Retraites indexées
Madame ROYAL, vous demandez aux citoyens Français de vous faire part de leurs inquiétudes afin d’étudier quelles solutions il conviendrait d’apporter ! Et bien soit ! Je profite de cette aubaine pour vous rappeler l’existence d’une étude en cours consistant à vérifier le bien fondé de l’indexation des retraites versées aux agents de l’Etat, résidents outre-mer. Un groupe de députés et de sénateurs essaient de tirer des conclusions relatives à ce qu’ils considèrent comme une ineptie. Ces messieurs ne prennent même pas la peine de venir sur place, constater de visu la réalité de l’économie locale. En effet, ils se contentent de s’appuyer sur un rapport établi par la cour des comptes de l’inénarable Monsieur Seguin ; rapport qui en substance, indique l’incongruité de cet avantage ! Partialité ? Avec des loyers moyens dépassant les 1000 € mensuels pour des appartements de type F 3 de milieu de gamme, comment peut-on espérer se loger décemment si le revenu n’est pas indexé ? Faut-il étoffer la communauté des squatters et vivre comme un paria après avoir été un serviteur de l’Etat ? Les propriétaires ne comptent pas baisser les tarifs puisque depuis peu, les sociétés privées qui débarquent en Calédonie pour l’exploitation minière ne regardent pas à la dépense en matière de logement. Quelle peut être la conduite à tenir pour les fonctionnaires retraités qui, en cas de suppression de cet index, seraient relégués aux dépotoirs ? Marié à une Calédonienne, agent de l’Etat, je suis amené à prendre ma retraite sur ce territoire et si une loi devait supprimer cette compensation financière, elle ouvrirait la porte à une précarité exponentielle et à un exode massif de la part des personnels sans attaches locales. Autrement dit, un manque à gagner considérable pour le territoire. Le secteur public contribue largement au bon fonctionnement de la Calédonie par les loyers, la consommation, de la même façon que les subventions allouées par le gouvernement de la République. C’est un système qui permet par ailleurs de limiter le concours financier de l’Etat, dans la mesure où ses agents, actifs ou pas, injectent cette manne incontournable. Des associations se sont montées, sur les différents DOM TOM, afin de faire comprendre à certains irresponsables qu’il n’est pas souhaitable qu’une telle mesure voie le jour. Ces messieurs dames du parlement feraient mieux de s’interroger sur le bien fondé de leurs avantages innombrables et parfois incompréhensibles (comme certaines détaxes !). Bien entendu, il est plus facile de taper sur le voisin que sur sa propre tête ! Cependant, l’électeur qui se cache derrière le fonctionnaire possède une mémoire longue et vindicative ; ceux qui paradent sous les dorures de leurs palais en l’ayant oublié pourraient un jour s’en mordre les doigts. Inutile de rappeler les lois de la multiplication des mécontents à des politiciens qui ont subi un certain 21 avril. Je ne suis ni député, ni sénateur mais comme je vous l’ai indiqué, je vis à Nouméa depuis plusieurs années, je connais ce milieu et ses rouages et suis persuadé que l’obsession d’économies de certains pataphysiciens peut entrainer de lourdes conséquences sur un terrain fragile. Il ne suffit pas d’avancer des pseudo-solutions dans l’espoir de plaire à son patron, encore faut-il qu’elles soient dignes d’intérêts. Vous avez dit, Madame ROYAL, que les territoires d’outre-mer conservaient une grande importance à vos yeux… C’est le moment de le prouver, noir sur blanc. Assurez vos citoyens, isolés au bout du monde, que leur action pour le rayonnement de la FRANCE sera justement récompensé. Assurez-nous que nos retraites ne souffriront pas d’une amputation injuste et injustifiée. Le coût de la vie est ici bien plus élevé qu’en métropole. C’est le prix de l’insularité, le prix de 22.000 km d’éloignement. Alors, plutôt que de frapper aveuglément ceux qui apportent leur compétence à la FRANCE ultra-marine, ne permettez pas à des profiteurs de venir s’installer ici, à l’heure de la retraite. Si vous devez limiter les allocations, exigez de ceux qui n’ont jamais travaillé en Calédonie un minimum de probité, de façon à ce qu’ils renoncent à cet avantage qu’ils ne méritent pas. Je comprends que les DOM TOM ne puissent pas devenir un eldorado pour tous les mercenaires de la retraite. Mais de grâce, permettez à ceux qui ont donné de leur temps, à ceux qui ont bâti et continuent de bâtir un pan de l’avenir outre-mer d’y vivre décemment. L’indexation n’est pas une tare qui fausse l’économie, bien au contraire, elle en est le poumon et le coeur qui, à chaque respiration, à chaque battement, insuffle la vie, tout simplement.