Autour du débat de Jean François Copé sur France Europe Express
Suite au débat du 17 décembre 06 de France Europe Expresse, dont Jean Francois Copé était l’invité, voici quelques observations :
En suivant ce débat comme beaucoup, nous devons avouer que les téléspectateurs n’ont pas du retenir grand-chose, sauf qu’aucun de ceux présents sur le plateau n’était d’accord sur rien. Enfin simple répétition des faits politiques… Ainsi on pouvait retenir que la France n’était qu’une idée, ce qui est complètement inexacte car si c’était le cas la France ne serait bientôt que ruine et désolation. La France, plus qu’une idée vague et de l’ordre de la théorie, ne doit-elle pas plutôt être vécue, construite et ressentie nativement par quiconque se revendiquant d’être français ? N’est-il en effet pas plus raisonnable de penser que l’individu devrait ressentir son pays plutôt que d’intellectualiser l’idée que le sens commun s’en fait ? N’en résulterait-il pas une intégration naturelle et évidente plutôt qu’une déformation de l’individu voulant appréhender les rouages, jusqu’alors inconnus d’une culture différente de la sienne. N’oublions pas que la France, poussée par son peuple a pris 15 siècles pour se construire culturellement et socialement.
Malheureusement pendant ce débat télévisée, la notion de devoirs associée aux droits ne semblait avoir été évoquée que pour la forme et le politiquement correcte, tout un chacun sachant bien que cette notion ne pèse pas bien lourds par rapport à son associé. Dommage dirons-nous, quand on pense que les fameux droits dont se prévalent beaucoup de nouveaux français sont belles et biens les conséquences des devoirs dont les français bâtisseurs se sont toujours acquittés. Les droits sont la récompense, et le devoir le labeur associé.
Nous voudrions à notre tour apporter nôtre pierre à l’édifice de ce grand débat d’actualité sous la forme d’un exemple pour montrer à quel point la France, depuis une quarantaine d’années malmène son pays ainsi que ceux qui propage « l’idée française » en la vivant au quotidien. Cela nous emmène à faire connaître un trait de l’histoire, pas toujours évidente, des franco-mauriciens de l’ancienne île de France aujourd’hui île Maurice :
En oubliant les Franco-mauriciens, la France ne laisse-t-elle pas sur ceux-là le poids de son passé esclavagiste?…
“Et, pendant ce temps, la France brûle, ses banlieues s’enflamment,sa culture est mise à mal par ceux-là même qu’elle a reconnus en son sein”.
Alors que contrairement à tout cela, nous les misérables descendants de français, prisonniers de notre rocher, non reconnu par quiconque, à l’inverse de ces fauteurs de désordres, avons non seulement conservé la culture française, mais aussi promue bien au-delà de nos petites frontières.
N’avons nous pas assez souffert de la mésaventure de nos ancêtres ? e colonisateurs qu’ils étaient, ne se sont-ils pas retrouvés du jour au lendemain au statut de colonisés par les Anglais? Du même coup, n’ont-ils pas perdu leur citoyenneté Française ? Pourquoi serions-nous responsable du malheur actuel des descendants d’Esclaves ?
Pourtant, certaines belles âmes ne se privent pas de le clamer!
Ainsi, par anachronisme, nous serions rendus responsables de la pratique de l’esclavage de nos ancêtres, parce que nous sommes leurs héritiers.
Non! Nous ne sommes pas redevables de quoi que se soit!
Pour être responsable, il aurait fallu que nous soyons les vrais héritiers de nos ancêtres. C’est à dire être français comme eux!
Une comparaison amusante et paradoxale serait de dire que si d’une part les descendants de colons sont autant responsables de l’esclavage que leurs ancêtres du simple fait de leur descendance, d’autre part, ne serait-il pas logique de dire que les descendants d’esclaves sont autant esclaves que leurs ancêtres toujours en raison de la descendance. Avant que divers associassions anti-racistes ne montent au créneau en ne lisant que cette phrase, précisons évidement qu’il ne s’agit là que d’un raisonnement par l’absurde. Il est évident que les descendants d’esclaves sont parfaitement libres à l’île Maurice. Permettez nous donc par symétrie de dire que les descendants de colons à l’île Maurice ne sont plus … colons ni esclavagiste. Nous voyons bien là encore une fois, si le postulat de départ est faux, le raisonnement qui suit est erroné.
