Autour du débat de Jean François Copé sur France Europe Express
Suite au débat du 17 décembre 06 de France Europe Expresse, dont Jean Francois Copé était l’invité, voici quelques observations :
En suivant ce débat comme beaucoup, nous devons avouer que les téléspectateurs n’ont pas du retenir grand-chose, sauf qu’aucun de ceux présents sur le plateau n’était d’accord sur rien. Enfin simple répétition des faits politiques… Ainsi on pouvait retenir que la France n’était qu’une idée, ce qui est complètement inexacte car si c’était le cas la France ne serait bientôt que ruine et désolation. La France, plus qu’une idée vague et de l’ordre de la théorie, ne doit-elle pas plutôt être vécue, construite et ressentie nativement par quiconque se revendiquant d’être français ? N’est-il en effet pas plus raisonnable de penser que l’individu devrait ressentir son pays plutôt que d’intellectualiser l’idée que le sens commun s’en fait ? N’en résulterait-il pas une intégration naturelle et évidente plutôt qu’une déformation de l’individu voulant appréhender les rouages, jusqu’alors inconnus d’une culture différente de la sienne. N’oublions pas que la France, poussée par son peuple a pris 15 siècles pour se construire culturellement et socialement.
Malheureusement pendant ce débat télévisée, la notion de devoirs associée aux droits ne semblait avoir été évoquée que pour la forme et le politiquement correcte, tout un chacun sachant bien que cette notion ne pèse pas bien lourds par rapport à son associé. Dommage dirons-nous, quand on pense que les fameux droits dont se prévalent beaucoup de nouveaux français sont belles et biens les conséquences des devoirs dont les français bâtisseurs se sont toujours acquittés. Les droits sont la récompense, et le devoir le labeur associé.
Nous voudrions à notre tour apporter nôtre pierre à l’édifice de ce grand débat d’actualité sous la forme d’un exemple pour montrer à quel point la France, depuis une quarantaine d’années malmène son pays ainsi que ceux qui propage « l’idée française » en la vivant au quotidien. Cela nous emmène à faire connaître un trait de l’histoire, pas toujours évidente, des franco-mauriciens de l’ancienne île de France aujourd’hui île Maurice :
En oubliant les Franco-mauriciens, la France ne laisse-t-elle pas sur ceux-là le poids de son passé esclavagiste?…
“Et, pendant ce temps, la France brûle, ses banlieues s’enflamment,sa culture est mise à mal par ceux-là même qu’elle a reconnus en son sein”.
Alors que contrairement à tout cela, nous les misérables descendants de français, prisonniers de notre rocher, non reconnu par quiconque, à l’inverse de ces fauteurs de désordres, avons non seulement conservé la culture française, mais aussi promue bien au-delà de nos petites frontières.
N’avons nous pas assez souffert de la mésaventure de nos ancêtres ? e colonisateurs qu’ils étaient, ne se sont-ils pas retrouvés du jour au lendemain au statut de colonisés par les Anglais? Du même coup, n’ont-ils pas perdu leur citoyenneté Française ? Pourquoi serions-nous responsable du malheur actuel des descendants d’Esclaves ?
Pourtant, certaines belles âmes ne se privent pas de le clamer!
Ainsi, par anachronisme, nous serions rendus responsables de la pratique de l’esclavage de nos ancêtres, parce que nous sommes leurs héritiers.
Non! Nous ne sommes pas redevables de quoi que se soit!
Pour être responsable, il aurait fallu que nous soyons les vrais héritiers de nos ancêtres. C’est à dire être français comme eux!
Une comparaison amusante et paradoxale serait de dire que si d’une part les descendants de colons sont autant responsables de l’esclavage que leurs ancêtres du simple fait de leur descendance, d’autre part, ne serait-il pas logique de dire que les descendants d’esclaves sont autant esclaves que leurs ancêtres toujours en raison de la descendance. Avant que divers associassions anti-racistes ne montent au créneau en ne lisant que cette phrase, précisons évidement qu’il ne s’agit là que d’un raisonnement par l’absurde. Il est évident que les descendants d’esclaves sont parfaitement libres à l’île Maurice. Permettez nous donc par symétrie de dire que les descendants de colons à l’île Maurice ne sont plus … colons ni esclavagiste. Nous voyons bien là encore une fois, si le postulat de départ est faux, le raisonnement qui suit est erroné.
Ainsi sur ce triste sujet de l’esclavage ou tant de personnes ont injustement souffert dans leur âme comme dans leur chair, pourquoi ne pas avoir trouvé de solutions plus équitables et raisonnables à leur problèmes ?
On n’hérite pas seulement du passif!
Il serait donc injuste que nous portions seuls toute la responsabilité morale d’une lourde période de l’histoire française, en son temps, durant cette période coloniale.
Ainsi, ce serait plutôt à la France que les descendants d’esclaves devraient présenter leurs doléances.
Nous les descendants de français, aussi paradoxal que cela puisse paraître, nous ne sommes pas français, et c’est dommage! Si nous l’étions, il nous eût été alors possible, du moins pour certains d’entre nous, d’agir plus librement vis à vis des autorités compétentes tant soit françaises ou anglaises afin que soit reconsidéré le cas de tous les oubliés, les vrais descendants d’esclaves.
L’exploitation malsaine de certains politiques ne rend-elle pas plus misérable encore beaucoup de ces descendants d’esclaves ? En tirant toujours vers le bas, exploitant leur misère, ceux-là ne font-ils pas naître en eux un sentiment de haine envers la communauté minoritaire, la communauté blanche ?
En conclusion dirons nous que paradoxalement, la communauté franco-mauricienne de l’île Maurice, accusée de tous les maux de la période coloniale française, ayant toujours promue la culture française et continuant à la vivre au quotidien, n’est pourtant plus « française de papiers » bien que « française de cœur, de culture et de raison ».
Gérard Dufourq - Ile Maurice.