Que faire pour que tous les élèves réussissent leur entrée en 6ème ?

May 18th, 2006 No Comments   Posted in Analyses de S.Royal

Confiance et exigence, respect et solidarité, égalité des chances sont les valeurs sur lesquelles les internautes fondent une rénovation de la scolarité des élèves de sixième.
Bien loin des propos fatalistes, les contributions recueillies sur le site sont ambitieuses. Je suis sensible à l’énergie, à la volonté et à l’enthousiasme manifestés par les parents et les enseignants, qui ont participé en grand nombre au débat.
Je suis heureuse que ce débat ait porté non seulement sur la maîtrise des savoirs fondamentaux, mais aussi sur l’épanouissement, le développement, la curiosité d’esprit et la transmission de l’envie d’apprendre.
La réussite des élèves en classe de sixième pose la question fondamentale de la scolarité au primaire. Nous avons trop, par le passé, estimé que l’école primaire marchait bien, et nous avons concentré les efforts contre l’échec scolaire sur le collège. Or, c’est dès le primaire que nous devons être attentifs et prévenants. Nous devons nous fixer cinq objectifs pour l’excellence au primaire :

Garantir les acquis fondamentaux

« Lire, écrire et compter » sont les savoirs fondamentaux. Il s’agit du bagage commun indispensable à chaque élève au sortir du CM2. L’école doit garantir à tous la maîtrise de ces savoirs.
Mais pour cela, nous devons détecter le plus en amont possible les difficultés rencontrées par certains élèves. Pour les moins assurés d’entre eux dans l’acquisition de ces savoirs, des dispositifs de soutien diversifiés devront être imaginés : rythmes d’apprentissage différenciés, approches personnalisées, contrôle régulier des compétences, tutorat, … Les pays qui ont fait porter le gros de leurs efforts sur la réussite scolaire au primaire, sont ceux qui ont le moins de sorties du système scolaire sans diplôme.

Restaurer le respect à l’Ecole

J’ai bien noté la préoccupation régulièrement manifestée par les internautes d’un effort à conduire en ce qui concerne le comportement des élèves. Il faut impérativement créer des conditions favorables à la transmission des connaissances : sérénité dans la classe, respect de l’enseignant et de l’institution.
Le savoir-être est la condition sine qua non de l’acquisition du savoir.
Restaurer le respect de l’autorité au sein des écoles et des établissements est une des clefs de la réussite, j’en suis convaincue.

Amélioration de l’articulation Ecole / Collège

Je retiens que nombreux sont les internautes qui prônent l’intervention d’un nombre réduit d’enseignants pour les classes de 6ème et parallèlement l’intervention de plusieurs professeurs des écoles dès le CM2 afin de mieux accoutumer l’enfant au collège. C’est une piste essentielle pour éviter que les élèves ne se sentent perdus à leur entrée au collège.
Meilleure implication des parents dans la scolarité de leur enfant

Que ce soit parce que l’école n’est pas un lieu facilement accessible aux parents, ou parce qu’ils ne perçoivent pas l’importance de leur implication, nombre de parents n’accompagnent pas suffisamment les efforts de l’équipe éducative dans la scolarité de leur enfant. C’est pourtant une des clefs de la réussite.

Ce sujet est l’objet de nombreuses expériences, notamment dans les ZEP : il faut recenser les pratiques innovantes et efficaces et en assurer la généralisation afin que, de façon cohérente et complémentaire, familles et enseignants contribuent à la réussite des élèves. Il faut réinstaurer le dialogue là où il fait défaut.

Réorganisation de la formation des enseignants

Nombre de témoignages l’attestent, les enseignants s’investissent et sont disposés à le faire davantage dans la réussite des élèves dès lors qu’ils seront mieux préparés à exercer leur métier.
Le besoin d’une formation mieux adaptée à la réalité de la fonction d’enseignant est régulièrement exprimé. Il est indispensable de mieux préparer les jeunes enseignants à leur métier, de veiller à ne pas les affecter dans les établissements les plus difficiles au début de leur carrière et les aider, par la formation continue, à renouveler leurs pratiques pédagogiques.