Ainsi sur ce triste sujet de l’esclavage ou tant de personnes ont injustement souffert dans leur âme comme dans leur chair, pourquoi ne pas avoir trouvé de solutions plus équitables et raisonnables à leur problèmes ?
On n’hérite pas seulement du passif!
Il serait donc injuste que nous portions seuls toute la responsabilité morale d’une lourde période de l’histoire française, en son temps, durant cette période coloniale.
Ainsi, ce serait plutôt à la France que les descendants d’esclaves devraient présenter leurs doléances.
Nous les descendants de français, aussi paradoxal que cela puisse paraître, nous ne sommes pas français, et c’est dommage! Si nous l’étions, il nous eût été alors possible, du moins pour certains d’entre nous, d’agir plus librement vis à vis des autorités compétentes tant soit françaises ou anglaises afin que soit reconsidéré le cas de tous les oubliés, les vrais descendants d’esclaves.
L’exploitation malsaine de certains politiques ne rend-elle pas plus misérable encore beaucoup de ces descendants d’esclaves ? En tirant toujours vers le bas, exploitant leur misère, ceux-là ne font-ils pas naître en eux un sentiment de haine envers la communauté minoritaire, la communauté blanche ?
En conclusion dirons nous que paradoxalement, la communauté franco-mauricienne de l’île Maurice, accusée de tous les maux de la période coloniale française, ayant toujours promue la culture française et continuant à la vivre au quotidien, n’est pourtant plus « française de papiers » bien que « française de cœur, de culture et de raison ».
Gérard Dufourq - Ile Maurice.
Droit de l’homme au Tibet
A quand lèverons nous enfin le voile sur l’agression chinoise de la culture et du peuple tibétain ? J’espère une fois présidente, Madame, qu’à l’instar de tous vos prédecesseurs, vous vous démarquerez enfin en portant votre voix au monde pour que nos enfants n’aient pas à rougir de leur pays, berceau du Droit de l’homme !
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Surréalisme
Bonjour,
vous, et toute la classe politique enfiévrée, nous bassinaient avec des promesses de “plus jamais ça”, “il faut que ça change” … L’ami Antoine tournait déjà tout ça en dérison à la fin des années 60 : “je vous ai compris votez pour moi…”
Prendriez vous les Français pour des demeurés ou des imbéciles ?
Vous qui êtes dans les allées du pouvoir depuis plus de 25 ans, savez vous encore ce qu’est la réalité économique ? Quand on a jamais mis les pieds dans le monde du travail, comment en parler, autrement qu’en discussions de salons.
Vous et vos collègues énarques de tous bords n’avaient qu’une ambition personnelle : prendre le pouvoir.
Tout ça transpire dans vos discours qui ont pour objectif premier : battre la droite olu battre la gauche.
Saqchez qu’aujourd’hui ce discours ringagrd est peut être pain béni pour les afficionados des partis. Ca ne représnet plus rien dans le réalisme économique.
Changez de discours s’il vous plait. Si vous êtes encore capable d’apprécier la réalité.
PS : ce papier est appicable à toute la classe politique qui prétend représenter les sensiblités de Français. Voyez le taux d’absention.
Premier débat participatif à Strasbourg : “Avec vous, je veux construire la France qui se bat et la France qui se relève!”
Bonsoir à tous !
Merci à Jacques BIGOT, d’avoir extraordinairement bien animé cette soirée, et à tous ceux qui sont intervenus.
Je comprends qu’il y a encore sans doute beaucoup de questions dans cette salle. Mais je voudrais vous dire que ce débat doit se poursuivre.
Chaque élu ici présent, chaque président d’association, chaque citoyen, chaque salarié aussi, doit être en mesure à son tour d’organiser des débats participatifs comme celui-ci, à dimension variable bien sûr, car le moment est venu de prendre la parole pour m’aider à construire le projet présidentiel qui répondra le mieux aux attentes des citoyens.
Et une fois de plus nous avons eu ce soir la démonstration de l’utilité de cette démarche, sans laquelle je ne peux plus concevoir l’action politique.
Martin Hirsch vient de démontrer brillamment à quel point il est absolument nécessaire de donner la parole aux citoyens sur les problèmes qui les concernent. Parce que c’est comme cela que, non seulement, nous parlerons juste,mais c’est comme cela aussi que nous agirons juste et c’est comme cela que nous serons efficaces si les Français nous apportent leur confiance.
Et c’est cette façon de faire dans la campagne présidentielle qui permettra de reconquérir la confiance de ceux, en particulier, qui sont les plus éloignés de la politique, qui pensent que la politique ne sert plus à rien et qu’eux-mêmes ne comptent pour rien.
