportent leur confiance.
Et c’est cette façon de faire dans la campagne présidentielle qui permettra de reconquérir la confiance de ceux, en particulier, qui sont les plus éloignés de la politique, qui pensent que la politique ne sert plus à rien et qu’eux-mêmes ne comptent pour rien.
Et je voudrais dire à tous ceux qui ont posé des questions, notamment de façon spontané, ce qui n’est pas facile pour un salarié, pour un chômeur, pour quelqu’un qui travaille et qui galère dans une association, de venir parler devant 1 500 personnes.
Je crois qu’il faut que cette parole continue, parce que c’est comme cela aussi que le peuple français se mettra en mouvement pour faire en sorte que le projet que je porterais au nom du peuple français corresponde bien à ses priorités et à ce qu’il attend.
Ce soir, à Illkirch-Graffenstaden, dans la communauté urbaine de Strasbourg et dans cette Alsace dynamique et de longue tradition industrielle, je veux vous parler de la France qui se bat et de la France qui se relève.
Je suis venue vous dire d’ailleurs, c’était parfois implicite et parfois explicite dans vos questions, que c’est vrai qu’il y a une grande inquiétude face à la mondialisation, à ses dérives et les Français se demandent au fond si l’Etat peut encore servir à quelque chose. Moi je vous le dit : l’Etat peut non seulement servir à quelque chose mais doit servir à quelque chose. Et la puissance publique doit assumer ses responsabilités.
Il n’y a pas de fatalité.
Et je voudrais une nouvelle fois ici soutenir tous les salariés qui sont en lutte.
A Suchard : 123 emplois supprimés ! J’ai rencontré le patron tout à l’heure et je n’ai eu aucune explication. Ce sont des licenciements de confort, parce que la mode est à la concentration industrielle, y compris dans es filières qui font des bénéfices.
Et ce soir je voudrais que tous ensemble on puisse leurs dire que l’on se bat à leurs côtés, pour que le patron qui doit donner une réponse dans quelques jours puisse donner la réponse que l’on attend. Et que dans la France d’aujourd’hui, l’on n’accepte plus des licenciements inciviques, qui ne correspondent même pas à la réalité économique.
Tous les jours on nous dit en effet que face aux défis majeurs auxquels nous sommes confrontés - la mondialisation, les changements technologiques, les nouveaux risques planétaires -, les Etats seraient impuissants : ils ne seraient que les jouets du capitalisme mondial. Tous les jours on entend dire qu’il ne serait pas possible d’améliorer les performances économiques sans augmenter les inégalités. Ou alors on entend dire aussi, que pour améliorer nos performances dans le cadre de la compétition mondiale, qu’il faudrait que les salariés renoncent à toute forme de protection, ou acceptent des contrats sans droits, ou voient leurs salaires baisser, comme l’ont dit tout à l’heure les salariés d’Alsthom. Et bien ce chantage, il est insupportable.
Et je crois qu’il est important de redire ici un message politique extrêmement ferme : il n’y a aucune fatalité. Je refuse ce renoncement. Avec vous je veux construire la France qui se bat, et la France qui se relève.
Car pour moi l’action politique consiste à donner à chacun le droit de construire librement sa vie. Nous l’avons vu encore ce soir, difficile de choisir sa vie, de la maîtriser et de construire le bonheur des siens, de transmettre à ses enfants le bagage et les valeurs nécessaires à leur réussite quand l’argent vient à manquer.
Car dans la France d’aujourd’hui, les uns maîtrisent leur destin et sont assurés de l’avenir de leurs enfants, alors que les autres sont tenaillés par la précarité, sont privés de cette possibilité ou craignent de la perdre. Et là se trouvent le clivage le plus profond et l’inégalité la plus criante à laquelle à gauche nous avons à répondre. Ouvriers, ouvrières, employés, petits salariés, dispersés souvent dans de petites entreprises et n’ayant même pas la possibilité d’une défense syndicale, n’étant pas défendus, c’est à vous aujourd’hui que je pense, en affirmant la nécessité pour la puissance publique d’intervenir.
Nous pouvons en effet, si la volonté politique existe, et la proposition qui vient d’être faite le prouve, nous pouvons associer l’efficacité économique et les hauts niveaux de protection sociale. Car des salariés sécurisés dans leur emploi, rémunérés correctement et bénéficiant d’une bonne couverture sociale sont même une condition de l’efficacité économique. Et je salue le travail des jeunes dirigeants d’entreprises de ce centre syndical, qui montrent que l’on peut diriger les entreprises autrement que ne le fait le MEDEF, et avec d’autres valeurs et d’autres exigences.
Depuis vingt ans, nous consacrons des sommes de plus en plus élevées à réparer un tissu social que l’ultra-libéralisme déchire. Nous tentons de raccommoder une société qui se fragmente parce que souvent l’Etat se dispense d’investir dans ce qui compte vraiment. Et je veux en finir avec un gouvernement tâtillon et rafistoleur, un gouvernement pompier qui souvent arrive trop tard. Nous avons aujourd’hui besoin d’un changement majeur dans la manière de concevoir le rôle et l’intervention de la puissance publique. Nous avons le besoin d’un pacte social adapté à la réalité du monde et je vais vous dire ce soir comment je conçois le rôle de la puissance publique pour remettre la France de l’emploi en mouvement.
Et d’abord pour éviter que les désordres que crée une mondialisation non maîtrisée, que face à eux il doit y avoir une puissance publique pleinement responsable, capable d’anticiper, de prévenir et d’investir dans l’avenir.
Ensuite pour amplifier son action et pour la rendre plus intelligente, je veux une puissance publique capable de travailler avec des partenaires sociaux à la légitimité renforcée. C’est le dialogue social à moderniser.
Et enfin pour mettre un terme à l’injustice scandaleuse qui fait supporter aux seuls salariés toute la charge des mutations que traverse notre pays, je veux une puissance publique qui sécurise, qui protège et qui accompagne.