Je retiens de ces débats riches et constructifs, une mobilisation forte des parents et des enseignants pour défendre les valeurs d’une école plus juste et mieux respectée que j’entends promouvoir de toutes mes forces. L’éducation est la clé de la réussite de chacun. L’éducation est la clé de la réussite de notre pays.


Téléchargement : comment concilier la rémunération des créateurs et la liberté des internautes ?

May 18th, 2006 No Comments   Posted in Analyses de S.Royal

Ce débat a suscité un grand intérêt, avec plus de 600 contributions, de haute tenue. Sur un sujet particulièrement complexe et controversé, croisant la culture, l’économie, le droit et la technique, la méthode du forum participatif a montré toute sa pertinence.

Le premier point que je retiens de ce débat, c’est que le numérique et le P2P sont une chance et non, comme certains le disent, une catastrophe :

Démocratisation de l’accès à la culture, grâce à des coûts très faibles de diffusion des œuvres ;
Intimité plus grande du public avec les oeuvres, qu’il peut s’approprier et faire à son tour connaître (réalisation de playlists, de compils,…) ;
Préservation du patrimoine culturel, le numérique permettant d’avoir accès à des œuvres rares ou introuvables sur support classique.

Un internaute sur trois télécharge sur les réseaux P2P : il  faut donc d’abord se demander pourquoi plusieurs millions de nos concitoyens s’adonnent à une pratique aujourd’hui illégale, malgré les inconvénients techniques (qualité moyenne des mp3, temps passé) et les risques pénaux. Face à ce mouvement de masse, l’industrie musicale a tardé – et tarde encore – à tirer parti de l’internet. Elle devrait pourtant se mettre à la page du numérique et partir à la reconquête du public. La défense d’un modèle technique obsolète ne peut que conduire à des déboires économiques.

A mes yeux, s’il est indispensable de permettre une rémunération juste des créateurs et de ceux qui les entourent, il ne saurait être question de maintenir artificiellement des modèles économiques dépassés par l’évolution technique, et de maintenir un cadre légal en décalage complet avec le progrès technologique et les aspirations manifestes du public. Je crois qu’on peut trouver, sur ce sujet, comme sur tous les autres, des solutions qui tirent toutes les parties prenantes vers le haut.

C’est le contraire que fait le gouvernement avec la loi DAVDSI : cette loi est inspirée par la peur du numérique, elle exacerbe les oppositions stériles entre le public, les créateurs, les producteurs, les diffuseurs.

La DADVSI n’apporte rien aux créateurs : ni en termes de rémunération, ni en termes de droits nouveaux. Elle rogne les droits du public, avec la remise en cause larvée de l’exception pour copie privée. Elle ne crée pas un cadre favorable pour les nouveaux intermédiaires du numérique, pour ceux qui inventent les services de demain. Pire : elle va compliquer plus encore l’émergence de services et d’entreprises innovantes.

Enfin, pour maintenir coûte que coûte le principe d’une interdiction des échanges non-commerciaux d’œuvres numérisées, le gouvernement a fait voter des dispositions inapplicables.

En un mot, cette loi conforte un désordre injuste. Je souhaite, ici comme ailleurs, créer un ordre juste. Il faudra donc revenir sur le cadre juridique créé par la loi DAVDSI au niveau français et contribuer à l’évolution du cadre juridique européen et international. C’est à la gauche, historiquement, qu’il revient de faire avancer l’équilibre entre progrès technologique et droits d’auteur : elle l’a fait avec la loi Lang en 1985, mais bien avant cela avec les travaux – inachevés – de Jean Zay et du Front Populaire en 1936.