Et je voudrais dire à tous ceux qui ont posé des questions, notamment de façon spontané, ce qui n’est pas facile pour un salarié, pour un chômeur, pour quelqu’un qui travaille et qui galère dans une association, de venir parler devant 1 500 personnes.
Je crois qu’il faut que cette parole continue, parce que c’est comme cela aussi que le peuple français se mettra en mouvement pour faire en sorte que le projet que je porterais au nom du peuple français corresponde bien à ses priorités et à ce qu’il attend.
Ce soir, à Illkirch-Graffenstaden, dans la communauté urbaine de Strasbourg et dans cette Alsace dynamique et de longue tradition industrielle, je veux vous parler de la France qui se bat et de la France qui se relève.
Je suis venue vous dire d’ailleurs, c’était parfois implicite et parfois explicite dans vos questions, que c’est vrai qu’il y a une grande inquiétude face à la mondialisation, à ses dérives et les Français se demandent au fond si l’Etat peut encore servir à quelque chose. Moi je vous le dit : l’Etat peut non seulement servir à quelque chose mais doit servir à quelque chose. Et la puissance publique doit assumer ses responsabilités.
Il n’y a pas de fatalité.
Et je voudrais une nouvelle fois ici soutenir tous les salariés qui sont en lutte.
A Suchard : 123 emplois supprimés ! J’ai rencontré le patron tout à l’heure et je n’ai eu aucune explication. Ce sont des licenciements de confort, parce que la mode est à la concentration industrielle, y compris dans es filières qui font des bénéfices.
Et ce soir je voudrais que tous ensemble on puisse leurs dire que l’on se bat à leurs côtés, pour que le patron qui doit donner une réponse dans quelques jours puisse donner la réponse que l’on attend. Et que dans la France d’aujourd’hui, l’on n’accepte plus des licenciements inciviques, qui ne correspondent même pas à la réalité économique.
Tous les jours on nous dit en effet que face aux défis majeurs auxquels nous sommes confrontés - la mondialisation, les changements technologiques, les nouveaux risques planétaires -, les Etats seraient impuissants : ils ne seraient que les jouets du capitalisme mondial. Tous les jours on entend dire qu’il ne serait pas possible d’améliorer les performances économiques sans augmenter les inégalités. Ou alors on entend dire aussi, que pour améliorer nos performances dans le cadre de la compétition mondiale, qu’il faudrait que les salariés renoncent à toute forme de protection, ou acceptent des contrats sans droits, ou voient leurs salaires baisser, comme l’ont dit tout à l’heure les salariés d’Alsthom. Et bien ce chantage, il est insupportable.
Et je crois qu’il est important de redire ici un message politique extrêmement ferme : il n’y a aucune fatalité. Je refuse ce renoncement. Avec vous je veux construire la France qui se bat, et la France qui se relève.
Car pour moi l’action politique consiste à donner à chacun le droit de construire librement sa vie. Nous l’avons vu encore ce soir, difficile de choisir sa vie, de la maîtriser et de construire le bonheur des siens, de transmettre à ses enfants le bagage et les valeurs nécessaires à leur réussite quand l’argent vient à manquer.
Car dans la France d’aujourd’hui, les uns maîtrisent leur destin et sont assurés de l’avenir de leurs enfants, alors que les autres sont tenaillés par la précarité, sont privés de cette possibilité ou craignent de la perdre. Et là se trouvent le clivage le plus profond et l’inégalité la plus criante à laquelle à gauche nous avons à répondre. Ouvriers, ouvrières, employés, petits salariés, dispersés souvent dans de petites entreprises et n’ayant même pas la possibilité d’une défense syndicale, n’étant pas défendus, c’est à vous aujourd’hui que je pense, en affirmant la nécessité pour la puissance publique d’intervenir.
Nous pouvons en effet, si la volonté politique existe, et la proposition qui vient d’être faite le prouve, nous pouvons associer l’efficacité économique et les hauts niveaux de protection sociale. Car des salariés sécurisés dans leur emploi, rémunérés correctement et bénéficiant d’une bonne couverture sociale sont même une condition de l’efficacité économique. Et je salue le travail des jeunes dirigeants d’entreprises de ce centre syndical, qui montrent que l’on peut diriger les entreprises autrement que ne le fait le MEDEF, et avec d’autres valeurs et d’autres exigences.