Nous ne gagnerons pas la bataille de l’emploi, et Dominique Meda l’a dit tout à l’heure, en fermant nos frontières (aux biens ou aux populations). Nous la gagnerons en investissant massivement dans ce qui détermine la croissance, c’est-à-dire la recherche, l’éducation, la formation, en anticipant les mutations, en créant les conditions de la réussite pour tous.Comme l’a dit Henri Emmanuelli, il faudra aussi le faire sans naïveté : je souhaite que l’Europe ne soit pas ouverte à tous les vents du libéralisme destructeur et que nous sachions en effet mettre en place des mécanismes acceptables qui protègent notre industrie. Et comme l’on dit tout à l’heure les salariés d’Alsthom, j’ai regardé attentivement comment cela se faisait, que Bombardier avait gagné l’appel d’offre et que malheureusement il y a des règles. Et bien il y a des continents qui sont moins naïfs que d’autres, qui font du dumping et qui peuvent ainsi se présenter avec es prix inférieurs, mais aussi souvent, alors que les qualités, et en l’occurrence c’était le cas, la qualité d’Alsthom était bien supérieur, et c’est seulement parce que les salariés d’Alsthom ont menacés de faire un procès, que Bombardier a accepté de sous-traiter une partie de la fabrication aux usines concernées.
Et bien moi je vous le dit, si je suis en responsabilité, et puisque nous aurons la présidence de l’Union Européenne au 1er janvier 2008, nous mettrons à plat ce qui se passe dans les autres continents, au 1er rang desquels les Etats-Unis, qui savent fort bien tenir un discours ultra-libéral, mais fort bien organiser des protections sous des prétextes divers et variés, ayant traits à des formes de fabrication, à des contraintes, à des contenus divers et variés, à des brevets.
Alors, l’Europe devra cesser d’être naïve. Oui, l’Europe devra être un espace de protection, parce que si nous voulons sauver notre modèle social, alors nous devrons sortir de cette naïveté et utiliser tous les moyens pour protéger nos marchés, nos emplois, nos salariés, notre industrie, tout en restant bien évidemment ouvert sur le monde mais à armes égales.
Et toujours sur ce thème, oui la puissance publique devra investir dans l’avenir. Aujourd’hui notre recherche est asphyxiée : nous y consacrons un peu plus de 2% de notre PIB alors que tous nos concurrents, les Etats-Unis, le Japon dépensent, pour certains, près du double, et parfois beaucoup plus. Je veux mettre un terme à ce cercle vicieux. Et la France devra dès 2007 déclencher un vaste plan, un plan massif pour l’innovation et la recherche, développer les partenariats entre la recherche publique et privée, créer un statut européen du chercheur qui évitera aux jeunes chercheurs de partir vers les Etats-Unis. 200 000 jeunes chercheurs européens sont aujourd’hui aux Etats-Unis parce que nous n’avons pas de statut du jeune chercheur correctement payé et correctement sécurisé dans nos laboratoires. Les pôles de compétitivité doivent aider au développement des PME et susciter des croisements féconds, des coopérations trop faibles aujourd’hui en France entre l’université, la recherche et les entreprises : l’entreprise Google est né dans 20m2 sur un campus universitaire. Alors pourquoi pas des entreprises Google dans notre pays ? Oui, c’est cette modernisation là qu’il faudra faire.
- Notre Université est mal en point, non pas par manque de talents, mais par manque de moyens. Les locaux universitaires sont dans un état déplorable, les étudiants pour beaucoup d’entre eux en situation de précarité, cela a été dit tout à l’heure. Nous consacrons à nos étudiants du supérieur un montant inférieur de 25% à la moyenne des pays de l’OCDE, inférieur de 40% à la Suède et inférieur de 50% de ce qui se passe aux Etats-Unis. Alors une remise à niveau est absolument indispensable, et nous devrons mettre aussi dans ce domaine la France à la hauteur de ce qu’elle mérite.
Car le niveau de formation et de qualification d’un pays constitue un facteur de performance durable : c’est là que se trouvent les gisements d’activité et de valeur ajoutée. Avoir une population bien formée, c’est être assuré que nos entreprises pourront s’engager dans des secteurs de pointe, des produits à haute valeur ajoutée et que nous développerons des emplois bien qualifiés donc bien payés. La responsabilité de la puissance publique, c’est donc d’abord d’assurer une excellente formation à l’ensemble des jeunes. Bien sûr d’abord aux 160 000 jeunes sans qualification qui sortent du système scolaire et auxquels il faudra réussir à donner un métier. Mais je pense aussi aux étudiants qui sortent en échec à la fin du premier cycle universitaire. Quatre étudiants sur dix sortent sans qualification après deux années d’université. C’est un immense gaspillage que la France ne peut pas se permettre. Mon objectif, c’est non seulement que chaque jeune puisse sortir du système éducatif avec une qualification mais c’est surtout que chaque diplômé se voie proposer un emploi à la sortie de son parcours de formation. C’est le droit au premier emploi pour tous les jeunes qualifiés. C’est un objectif national que je fixerais à l’ensemble des entreprises de notre pays. Il n’est plus possible qu’il y ait autant d’inégalités entre les jeunes qui ont des relations et qui peuvent trouver du travail après leur diplôme et ceux qui n’en ont pas et qui galèrent et qui restent au chômage, et qui ruine le sens de l’effort scolaire pour les plus jeunes. Car lorsqu’ils ont vu les grands frères et les grandes sœurs travaillés, accédés à un diplôme de l’enseignement supérieur et galérer dans le chômage et les petits boulots, alors c’est tout l’édifice qui s’écroule, et la France doit vraiment réaliser ce droit au premier emploi pour les jeunes qualifiés et pour les jeunes diplômés.C’est possible, c’est à notre portée, tout le monde devra faire un effort. Il faudra remettre en cause certains des dogmes sur lequel repose notre système de formation actuelle : il faudra informer bien en amont les jeunes et leurs familles sur les débouchés professionnels, créer des antennes « emploi» dans les universités, bref créer dans notre pays une orientation digne de ce nom et donner à chaque jeune un tuteur qui l’épaule et le conseille dans ses choix.