Après le débat qui vient d’avoir lieu sur le site, je souhaite poser les quelques principes à partir desquels une législation nouvelle devra être mise en place :

Tirer parti de la numérisation et du P2P pour faciliter l’accès des publics aux œuvres et accroître la diversité culturelle.
Permettre à tous, aux auteurs comme aux publics, de bénéficier du progrès technique. Empêcher qu’une catégorie d’acteurs capte ce progrès technique à son profit exclusif.
Reconnaître que les sources de financement de la création en matière culturelle sont et doivent rester diverses (vente à l’unité, prélèvements auprès des exploitants, redevance pour copie privée, etc.). L’Etat ne doit pas privilégier un modèle économique unique pour la diffusion des œuvres culturelles mais favoriser les modèles en phase avec les demandes de la société.
Favoriser l’innovation en matière de circulation commerciale des œuvres numérisées. Le succès du P2P témoigne de l’insatisfaction de nos concitoyens face à une offre culturelle perçue comme trop limitée, trop chère et trop uniforme. Les opérateurs doivent pouvoir développer des services améliorés par rapport à ce que l’on trouve aujourd’hui.
Encourager les créateurs qui se tournent vers les modèles ouverts de propriété intellectuelle de type Creative Commons ou Musique-libre.

Il nous faut sortir du modèle économique unique, et le rôle de l’Etat est de conforter la coexistence entre plusieurs modes de rémunération et de financement :

• Les revenus directs, la vente de fichiers se substituant progressivement à la vente de CD

• Les revenus indirects : les intermédiaires (webradios, plates-formes de P2P) reverseraient une partie de leur chiffre d’affaires aux titulaires de droits en contrepartie du droit d’exploiter commercialement les œuvres. Il faudra, pour cela, inciter les titulaires de droits à licencier leurs catalogues, selon des modalités compatibles avec l’économie de nouveaux entrants et sans les assortir de DRM qui réduisent l’utilité pour les utilisateurs.

• Des revenus « mutualisés », qu’il s’agisse de la redevance pour copie privée, ou de la création, pour les échanges gratuits entre personnes, d’un système de licence globale forfaitaire.

Pour avancer sur cette voie, une concertation approfondie devra être enfin engagée, bien sûr avec tous les acteurs concernés et les citoyens, mais aussi avec nos partenaires européens, une solution exclusivement française étant difficile à mettre en œuvre.


Ségolène Royal vue par des femmes - Libération

May 17th, 2006 No Comments   Posted in Analyses de S.Royal

Habiter les Grésilles, à Dijon, c’est porter l’étoile de la pauvreté. Une ancienne quatre voies balafre le quartier, isolant un peu plus ceux que l’infortune a fixés du mauvais côté, au lieudit Grésilles extension. Les femmes, ici, sont arrimées à leur foyer à vie, faute de travail, faute d’intégration, faute de refuge, avec pour seul horizon les barres HLM alentours.

La Parenthèque est installée là, au rez-de-chaussée d’un bâtiment vétuste de l’Opac, au milieu des habitations, loin des commerces et des centres de loisirs. Sa présidente, Josette, épaule au quotidien les résidentes, des Françaises d’origine maghrébine pour la plupart. Libération veut savoir comment les femmes, ici comme dans quatre autres lieux très différents, perçoivent Ségolène Royal, une femme, mère de famille et étoile montante des sondages pour la prochaine élection présidentielle. Josette, donc, sexagénaire, mère de quatorze enfants, raconte : «Les femmes des milieux populaires ont du mal à accepter l’idée d’une femme président de la République. C’est notamment vrai pour les familles monoparentales, comme si le fait d’être gouverné par un homme les rassurait. L’émancipation n’est pas faite.» Elle, qui est aussi responsable départementale de la Confédération syndicale des familles, rapporte que «les femmes du quartier ne comprennent pas que je m’absente le vendredi pour assister à des réunions à Paris. Si je leur disais que c’est pour garder mes enfants, ça ne poserait pas de problème…» Samia, surveillante de lycée en congé maternité, confirme l’analyse : «Les gens des Grésilles ont une vision traditionnelle : l’homme incarne le pouvoir, il rassure, il sait et il arrange. L’image de la femme reste une image d’impuissance. Les gens ne sont pas informés, ils vivent en cercle fermé, dans leur monde à eux. Il faut un certain niveau culturel pour s’émanciper.»