Depuis vingt ans, nous consacrons des sommes de plus en plus élevées à réparer un tissu social que l’ultra-libéralisme déchire. Nous tentons de raccommoder une société qui se fragmente parce que souvent l’Etat se dispense d’investir dans ce qui compte vraiment. Et je veux en finir avec un gouvernement tâtillon et rafistoleur, un gouvernement pompier qui souvent arrive trop tard. Nous avons aujourd’hui besoin d’un changement majeur dans la manière de concevoir le rôle et l’intervention de la puissance publique. Nous avons le besoin d’un pacte social adapté à la réalité du monde et je vais vous dire ce soir comment je conçois le rôle de la puissance publique pour remettre la France de l’emploi en mouvement.
Et d’abord pour éviter que les désordres que crée une mondialisation non maîtrisée, que face à eux il doit y avoir une puissance publique pleinement responsable, capable d’anticiper, de prévenir et d’investir dans l’avenir.
Ensuite pour amplifier son action et pour la rendre plus intelligente, je veux une puissance publique capable de travailler avec des partenaires sociaux à la légitimité renforcée. C’est le dialogue social à moderniser.
Et enfin pour mettre un terme à l’injustice scandaleuse qui fait supporter aux seuls salariés toute la charge des mutations que traverse notre pays, je veux une puissance publique qui sécurise, qui protège et qui accompagne.
Nous ne gagnerons pas la bataille de l’emploi, et Dominique Meda l’a dit tout à l’heure, en fermant nos frontières (aux biens ou aux populations). Nous la gagnerons en investissant massivement dans ce qui détermine la croissance, c’est-à-dire la recherche, l’éducation, la formation, en anticipant les mutations, en créant les conditions de la réussite pour tous.Comme l’a dit Henri Emmanuelli, il faudra aussi le faire sans naïveté : je souhaite que l’Europe ne soit pas ouverte à tous les vents du libéralisme destructeur et que nous sachions en effet mettre en place des mécanismes acceptables qui protègent notre industrie. Et comme l’on dit tout à l’heure les salariés d’Alsthom, j’ai regardé attentivement comment cela se faisait, que Bombardier avait gagné l’appel d’offre et que malheureusement il y a des règles. Et bien il y a des continents qui sont moins naïfs que d’autres, qui font du dumping et qui peuvent ainsi se présenter avec es prix inférieurs, mais aussi souvent, alors que les qualités, et en l’occurrence c’était le cas, la qualité d’Alsthom était bien supérieur, et c’est seulement parce que les salariés d’Alsthom ont menacés de faire un procès, que Bombardier a accepté de sous-traiter une partie de la fabrication aux usines concernées.
Et bien moi je vous le dit, si je suis en responsabilité, et puisque nous aurons la présidence de l’Union Européenne au 1er janvier 2008, nous mettrons à plat ce qui se passe dans les autres continents, au 1er rang desquels les Etats-Unis, qui savent fort bien tenir un discours ultra-libéral, mais fort bien organiser des protections sous des prétextes divers et variés, ayant traits à des formes de fabrication, à des contraintes, à des contenus divers et variés, à des brevets.
Alors, l’Europe devra cesser d’être naïve. Oui, l’Europe devra être un espace de protection, parce que si nous voulons sauver notre modèle social, alors nous devrons sortir de cette naïveté et utiliser tous les moyens pour protéger nos marchés, nos emplois, nos salariés, notre industrie, tout en restant bien évidemment ouvert sur le monde mais à armes égales.
Et toujours sur ce thème, oui la puissance publique devra investir dans l’avenir. Aujourd’hui notre recherche est asphyxiée : nous y consacrons un peu plus de 2% de notre PIB alors que tous nos concurrents, les Etats-Unis, le Japon dépensent, pour certains, près du double, et parfois beaucoup plus. Je veux mettre un terme à ce cercle vicieux. Et la France devra dès 2007 déclencher un vaste plan, un plan massif pour l’innovation et la recherche, développer les partenariats entre la recherche publique et privée, créer un statut européen du chercheur qui évitera aux jeunes chercheurs de partir vers les Etats-Unis. 200 000 jeunes chercheurs européens sont aujourd’hui aux Etats-Unis parce que nous n’avons pas de statut du jeune chercheur correctement payé et correctement sécurisé dans nos laboratoires. Les pôles de compétitivité doivent aider au développement des PME et susciter des croisements féconds, des coopérations trop faibles aujourd’hui en France entre l’université, la recherche et les entreprises : l’entreprise Google est né dans 20m2 sur un campus universitaire. Alors pourquoi pas des entreprises Google dans notre pays ? Oui, c’est cette modernisation là qu’il faudra faire.