Et nous devrons enfin investir dans la formation continue. Nous ne devons plus accepter que les fonds consacrés à la formation diminuent, et non plus, une femme le disait tout à l’heure, que la formation aille le moins vers ceux qui en ont le plus besoin. Songer que lorsqu’on interroge les Français, qui au cours de la semaine dernière, ont participé à une action de formation, 7% des Français déclarent être actuellement dans une action de formation. Dans les pays voisins ce chiffre monte à 25%. C’est dire à quel point nous sommes en retard sur l’effort considérable qu’il y a encore à fournir sur la formation professionnelle, sur la qualification, et sur le droit au 1er emploi pour ceux qui ont fait cet effort de qualification. C’est cela le premier axe d’action du devoir de la puissance publique, c’est cela investir dans l’avenir.
La deuxième mission de la puissance publique est de développé le dialogue social et le syndicalisme de masse.
Jean-Marc Ayrault en a parlé tout à l’heure, plusieurs questions aussi ont fait référence à ce problème, le dialogue social est non seulement une manière de maîtriser la mondialisation, parce que plus les salariés sont associés en amont des mutations, plus l’entreprise est contrainte d’anticiper ces mutations. On a donc du gagnant gagnant dans le syndicalisme de masse et dans la modernisation du dialogue social, et qui doit requalifier des salariés pour d’autres emplois et d’autres activités, parvienne à supprimer près de 10 000 emplois sans un seul jour de grève et sans qu’un seul salarié ne perde de la rémunération et de la dignité au travail. C’est en maintenant le contrat de travail, c’est en créant la sécurité sociale professionnelle, c’est en continuant à payer les salariés car ils vont être formés sur de nouveaux emplois, de nouveaux produits, de nouvelles entreprises que cette mutation économique est possible. Mais cela n’est possible que s’il y a un rapport de force syndical. Ici 8% de salariés syndiqués, là-bas 80% de salariés syndiqués. Alors cette émergence-là d’un autre model social, d’un autre dialogue social, qui nous fera rentrer dans le siècle du futur, et qui nous permettra non seulement de tirer en avant les entreprises, qui du coup en respectant les salariés anticipent leurs mutations industrielles. Et le troisième partenaire est l’Etat, qui garantit le bon déroulement de ces négociations salariales.
Et bien c’est comme cela que l’on relève un pays, qu’on le tire vers le haut. Et je donnerais toute leur place aux partenaires sociaux, je leur donnerais toute leur représentativité, je créerais dans ce pays la démocratie sociale, parce que je pense que c’est une condition fondamentale de la compétitivité économique et du positionnement de la France face à la mondialisation d’un côté, tout en maintenant notre haut niveau de protection sociale. Je crois que cette convergence est possible, ce chantier-là, il est devant nous.
Les représentants des organisations syndicales CGT, CFDT, ont fait des propositions, ont fait un effort considérable. Il y a eu un rapport du Conseil économique et social qui a fait des propositions. Ils ont même fait l’effort de tendre la main au patronat. Et comme seule réponse on leur a claqué la porte au nez.
Si je suis élu, ce vaste chantier de la modernisation sociale, que d’ailleurs conduira Jean-Marc Ayrault, sera mis en chantier. Il le sera dès maintenant pendant la campagne électoral, et je dirais dans mon programme présidentiel comment nous allons nous y prendre en nous appuyant sur les propositions des organisations syndicales, parce que je crois que c’est dans la vitalité de ce dialogue que nous réussirons à construire une nouvelle donne dans les entreprises, qui permettra, là aussi, à la France de se relever.
Je veux aussi une puissance publique qui sécurise et qui accompagne. La première des sécurités que je mettrais en place, avec les partenaires sociaux, c’est la sécurisation des parcours professionnels.
Nous devrons aussi nous attaquer à la question des conditions de travail : l’exercice du travail s’accompagne, ici en France, trop souvent de conditions dégradées, de non respect de la personne qui alimentent la défiance, la déception, la démotivation à l’égard du travail. Le travail s’est intensifié. Les exigences sur les salariés toujours plus fortes, des maladies professionnelles en hausse, le temps partiel subi qui s’étend : il importe aujourd’hui de mettre sur la table l’ensemble des questions touchant au temps de travail, à l’organisation du travail, aux conditions de travail pour aboutir à une nouvelle donne au cœur de laquelle devra se trouver la qualité de l’emploi et le travail décent, qui sont gages autant de la compétitivité que du bien-être des travailleurs.
- La puissance publique doit également aider les créateurs d’entreprise. Plus de la moitié des entreprises aujourd’hui sont créées par des demandeurs d’emploi. Nous avons le devoir de libérer les initiatives bridées par l’accumulation des rigidités administratives, les problèmes bancaires, l’insécurité du statut des artisans, des commerçants et des petites entreprises. Notre croissance, notre réussite, nos emplois dépendent de notre capacité de mobiliser les énergies dans notre pays, et il y en a. Et je promets à tous ceux d’entre vous qui veulent entreprendre, se lancer, créer, que nous vous en donnerons les moyens. Je mettrai en place une protection sociale des entrepreneurs pour que créer une entreprise ne soit pas une activité qui mette en danger leur famille en cas d’échec.
Nous devrons aussi, et nous n’avons pris que trop de retard en ce domaine, aider nos PME à se développer ; ce sont ces entreprises de 50 à 500 salariés qui créent aujourd’hui en France le plus d’emplois mais qui ont aussi beaucoup de mal à passer le cap de ces 500 salariés et qui rencontrent beaucoup de difficultés pour devenir à dimension internationale. Elles sont la base de notre économie. Elles sont présentes dans nos pôles de compétitivité et d’excellence que nous avons mis en place dans toutes nos régions. Et là aussi il faudra faire quelques révolutions. D’abord leur faciliter l’accès au crédit des PME ; les banques ne jouent pas leur rôle, on le voit tous les jours. Les banques sont payées pour cela et ce sont les collectivités territoriales qui font le travail des banques, c’est-à-dire les contribuables. Les banques devront jouer leur rôle et aider les entreprises à prendre leurs risques. L’Etat pourra se porter garant, la puissance publique pourra se porter garante, mais c’est quand chacun est à sa place et fait son travail que nous pourrons relancer en France l’esprit d’entreprendre.