«Le problème : son côté bourgeoise»

Autre décor, mais toujours la même réticence. A Neuilly-sur-Seine, fief huppé de Nicolas Sarkozy, même les associations sont bien logées. La façade cossue de leur «maison», sise 2 bis, rue du Château, tranche avec la raison sociale de ses locataires : Alcooliques anonymes, Secours catholique, médiatrice familiale, SOS troisième âge… Ici, personne ne croit aux chances de Ségolène Royal. Mais plus on s’élève dans les étages, moins sa candidature sonne creux. Au 3e ­ aide au troisième âge ­, l’hostilité est immédiate : «Quand on a trois enfants avec trois hommes différents, on ne donne pas de leçon sur la famille !», s’énerve une sexagénaire. Ségolène Royal a quatre enfants, du même. A peine si la dame relève la correction : «Qu’elle ne soit pas mariée me choque énormément : quand on n’est pas capable de s’engager dans son couple, comment peut on prétendre à la fonction suprême ?» Au 4e ­ conseil juridique aux familles ­, une permanente salue le courage de la candidate socialiste, comme César devant le gladiateur sacrifié : «On a eu des femmes extraordinaires comme Françoise Giroud (1), ou Monique Pelletier (2). Chaque fois, leurs collègues masculins leur ont collé des peaux de bananes sous les pieds.» Béatrice, bourgeoise dynamique de 57 ans, sait d’expérience ce qu’il en coûte d’être une femme engagée dans la vie publique. «J’ai vu les hommes à l’oeuvre dans un tas de réunions à Puteaux, Courbevoie, Clichy : ils président sans rien connaître du sujet débattu, uniquement pour signer à la fin. Ils font semblant de vous écouter, puis écartent votre proposition d’un lapidaire “ça peut se défendre mais…” qui vous renvoie à vos casseroles.» Au 5e, étage de la médiation familiale, la compétence de Ségolène Royal ne fait aucun doute. Laurence, aristocrate de 42 ans, mère de trois enfants, dit «sa sincère admiration» pour son action à la Famille. De la candidate socialiste, elle dresse un panégyrique : «Ségolène Royal est intelligente, diplômée, capable de tenir tête avec élégance à ses contradicteurs masculins. Arlette Laguiller me fait rire, Ségolène Royal m’intéresse, même si je n’appartiens pas à sa famille politique.» Puis la même assène sa conviction intime : la candidate socialiste ne passera pas même le barrage de l’investiture. «Le problème c’est que son côté bourgeoise ne colle pas à l’image de rassemblement populaire que le PS veut donner de lui-même. Je la verrais bien ministre, même Premier ministre. Président de la République, je ne sais pas.»

A Barbusse, un établissement des Hauts-de-Seine classé en zone d’éducation prioritaire(ZEP), la candidate socialiste inspire plutôt de la méfiance. Dans ce collège de Bagneux, les élèves sont «pour les trois quarts issus de milieux défavorisés» et beaucoup de professeurs se revendiquent «de gauche». A Marianne (histoire géographie), Françoise (technologie) et Malika (lettres), il tarde de se débarrasser d’une droite qui a «démoli le système d’éducation prioritaire». Toutes trois se disent «d’accord» pour qu’une femme défende leur conviction, pour peu que «ce soit une femme qui se mouille». L’une d’elles soupire : «C’est vrai, on a fait le tour de ce que les hommes étaient capables de faire.» Pourtant la brusque percée de Ségolène Royal dans les sondages les a surprises, au point qu’elles suspectent une «construction médiatique». Spontanément, elles évoquent les photos de la candidate à la clinique avec son nouveau-né, publiées par Paris-Match il y a… treize ans. Marianne, agacée : «Si elle cherche à jouer sur l’identification, c’est raté. Il n’y a rien de commun entre ses moyens financiers à elle et ceux des mères de nos élèves, seules, précarisées ou carrément sans emploi !»