- Notre Université est mal en point, non pas par manque de talents, mais par manque de moyens. Les locaux universitaires sont dans un état déplorable, les étudiants pour beaucoup d’entre eux en situation de précarité, cela a été dit tout à l’heure. Nous consacrons à nos étudiants du supérieur un montant inférieur de 25% à la moyenne des pays de l’OCDE, inférieur de 40% à la Suède et inférieur de 50% de ce qui se passe aux Etats-Unis. Alors une remise à niveau est absolument indispensable, et nous devrons mettre aussi dans ce domaine la France à la hauteur de ce qu’elle mérite.
Car le niveau de formation et de qualification d’un pays constitue un facteur de performance durable : c’est là que se trouvent les gisements d’activité et de valeur ajoutée. Avoir une population bien formée, c’est être assuré que nos entreprises pourront s’engager dans des secteurs de pointe, des produits à haute valeur ajoutée et que nous développerons des emplois bien qualifiés donc bien payés. La responsabilité de la puissance publique, c’est donc d’abord d’assurer une excellente formation à l’ensemble des jeunes. Bien sûr d’abord aux 160 000 jeunes sans qualification qui sortent du système scolaire et auxquels il faudra réussir à donner un métier. Mais je pense aussi aux étudiants qui sortent en échec à la fin du premier cycle universitaire. Quatre étudiants sur dix sortent sans qualification après deux années d’université. C’est un immense gaspillage que la France ne peut pas se permettre. Mon objectif, c’est non seulement que chaque jeune puisse sortir du système éducatif avec une qualification mais c’est surtout que chaque diplômé se voie proposer un emploi à la sortie de son parcours de formation. C’est le droit au premier emploi pour tous les jeunes qualifiés. C’est un objectif national que je fixerais à l’ensemble des entreprises de notre pays. Il n’est plus possible qu’il y ait autant d’inégalités entre les jeunes qui ont des relations et qui peuvent trouver du travail après leur diplôme et ceux qui n’en ont pas et qui galèrent et qui restent au chômage, et qui ruine le sens de l’effort scolaire pour les plus jeunes. Car lorsqu’ils ont vu les grands frères et les grandes sœurs travaillés, accédés à un diplôme de l’enseignement supérieur et galérer dans le chômage et les petits boulots, alors c’est tout l’édifice qui s’écroule, et la France doit vraiment réaliser ce droit au premier emploi pour les jeunes qualifiés et pour les jeunes diplômés.C’est possible, c’est à notre portée, tout le monde devra faire un effort. Il faudra remettre en cause certains des dogmes sur lequel repose notre système de formation actuelle : il faudra informer bien en amont les jeunes et leurs familles sur les débouchés professionnels, créer des antennes « emploi» dans les universités, bref créer dans notre pays une orientation digne de ce nom et donner à chaque jeune un tuteur qui l’épaule et le conseille dans ses choix.
Et nous devrons enfin investir dans la formation continue. Nous ne devons plus accepter que les fonds consacrés à la formation diminuent, et non plus, une femme le disait tout à l’heure, que la formation aille le moins vers ceux qui en ont le plus besoin. Songer que lorsqu’on interroge les Français, qui au cours de la semaine dernière, ont participé à une action de formation, 7% des Français déclarent être actuellement dans une action de formation. Dans les pays voisins ce chiffre monte à 25%. C’est dire à quel point nous sommes en retard sur l’effort considérable qu’il y a encore à fournir sur la formation professionnelle, sur la qualification, et sur le droit au 1er emploi pour ceux qui ont fait cet effort de qualification. C’est cela le premier axe d’action du devoir de la puissance publique, c’est cela investir dans l’avenir.
La deuxième mission de la puissance publique est de développé le dialogue social et le syndicalisme de masse.