- La puissance publique doit absolument sécuriser l’insertion des jeunes, j’en ai parlé, avec la création de ce droit au premier emploi. Je refuse la fatalité du chômage des jeunes, qui atteint ici des records. Je refuse la longueur de leur parcours d’insertion, particulièrement préoccupante notamment pour les jeunes qui viennent de quartiers populaires et qui sont victimes de discriminations. Nous ne pouvons plus supporter que des jeunes se retrouvent durablement sans emploi, qu’ils soient qualifiés ou qu’ils ne le soient pas. Et nous ne pouvons plus accepter qu’à diplôme égal, y compris pour le premier recrutement, il reste encore des inégalités salariales entre filles et garçons qui n’ont aucune justification. Et là le pacte social il est rompu. Be
Si je suis élue, je demanderai au gouvernement de négocier et de mettre en place une garantie d’activité jeunes, pour qu’aucun jeune ne reste au chômage plus de 6 mois. Il aura accès soit à une formation qualifiante pour un métier dont les besoins sont réels, notamment par un système de formation en alternance, soit à une activité de tutorat de recherche d’emploi en petit groupe, soit à des stages et des emplois rémunérés et aidés dans le secteur public ou privé, et dans tous les cas à une indemnité, à un salaire. Et, là où la droite a détruit les emplois jeunes, qui avaient permis à 350 000 jeunes de trouver une première expérience professionnelle, nous généraliserons les emplois tremplins créés depuis 2004 par les Régions de gauche, pour atteindre le chiffre de 500 000 emplois tremplins.
- Les femmes doivent aussi trouver leur juste place dans l’emploi. Dominique Meda l’a évoqué tout à l’heure, le service public de la petite enfance sera créé. Il devra garantir à tous les parents le droit effectif à l’accueil et à la garde de leurs enfants de 2 mois à 3 ans. Je pense aux femmes peu qualifiées que le complément d’activité de libre choix incite à se retirer du marché du travail et qui, une fois de retour, retrouvent des conditions d’emploi plus précaires qu’avant. Aucun dispositif actuel ne vient aider les femmes qui sont en rupture de l’allocation de parent isolé à trouver une nouvelle activité. Je pense au plus d’un million de femmes qui travaillent au temps partiel contraint. Là aussi, il faut cesser les beaux discours, il faut arrêter de louvoyer. J’exigerai que la loi soit appliquée, ce qui n’a pas été fait jusqu’ici, et j’y mettrai les moyens et la volonté politique nécessaires.
- Enfin, l’une des évolutions la plus inquiétante est celle qui était évoquée tout à l’heure, celle des travailleurs pauvres, comme s’il était tolérable que dans la cinquième puissance industrielle du monde on ne puisse pas vivre dignement de son travail. Pour un socialiste d’ailleurs, pour un militant de gauche, accoler le mot “travail” et le mot “pauvre” c’est tout simplement intolérable. On parle même “d’invisibles”.
Et bien moi je vous le dis, non seulement les travailleurs pauvres doivent devenir visibles, mais encore ils doivent retrouver leur dignité. Et c’est pourquoi je me suis engagé, et je le redis ici, à créer le Revenu de Solidarité Active, qui nous a fort bien été expliqué tout à l’heure. Et quand l’on nous dit : “ça coûte cher”, et comme l’a dit Martin Hirsch tout à l’heure : “ça coûte cher, mais cela rapporte aussi !”Parce qu’une société qui se relève, une France qui croit en elle et qui rend la dignité du travail aux millions de personnes qui en sont privée, cela permet aussi aux familles de bien fonctionner et aux enfants de sortir de la pauvreté. Donc ensuite, ça permet la réussite scolaire, et donc que d’économies sur les dégâts sociaux qui coûtent si cher à une société.
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Je voudrais pour terminer vous parler de la nouvelle donne que la puissance publique devra passer avec les entreprises, dans une logique de résultat. Bien sûr elles auront le droit de percevoir des subventions ou des allègements de charges pour être davantage compétitives. Mais elles auront aussi le devoir de s’engager en termes d’emplois créés, de qualité de ces emplois et de pérennité de ces emplois. Sinon, si les entreprises perçoivent des fonds publics puis ensuite licencient ou délocalisent alors les aides publiques seront récupérables, elles rembourseront. Et nous devrons pour encourager les entreprises qui investissent et qui innovent moduler l’impôt sur les bénéfices des entreprises, pour distinguer celles qui vont de l’avant, celles qui créent des emplois et puis celles qui se contentent de distribuer des dividendes, et souvent au passage, d’annoncer des plans de licenciement pour faire monter le cours en bourse. Il faudra distinguer les unes des autres.
Tel est, mes chers amis, le contenu du nouveau pacte pour l’emploi et la responsabilité nouvelle que j’assigne à la puissance publique. Cela permettra à notre pays de retrouver l’énergie, la détermination et la réussite qui lui font défaut aujourd’hui.
Quand le MEDEF, applaudi par la droite, parle de « séparabilité », il invente des vocabulaires assez étrange, cela veut dire simplement le tri entre les salariés et comprenons bien que derrière ce mot il s’agit du travailleur jetable. Nous nous n’en voulons plus de travailleurs jetables, parce que la croissance a besoin de confiance et donc de nouvelles sécurités économiques et sociales qui permettent à chacun de bâtir des projets d’avenir.