Pas de «sexisme à l’envers»

Au siège parisien des Ni putes ni soumises (NPNS) comme sur le site universitaire de Tolbiac, la candidature d’une femme à l’investiture d’un des deux grands partis de gouvernement n’est pas même perçue comme un fait politique majeur. Question de génération. Laure, 19 ans, en première année de droit, explique : «Au niveau des jeunes, la parité, on l’a.» Cette membre active de la coordination étudiante croisée à la cafétéria poursuit : «Les garçons nous respectent, ils ne nous prennent plus pour des cruches. D’accord, ils ont encore un peu tendance à nous couper la parole. Mais c’est au niveau des vieux qu’il y a beaucoup de travail.» La relève féministe des NPNS refuse elle aussi le «sexisme à l’envers». Linda, la trentaine, résume : «Soutenir Ségolène Royal parce que c’est une femme, c’est de la démagogie. J’attends de connaître son programme, de savoir si elle peut me convaincre.» Anne-Charlotte, un look d’étudiante délurée, enchaîne : «Ça m’emmerde qu’en 2006, ce ne soit pas naturel d’avoir une femme candidate. Ce n’est pas parce que c’est une femme qu’elle apporte la modernité.» Les plus âgées ripostent. «Vous avez raison d’attendre pour vous décider que les candidats présentent un programme qu’ils n’appliqueront pas ensuite, attaque Liliane, trente ans d’enseignement à son actif. Il est totalement injuste de prétendre que Ségolène Royal n’a pas d’idées. Il suffit d’aller voir sur son site de Poitou-Charentes.» Abder, réfugié politique algérien, s’étonne à son tour : «Les femmes sont presque plus machistes que les hommes : vous n’avez jamais demandé aux autres candidats ce que vous exigez de Ségolène Royal.»

Aux Grésilles, la dépendance financière et culturelle des résidentes attise pourtant d’autres révoltes. Claire, 34 ans, dont la maîtrise de psycho a débouché sur un emploi-jeune à la Parenthèque, s’enflamme : «Ségolène Royal est la candidate de l’espoir. Chaque jour, je mesure à quel point la parité, l’égalité professionnelle, le partage des tâches sont des voeux pieux. Ici, certaines mères n’ont pas de machines à laver. Non que la famille n’en a pas les moyens mais parce que leur mari ne veut pas qu’elles aient du temps à consacrer à autre chose que l’entretien du foyer. Ségolène Royal prouve aux femmes qu’elles valent mieux. On peut commencer à rêver.» Dans ce quartier populaire, on est prêt, malgré tout, à parier sur le renouvellement que peut incarner la députée des Deux-Sèvres. Josette, la présidente de la Parenthèque, explique : «Ségolène Royal peut transcender la politique en joignant le social et l’éducation. Elle a prouvé son intérêt et sa compétence sur les problèmes qui nous préoccupent aujourd’hui : le chômage, l’avenir des jeunes, les ratés du système éducatif, la parentalité…» Ségolène Royal, poursuit-elle, est une «pragmatique», ce qui peut faire la différence : «Je l’ai vue faire quand elle était secrétaire d’Etat à la Famille. Elle a une grande capacité d’écoute. C’est après avoir discuté avec elle des missions des parents que nous avons monté nos groupes de parentalité. Elle nous a écoutés aussi quand on a cherché à faciliter l’accès à la cantine scolaire des enfants issus de foyers pauvres.» Stéphane Rozès, directeur d’études à l’Institut CSA confirme : «De manière générale, Ségolène Royal séduit un peu moins les femmes que les hommes. Mais elles lui reconnaissent toutefois une particularité : alors que les hommes partent d’une idée et l’imposent au terrain, les femmes décortiquent le concret, font émerger des solutions puis les portent au niveau politique. L’échec des schémas imposés d’en haut explique sans doute pour partie l’émergence de Ségolène Royal.»

Pour en savoir plus, certaines ont surfé sur Internet. Avec des fortunes diverses. Le concept d’«expertise citoyenne» en séduit bon nombre. La perspective d’avoir une relation directe avec la candidate aussi. D’autres sont plus réservées. Françoise, la professeure de Bagneux, a été déçue : «Je n’ai trouvé que des opinions d’internautes. Je me fiche des avis signés avec des pseudos.» Une autre avertit : «On ne touche pas tout le monde par ce biais-là, pas les plus défavorisés en tout cas. Son site, ce peut être un moyen de dialogue, mais c’est très insuffisant.»