Les conservateurs n’ont, au fond, pas compris l’essentiel : la relance de la croissance suppose un changement radical de politique qui fasse de la justice sociale et de la qualification des salariés non pas l’ennemie mais au contraire le ressort de la performance, et qui fait du capital humain, non pas une variable d’ajustement mais au contraire la principale richesse à valoriser, et la condition de notre avantage concurrentiel le plus durable.
Alors oui, je vous le dis, je veux être porteuse pour le pays d’un nouveau modèle de développement qui lie solidement ensemble le plein emploi et le pouvoir d’achat, l’innovation et la création d’entreprises et l’esprit d’entreprendre, l’investissement dans la formation et la sécurisation des parcours professionnels, et le développement écologiquement responsable et donc économiquement et socialement fructueux. Bref, les bases solides de la confiance et de la vision de l’avenir.
A l’arrogance du gouvernement, aux adversaires du code du travail, à ceux qui disent que : “la liberté s’arrête là où commence le code du travail”, moi j’oppose la vertu efficace du diagnostic partagé, comme nous l’avons fait ce soir, des efforts équitablement répartis et d’une démocratie sociale forte d’un syndicalisme respecté qui permet de rééquilibrer, dans l’intérêt bien compris des entreprises et de la nation, les rapports entre le capital et le travail.
Et il faudra bien, une bonne fois pour toute, prouver aux Français, et je le ferrais pendant cette campagne de l’élection présidentielle, prouver que le capital sera définitivement plus taxé que le travail.
Au faux patriotisme économique, dont on a entendu parler par le chef actuel du gouvernment, privatiseur de GDF et fauteur de vie chère, j’oppose le volontarisme industriel à l’échelle française comme européenne et l’Etat garant d’un pacte social affermi et rénové.
A la bureaucratie centralisée, j’oppose la confiance faite aux Régions et aux territoires pour mobiliser les chercheurs, les universitaires et les entreprises dans les pôles de performances.
Le laisser faire, le laisser aller, ça ne marche pas. On le sait maintenant. Il est temps que la volonté politique reprenne la main pour bâtir un ordre économique juste et des sécurités sociales durables qui l’emportent sur les dérives d’un capitalisme spéculatif qui choisit la rente contre l’investissement.
La France est porteuse de nombreux atouts que la droite a gaspillés : j’en ferai les leviers d’un redressement solidaire.
Je réhabiliterai la valeur travail, car aujourd’hui ceux qui la détruisent ce sont les contrats précaires, les discriminations à l’embauche, les salaires bloqués et l’inquiétude du lendemain. C’est tout cela qui sape la valeur travail. Et la santé d’une économie dépend de la motivation de ceux qui travaillent et les entreprises compétitives, on le sait, sont celles qui respectent leurs salariés, qui les forment bien, qui les payent bien et qui mobilisent toutes les compétences.
Je ferai le pari de l’intelligence collective et de la capacité des Français à définir ensemble un intérêt général sans perdants et sans humilier.
Nous relèverons la France en nouant dans la clarté, sur des objectifs précis et négociés, ce pacte à trois, les entreprises citoyennes qui vont de l’avant, les salariés qui auront leur mot à dire et qui seront associés bien en amont pour pouvoir partager les objectifs de l’entreprise, et la puissance publique qui sera la garante de la justice de ce pacte.
C’est pourquoi ce soir, j’appelle toutes celles et tous ceux qui veulent rejoindre ce mouvement de la France qui se bat et qui se relève, de ce mouvement de conquête, je vous appelle à faire gagner la France qui croit en elle en 2007.
Mineurs récidivistes, qu’en faire ?
J’ai regardé l’émission ‘Ripostes’ diffusée sur France 5 le dim. 17 déc. consacrée à S. Royal et le sujet des mineurs multi-récidivistes a été abordé. Les réponses apportées n’ont pas été très claires à mon avis. J’aurais seulement une proposition à soumettre. Ne serait-il pas enviseagable d’exiger des mineurs multi-récidivistes d’obtenir un diplôme (Bac ou Bac pro, BEP, Brevet etc.) pendant leur séjour en prison et que cette obtention soit obligatoire en vue d’une libération ? Car il n’y a rien de pire qu’un mineur passant une ou deux années en prison à faire de la muscu et ressortant encore plus fort et toujours pas instruit. On peut envisager que des cours soient donnés en prison, sous surveillance, que l’on propose à des professeurs de collège ou lycée de venir faire ces cours en dehors de leurs horaires habituels avec des primes conséquentes…
Ce projet me paraît raisonnable mais peut-être n’ai-je pas toutes les données nécessaires à sa compréhension complète… Si quelqu’un veut réagir sur cette question, je l’en remercie !!
Benoit
Ce que je veux dire à Nicolas Hulot - Le Nouvel Observateur
Le « pacte écologique » est un engagement qui touche au coeur de l’exigence environnementale, mais je propose de lancer dès maintenant une nouvelle étape allant au-delà.
J’ai placé l’excellence environnementale au coeur de mon programme et je placerai le développement durable au coeur de mon action. La France doit devenir exemplaire en matière de politiques publiques visant au développement durable dans l’ère de l’après-pétrole.
Dans ma région, j’ai appliqué cette politique par la preuve en assignant l’objectif d’excellence environnementale au territoire, notamment avec l’initiative Climat qui reprend les objectifs de Kyoto. Depuis le Sommet de Rio en 1992, où je représentais la France en tant que ministre de l’Environnement, l’évolution n’est pas bonne. Pourtant, la prise de conscience est là. Manque la volonté politique. Nous avons une responsabilité historique face aux défis du changement climatique et à la préservation de la biodiversité. Nous ne devons pas avoir peur d’affronter cette réalité nouvelle, mais au contraire la saisir comme l’occasion d’une révolution douce dans nos modes de production et de consommation.
Le bilan de la droite sur le développement durable est catastrophique pour la France : dégradation de la recherche, comme l’a relevée la revue de référence « Nature » le 23 novembre 2006, recul sur la taxe sur les véhicules polluants, baisse du budget de l’Ademe… Le dernier plan national d’allocation des droits d’émission a été retiré par le gouvernement français au dernier moment, pour éviter un refus certain, car il prévoyait des quotas d’émissions supérieurs à ceux de 2005. En matière de développement durable, la gauche et la droite, ce n’est pas équivalent !
Le panorama présenté par Nicolas Hulot dans son livre est une bonne base de travail. Je suis favorable à la signature du « pacte écologique » et je me réjouis du succès de cette initiative qui traduit la maturité de l’opinion publique.
Mais le schéma proposé est incomplet : le développement durable est un problème éminemment politique. Les solutions technologiques ou fiscales ne suffiront pas. De puissants lobbies sont dans la place, comme nous l’avons vu sur la directive Reach (contre les composants chimiques toxiques) : il faut une volonté politique inébranlable pour leur faire face et pour réorienter l’économie. Il y a un lien entre les enjeux environnementaux globaux et les questions de pauvreté et d’immigration. Le véritable défi est de concilier la lutte pour l’environnement avec l’urgence sociale et la croissance économique durable.
Je suis animée par cette volonté et je m’engage, si je suis élue, à mettre tout en oeuvre pour que la France devienne le pays leader de l’excellence environnementale, de la réussite économique et de l’ordre social juste.
De même, j’affirme ma volonté de tenir bon sur les mesures les plus difficiles, celles qui engagent les rapports de force les plus délicats et qui permettent des sauts qualitatifs importants. J’annoncerai tout au long de ma campagne les actions que je défendrai après mon élection : je m’engage ainsi à ce que plus un seul permis de construire ne soit délivré s’il n’intègre pas les énergies renouvelables. Cela permettra un cercle vertueux « gagnant-gagnant » : les mesures étant annoncées à l’avance, avec l’assurance que mon engagement sera inflexible, le secteur économique pourra anticiper les décisions, ce qui permettra à la fois des améliorations de l’environnement et la création de milliers d’emplois.
Voilà la nouvelle donne environnementale que je veux instaurer : je ne veux pas d’une politique environnementale punitive, qui alourdit l’impôt. C’est la force de l’anticipation et la stabilité de la volonté politique qui forment le socle indispensable du « pacte écologique » auquel je m’engage. En matière environnementale, il n’y a rien de pire que l’instabilité juridique, car cela rend impossibles les anticipations.
Si je suis élue, c’est la présidente de la République qui sera garante des choix de la croissance durable !Si le climat n’a pas de frontière, le changement climatique et le passage à l’après-pétrole ne frapperont pas tout le monde de la même manière. Certes le diagnostic de la crise n’est ni de droite ni de gauche, mais seule une véritable politique de gauche permettra d’éviter que ce soient les plus modestes qui soient les plus touchés par les désordres écologiques. Je souhaite que la structure gouvernementale reflète les trois axes de notre action : priorité à l’excellence environnementale, à parité avec les préoccupations sociale et économique. Il y aura donc, aux côtés du Premier ministre, ces trois piliers de l’action gouvernementale, à autorité et capacité d’intervention égales.
Nicolas Hulot défend la démocratie participative pour la définition et la mise en oeuvre de ces politiques. J’en suis la plus ardente avocate, car pour que les rapports entre science et société ne soient plus marqués par la défiance et le soupçon, nous devons développer des conférences de consensus.
Quant aux interrogations sur l’agriculture, là encore, je m’appuierai sur ce que je fais en Poitou-Charentes comme preuve de mon engagement pour que les subventions soient réorientées vers l’agriculture biologique et les filières durables, et approvisionnent les cantines publiques et pour que les cultures OGM de plein champ soient interdites. En tant que présidente, je négocierai la réforme de la politique agricole commune.
Je vous propose une nouvelle étape
Les cinq propositions de Nicolas Hulot sont des « premiers pas ». Il faut renforcer notre engagement sur les changements climatiques (la taxe carbone ne suffira pas) et le rendre cohérent avec les mesures sectorielles proposées (sur l’agriculture par exemple). Je m’engage donc sur :
- l’exemplarité de l’Etat et des administrations en matière d’excellence environnementale ;
- une politique des transports ambitieuse prolongeant les mesures encore trop faibles du Plan Climat ;
- l’incitation des entreprises à faire des efforts importants de recherche et développement pour l’efficacité énergétique ;
- la réduction de l’utilisation des substances dangereuses pour la santé publique.
A ce stade, la formulation des objectifs est centrée sur la France, sur l’intervention de l’Etat et finalement assez peu sur une démarche préventive et incitative, y compris au niveau des territoires et des entreprises. Les développements sur l’économie de la fonctionnalité sont pertinents, mais pourquoi ne pas mettre à contribution les industriels et la grande distribution ? La sobriété doit intéresser tous les secteurs industriels : certains pourraient être utilisés comme pilotes. C’est le cas des industries de l’emballage.
Les conséquences de la raréfaction des ressources fossiles sont insuffisamment soulignées. Le cadre français ne peut suffire à traiter cette question. Il faut envisager la dimension politique, les implications sociales et géostratégiques, et l’espace européen.
Nous avons à construire un nouveau pacte national, semblable à celui qui, après la guerre, a permis la reconstruction de l’Europe !
Je m’engage pour que soient préservées les valeurs de solidarité entre générations, entre régions, entre pays, entre territoires, entre activités économiques (celles qui dépensent de l’énergie, celles qui en consomment moins) et même entre régions du monde (les zones productrices de pétrole, les zones importatrices) contre les déséquilibres générateurs de tensions et de menaces sur la paix.
En matière internationale, une Organisation mondiale de l’Environnement sans pouvoirsne suffit pas : un Conseil mondial du Développement durable doit assurer la primauté des droits fondamentaux, sociaux et environnementaux dans le cadre d’une nouvelle hiérarchie des normes internationales. L’intervention européenne coordonnée est nécessaire pour une politique européenne durable qui permettra d’éviter que la libéralisation des marchés ne débouche sur la constitution de trusts de l’énergie. Cette politique s’appuiera sur la création de pôles de compétitivité européens, notamment en faveur d’investissements massifs dans les énergies renouvelables.