Intérêt ou scepticisme, quoi qu’il en soit, toutes les déclarations de la candidate à la candidature sont passées au scanner. «Ségolène Royal dit s’inspirer du blairisme, note une enseignante de Bagneux. Quand on connaît la politique de Tony Blair vis-à-vis de l’école, il y a lieu de s’inquiéter.» Chez les NPNS, on prévient : «Il n’y aura pas de mobilisation à gauche sans un discours qui surprend, qui redonne de l’espoir. Si elle reste dans le politiquement correct, on ne suivra pas.» Aux Grésilles, on reste dans l’expectative. Samia, qui admet avoir découvert il y a peu l’existence de Ségolène Royal, confie : «J’attends encore de savoir à quelle femme j’ai affaire. Ce qui est sûr, c’est que j’attendrai beaucoup plus d’une présidente de la République que d’un président.»

(1) Secrétaire d’Etat à la Condition féminine de 1974 à 1976, dans le gouvernement de Jacques Chirac au début du septennat de Valéry Giscard d’Estaing.

(2) Ministre déléguée chargée de la Famille et de la Condition féminine dans le gouvernement de Raymond Barre de 1978 à 1981, sous le septennat VGE.


Donner à chacun les moyens de choisir sa vie

May 4th, 2006 No Comments   Posted in Analyses de S.Royal

Le désir de « vouloir vivre ensemble » caractérise les interventions des internautes. La notion de communauté, au-delà des égoïsmes et de la peur de l’autre, prime.
Yannick Serrano en appelle à une « charte nationale de vivre ensemble ».
« La volonté de vivre ensemble est un exercice de tous les instants. Elle nous impose tolérance, respect de l’autre et acceptation des différences ».

Le respect des différences

La difficulté de vivre dans la « différence » nourrit de nombreux témoignages.
Victimes de racisme : Hicham témoigne dans un texte intitulé « Je souffre », Marie-France unie à un tunisien constate que dans notre société, nous sommes « libres de circuler mais pas libre(s) d’aimer ». Buffet se demande si dans l’avenir il sera possible de fonder un « foyer mixte ». Nico 77 souhaite que le PACS soit amélioré afin de permettre aux couples français/étranger de mieux vivre leur union.

De nombreux internautes abordent la question de l’homosexualité et plus particulièrement le sujet du mariage homosexuel.
« Il faut que la République s’attache à respecter les choix individuels et que ces choix soient acceptés par la société au nom du droit de chacun au bonheur » (Simon).
« Je ne veux pas être considéré comme une personne à part » plaide Nico 2 Cruz.
Yenamarre dénonce des « droits différents de ceux des autres citoyens ». « Le Petit Prince » appelle de ses vœux un « nous civil dans l’avenir ». Foulon Olivier demande à ce qu’il soit donné aux homosexuels le droit de « jouir des droits des couples hétérosexuels ». Certains proposent d’améliorer le PACS (Peaceonearth, Citoyen, Michelle …) d’autres militent pour la mise en place d’un mariage homosexuel.

La question de l’homoparentalité suscite de très vives réactions. Rémy favorable à « la parentalité gay » s’interroge « des parents homos ne sont-ils pas des parents tout court ? », Phil estime que « nier l’homoparentalité c’est nier au moins 200 000 citoyens français ».
L’enfant est au cœur du débat. Les témoignages abondent sur l’envie d’être parent. Pour Gils  les enfants élevés par les couples homos n’ont pas plus de problèmes que les autres ». « Légiférer sur l’homoparentalité renforcerait la protection des enfants », Christophe.

Nombreuses sont les contestations « un enfant n’est pas un produit, ce n’est pas parce que l’on en a envie que l’on peut l’obtenir » (message de directeur achats).
« Je comprends (…) le désir de paternité ou de maternité … mais cette souffrance ne justifie pas que l’on relativise la famille » (Olivier Noël).
Au-delà de la question de l’éducation de l’enfant, les interventions s’orientent sur la question de l’accès à la paternité ou maternité : insémination artificielle et adoption.
Julien G dénonce « l’utilisation abusive des techniques reproductives » par crainte d’une dérive.
En ce qui concerne l’adoption, sans détour Yves 78 affirme : « je suis favorable à l’extension du droit d’adoption pour les couples homos avec les mêmes règles que les autres » ; Simon précise que l’adoption est une réalité mais que ces enfants ne sont pas aujourd’hui « reconnus par le Droit ».
Ne pouvoir fonder une famille pour des parents homosexuels est perçu comme une mise « en marge de la société » (Nicocruz).
Il est, sur la question du mariage et de l’homoparentalité, fait appel à l’exemple de « nos voisins européens », Christophe.
L’unanimité se fait sur la nécessité d’un débat général sur ce sujet.