L’Europe par la preuve doit être au centre de la politique environnementale. Dès la présidence allemande en 2007, et surtout pendant la présidence française de l’Union européenne en 2008, il faudra travailler à une nouvelle politique européenne de l’environnement et de l’énergie autour d’un groupe d’Etats ayant une approche commune et engageant un vaste programme de recherche, d’économies d’énergie et d’investissement (ferroutage).
Je m’engage à oeuvrer au sein de l’Union européenne à la réintégration des Etats-Unis ainsi que de la Chine et de l’Inde (assortie de conditions) dans le processus de négociationpost-Kyoto. Pour être efficace, la mobilisation doit être planétaire.
Je m’engage également pour que toutes les initiatives des collectivités locales (comme la nouvelle Charte du Développement durable des régions) soient encouragées par l’Etat. Quant à la proposition de taxe carbone, elle doit être évaluée avec soin et n’est en tout cas pas suffisante. Elle ne doit pas pénaliser injustement les plus modestes. Elle devrait permettre d’investir dans la recherche et le développement, les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique, l’isolation, le ferroutage, les transports collectifs en ville.
Cette taxe ne peut s’envisager sans un schéma de compensation efficace. La baisse des charges sociales sur le travail (pour éviter les délocalisations d’activités consommatrices d’énergies fossiles) peut être une piste. Il faut mettre en place une fiscalité environnementale globale. Un moyen rapide et efficace d’intervention consiste à introduire une variable environnement dans les multiples instruments fiscaux existants : je m’engage pour une TVA tendant vers zéro pour toutes les écoactivités et les produits responsables.
Il faut enfin lancer un vaste plan d’économies d’énergie. L’isolation des habitations est cruciale : toutes les chaudières au fioul devront être remplacées sous cinq ans, avec le soutien d’aides fiscales. Je m’engage pour que des aides à l’isolation dans les logements anciens soient accordées. L’efficacité énergétique passe aussi par des normes sévères sur les appareils électroniques et les éclairages. Je m’engage à une réforme des marchés publics en faveur de critères environnementaux favorisant les nouvelles filières (papiers recyclés, bois certifiés).
En matière économique, la labellisation environnementale rend attractifs des produits qui tout au long de leur cycle de vie respectent les normes environnementales. Le bien-être environnemental, la qualité de l’air, de l’eau sont aussi importants que la croissance du PIB, dont les critères doivent être modifiés. C’est aussi un enjeu de santé publique, permettant d’assurer à chacun - salariés ou consommateurs - que sa santé n’est pas mise en danger.
Merci à Nicolas Hulot d’avoir fait émerger la prise de conscience de l’urgence écologique. Il a montré que les Français se soucient de l’état dans lequel ils laissent la planète aux générations futures.Je veillerai à ce que cette question reste centrale tout au long de la campagne.
Je m’engage aujourd’hui, comme je l’ai fait en tant que ministre et dans ma région, en faveur du développement durable. Je ferai de l’environnement l’un des coeurs de mon action, comme un pilier de la croissance durable et de l’ordre social juste.
Discours de Ségolène Royal au Congrès de l’Association des Régions de France à Dijon
Chers collègues, Mesdames et messieurs les élus,
J’ai un grand plaisir que nous nous retrouvions à ce deuxième Congrès de l’ARF sur le thème des régions qui préparent l’avenir
Il y a un paradoxe aujourd’hui : les Français sont très attachés à leur territoire, leur région, de leur département, leur ville, et en même temps selon un récent sondage 45 % estiment que la décentralisation est allée trop loin mais une proportion encore plus importante (54 % des Français) estime que c’est parce qu’elle n’a pas été accompagnée des moyens suffisants et qu’il y a une crainte que cela entraîne une inégalité entre les territoires.
Pourtant, malgré le recul de l’idée de décentralisation, les Français sont très attachés à leur région et à leur commune. C’est pour cela que je propose une réconciliation entre l’Etat et les territoires, avec à la fois un Etat fort, qui assure les services publics, l’égalité entre les droits, l’équité entre les territoires, d’une part, et des régions qui ont les moyens d’agir au plus près des citoyens, d’autre part.
Je veux à la fois un Etat fort qui donne les règles et qui assure l’égalité entre les territoires et libérer les énergies ainsi que les intelligences territoriales. Ce qui m’importe, c’est un Etat qui protège dans ses grandes compétences, qui assure les grands services publics, et qui sécurise l’égalité de développement et qui donne une impulsion.
Si les régions et l’Etat avancent dans le même sens pour créer des emplois et développer la compétitivité, améliorer les qualifications professionnelles et investir dans l’environnement, alors nous pourrons tirer la France vers le haut et lui donner toutes ses chances.
Les Français ne le savent pas suffisamment, les régions ont fait leur preuve.
Prenons l’exemple des lycées. Combien en 1986 étaient d’une vétusté indigne de notre pays, indigne pour les conditions de vie et de travail des élèves et des enseignants, et source d’inégalité ? Depuis, des centaines d’établissements ont été construits et la quasi-totalité du parc a été rénové.
Plus encore, les Régions se sont investies dans le service public de l’éducation et ont permis une rénovation des pratiques pédagogiques : elles financent des équipements scolaires, des parcs informatiques, des actions éducatives et sociales.
Prenons l’exemple des trains. Les régions ont hérité d’un réseau vieillissant, peu performant, délaissé (et à regret) par les usagers. En moins de 10 ans, en achetant des trains, en rénovant les gares, en multipliant les dessertes, en re-ouvrant des lignes elles ont fait des TER un moyen de transport collectif moderne, attractif, écologique, qui connaît une croissance impressionnante.
J’ai pris ces deux exemples, connus de tous, mais je pourrais multiplier le récit des expériences réussies, dans la formation professionnelle, l’environnement, le développement économique ou encore l’aménagement des territoires.