La formation de la jeunesse

La formation de la jeunesse doit contribuer à donner aux élèves des repères et garantir une culture commune.

« La jeunesse doit se réapproprier le champ du débat », Chris 26-02-06.
« Il faut qu’à l’école, on apprenne aux enfants à quel point il est important (…) de respecter l’autre » Olivier Noël 18-02-06.

L’école a un rôle essentiel à jouer en ce qui concerne l’apprentissage du respect de l’autre, pour cela l’école doit avoir les moyens de sa mission : allègement des effectifs des classes, mise en place de nouveaux rythmes scolaires (Sandra – Marine), réorganisation des cycles (miltemps 93), réduction de la taille des établissements (Yannick Serrano), meilleure formation des enseignants (Franckdesk) avec la systématisation de la formation tout au long de leurs carrières, un accroissement du nombre de surveillants …

Pour les élèves en difficulté, il est proposé de repenser et renouveler la politique des ZEP jugée efficace (Lofi), d’imaginer un « plan national de création d’écoles de la seconde chance » (Serrano).

Les parents

La responsabilisation des parents, dans la scolarité de leurs enfants, est perçue comme un levier essentiel (Annie).
Des actions d’aide à la parentalité pour soutenir les parents sont envisagées : développements de structures, d’accueil parents – enfants (Cathare), mise en place de « chèque éducation » permettant l’accès à des activités culturelles, sportives et de soutien scolaire.

La place du père dans notre société et particulièrement dans le cadre de couples séparés est un sujet largement abordé. « La loi dissuade de devenir père », estime Fredouest parce qu’en cas de séparation, le juge donne l’avantage la mère.Il faudrait « revaloriser le rôle du père » Michelle, aller vers un traitement à l’identique père-mère, par le juge en ce qui concerne la garde des enfants. Stéphane 27 parle lui, à ce propos, d’un désir « d’égalité parentale ». Yaovi propose l’instauration « d’une charte des parents » qui faciliterait les démarches administratives courantes relatives aux enfants. Robin demande à ce que la politique de médiation dans les conflits parentaux soit plus largement développée.

La mise en place d’un salaire maternel (ou paternel) pour celui des parents qui éduque à la maison les enfants est une question largement débattue (Geneviève Sabatier, adapter). « Garantir un salaire aux parents travaillant à la maison » (Tzenga), est une des propositions fréquemment émise. Anne-Marie Guyot rappelle que ce choix de vie doit être « consenti et calculé » et souligne qu’il faut veiller à « rompre l’isolement et créer des liens sociaux » pour les femmes isolées. Janine Lecler en appelle à « des états généraux de la famille » sur ce sujet. Pour Frédérique 34  l’augmentation des modalités de prise en charge collective des enfants permettrait une « vraie conciliation de la vie professionnelle et familiale »,dès lors la question du salaire maternel se poserait avec plus de justesse, car il s’agirait d’un réel choix.

Se former tout au long de sa vie

« Il faut assurer à chacun un moyen de continuer à se former tout au long de sa vie » (fh), cette préoccupation est partagée par de nombreux internautes. Les moyens envisagés sont divers : développement de la formation interne aux entreprises, amélioration de l’accès à la culture pour tous (Tzenga et Michelle), « Démocratisons l’accès à la culture » est le mot d’ordre repris par de nombreux internautes (Banjo, 3ertrand, wl …).

Vie associative

Le rôle des associations semble, plus que jamais, revendiqué, perçue comme un « creuset de solidarité », Marsick, l’association paraît garante d’un lien social fort. Renforcer l’engagement du grand nombre dans ce type d’activité pourrait passer par une validation de la pratique associative au sein du cursus universitaire des étudiants (Walwhitman).
Anthobrest rappelle l’impératif qu’il y a  à « dynamiser le secteur associatif » et propose que soit établi « un statut des bénévoles ».