Ce bilan révèle une évidence : les Régions sont suffisamment proches des citoyens pour en connaître les besoins ainsi que leurs aspirations, et d’une taille suffisante pour organiser les solidarités et les synergies autour des bassins de vie. Cette expertise leur permet de saisir les attentes de la société, et de les confronter aux réalités économiques et sociales. C’est ainsi qu’elles apportent leur contribution au développement de notre pays, en même temps qu’au lien social. Les Régions apparaissent comme un échelon moderne, et pertinent pour réussir le changement vers une France responsable et solidaire.
Certains voudraient que ce désir d’action régionale soit en fait une volonté de démantèlement de l’Etat ou une sorte de revanche de la province sur Paris. C’est inexact et absurde.
Aujourd’hui, les initiatives régionales sont entravées, le Gouvernement actuel leur a mis un boulet aux pieds, chacun en connaît les raisons, parce que la loi ratée sur la décentralisation a créé des désordres, des confusions, des transferts d’imports, des chevauchements de compétences. Au total, c‘est l’intérêt général qui s’en est trouvé affaibli.
Il est temps de mettre en place un ordre territorial juste, c’est-à-dire :
1. A chaque transfert de responsabilité, un transfert de ressources juste et préalablement défini ;
2. La création d’un fonds national pour l’égalité entre les territoires
3. La clarté dans les responsabilités et donc dans l’obligation de rendre des comptes
C’est aussi le moyen de veiller à la solidarité entre les territoires, notamment en direction des régions d’Outre-Mer qui doivent faire face à des défis démographiques et environnementaux que nous devons accompagner.
Autrement dit, l’Etat doit faire confiance aux initiatives régionales tout en exigeant en retour des résultats, pour qu’un euro dépensé soit une euro utile et que les gens s’y retrouvent dans le qui fait quoi, qui est responsable de quoi, pour que la démocratie fonctionne. .
Au vu du travail accompli, et grâce aux échanges entre nous, au vu des choses formidables qui se passent en région, de ma propre expérience, j’ai la conviction que pour aller mieux, la France a besoin de mettre encore plus fortement ses régions en mouvement.
Il y aura donc une nouvelle étape de la régionalisation parce que c’est une façon de lutter contre la dispersion des crédits publics et de donc de lutter contre les déficits publics, comme l’ont fait les autres pays européens. Chez nos voisins, c’est le double mouvement de régionalisation et de renforcement de l’autorité de l’Etat qui a contribué, comme les chefs de gouvernement suédois, espagnol ou italien me l’ont confié, pour une grande partie au rétablissement des comptes publics. .
La future loi sur les intelligences des territoires s’appuiera sur les résultats de l’action concrète des régions.
Elle portera sur quatre domaines :
1. L’accès au premier emploi et au logement pour les jeunes :
2. La mise à niveau des moyens des universités (bâtiments, vie étudiante, nouvelles technologies, …) en conservant bien évidemment la compétence de l’Etat sur les diplômes ;
3. Le développement économique, en s’appuyant sur la recherche et l’innovation
4. L’excellence environnementale.
Pour préparer dès maintenant cette nouvelle étape et mettre en œuvre ces principes, je vais réunir des groupes de travail associant l’ensemble des présidents de régions, en liaison avec les départements et les villes, pour que nous ayons des propositions concrètes.
Aujourd’hui, je propose que nous lancions cinq mesures pour les jeunes, parce qu’il n’est pas normal que notre pays soit celui qui a le taux de chômage des jeunes le plus élevé en Europe, celui où les jeunes diplômés ne peuvent accéder à un emploi, celui où la jeunesse ne peut déployer ses initiatives.
Ces cinq mesures pour les jeunes sont les suivantes :
- soutenir l’accès au premier emploi des jeunes diplômés ;
- mobiliser les compétences des régions pour que chacun et chacune ait un métier dans notre pays ;
- soutenir les créateurs d’entreprise, avec un chèque régional et le suivi apporté par les ateliers de la création ;
- mettre à niveau les moyens des universités (bâtiments, vie étudiante, nouvelles technologies, …), à l’image de ce que nous avons collectivement réussi dans les lycées, en conservant bien évidemment la compétence de l’Etat sur les diplômes ;
- organiser l’accès au logement de tous les jeunes, qu’ils soient étudiants ou jeunes travailleurs,
La réactivité des régions permet d’avancer vite ensemble, en s’appuyant, par exemple, sur le travail qui a été fait après les émeutes des banlieues, il y a un an, pour l’insertion professionnelle des jeunes, avec les contrats ressources qui ont été mis en place ici en Bourgogne par François Patriat et à Dijon par François Rebsamen.
De même, comme je l’ai fait en Poitou-Charentes, nous pouvons efficacement et rapidement soutenir les créateurs d’entreprise, avec les ateliers de la création qui accordent un chèque création d’entreprise aux TPE.
J’invite toutes les régions à faire de même et tous les mois nous rendrons compte de ces actions concrètes.
La véritable réforme de l’Etat, c’est la régionalisation, car cela renforce effectivement le pouvoir de l’Etat et cela rend plus efficace l’action publique.
Je veux que les Français reprennent confiance dans leur pays et dans leur Etat, je veux construire une société de confiance entre l’Etat et les territoires.
A l’heure de la mondialisation, il n’est pas contradictoire de renforcer l’attachement des Français à leur territoire au contraire c’est en étant bien sécurisé sur ses racines et sur les lidentités et traditions culturelles que l’on peut s’ouvrir sur les cultures du monde. L’esprit régional et le métissage vont de paire dans une France tournée vers l’avenir, assurée de ses valeurs et qui n’a aucune raison d’avoir peur des autres, au contraire, comme le prouvent les 160 pôles de compétivité auxquels je donnerai les moyens de se développer avec puissance, en soutenant davantage les coopérations interrégionales ou européennes.
Je voudrais aussi rendre hommage à toutes les expériences de démocratie participative qui se sont développées sur les territoires