Jean-Marc Ayrault en a parlé tout à l’heure, plusieurs questions aussi ont fait référence à ce problème, le dialogue social est non seulement une manière de maîtriser la mondialisation, parce que plus les salariés sont associés en amont des mutations, plus l’entreprise est contrainte d’anticiper ces mutations. On a donc du gagnant gagnant dans le syndicalisme de masse et dans la modernisation du dialogue social, et qui doit requalifier des salariés pour d’autres emplois et d’autres activités, parvienne à supprimer près de 10 000 emplois sans un seul jour de grève et sans qu’un seul salarié ne perde de la rémunération et de la dignité au travail. C’est en maintenant le contrat de travail, c’est en créant la sécurité sociale professionnelle, c’est en continuant à payer les salariés car ils vont être formés sur de nouveaux emplois, de nouveaux produits, de nouvelles entreprises que cette mutation économique est possible. Mais cela n’est possible que s’il y a un rapport de force syndical. Ici 8% de salariés syndiqués, là-bas 80% de salariés syndiqués. Alors cette émergence-là d’un autre model social, d’un autre dialogue social, qui nous fera rentrer dans le siècle du futur, et qui nous permettra non seulement de tirer en avant les entreprises, qui du coup en respectant les salariés anticipent leurs mutations industrielles. Et le troisième partenaire est l’Etat, qui garantit le bon déroulement de ces négociations salariales.
Et bien c’est comme cela que l’on relève un pays, qu’on le tire vers le haut. Et je donnerais toute leur place aux partenaires sociaux, je leur donnerais toute leur représentativité, je créerais dans ce pays la démocratie sociale, parce que je pense que c’est une condition fondamentale de la compétitivité économique et du positionnement de la France face à la mondialisation d’un côté, tout en maintenant notre haut niveau de protection sociale. Je crois que cette convergence est possible, ce chantier-là, il est devant nous.
Les représentants des organisations syndicales CGT, CFDT, ont fait des propositions, ont fait un effort considérable. Il y a eu un rapport du Conseil économique et social qui a fait des propositions. Ils ont même fait l’effort de tendre la main au patronat. Et comme seule réponse on leur a claqué la porte au nez.
Si je suis élu, ce vaste chantier de la modernisation sociale, que d’ailleurs conduira Jean-Marc Ayrault, sera mis en chantier. Il le sera dès maintenant pendant la campagne électoral, et je dirais dans mon programme présidentiel comment nous allons nous y prendre en nous appuyant sur les propositions des organisations syndicales, parce que je crois que c’est dans la vitalité de ce dialogue que nous réussirons à construire une nouvelle donne dans les entreprises, qui permettra, là aussi, à la France de se relever.
Je veux aussi une puissance publique qui sécurise et qui accompagne. La première des sécurités que je mettrais en place, avec les partenaires sociaux, c’est la sécurisation des parcours professionnels.
Nous devrons aussi nous attaquer à la question des conditions de travail : l’exercice du travail s’accompagne, ici en France, trop souvent de conditions dégradées, de non respect de la personne qui alimentent la défiance, la déception, la démotivation à l’égard du travail. Le travail s’est intensifié. Les exigences sur les salariés toujours plus fortes, des maladies professionnelles en hausse, le temps partiel subi qui s’étend : il importe aujourd’hui de mettre sur la table l’ensemble des questions touchant au temps de travail, à l’organisation du travail, aux conditions de travail pour aboutir à une nouvelle donne au cœur de laquelle devra se trouver la qualité de l’emploi et le travail décent, qui sont gages autant de la compétitivité que du bien-être des travailleurs.
- La puissance publique doit également aider les créateurs d’entreprise. Plus de la moitié des entreprises aujourd’hui sont créées par des demandeurs d’emploi. Nous avons le devoir de libérer les initiatives bridées par l’accumulation des rigidités administratives, les problèmes bancaires, l’insécurité du statut des artisans, des commerçants et des petites entreprises. Notre croissance, notre réussite, nos emplois dépendent de notre capacité de mobiliser les énergies dans notre pays, et il y en a. Et je promets à tous ceux d’entre vous qui veulent entreprendre, se lancer, créer, que nous vous en donnerons les moyens. Je mettrai en place une protection sociale des entrepreneurs pour que créer une entreprise ne soit pas une activité qui mette en danger leur famille en cas d’échec.
Nous devrons aussi, et nous n’avons pris que trop de retard en ce domaine, aider nos PME à se développer ; ce sont ces entreprises de 50 à 500 salariés qui créent aujourd’hui en France le plus d’emplois mais qui ont aussi beaucoup de mal à passer le cap de ces 500 salariés et qui rencontrent beaucoup de difficultés pour devenir à dimension internationale. Elles sont la base de notre économie. Elles sont présentes dans nos pôles de compétitivité et d’excellence que nous avons mis en place dans toutes nos régions. Et là aussi il faudra faire quelques révolutions. D’abord leur faciliter l’accès au crédit des PME ; les banques ne jouent pas leur rôle, on le voit tous les jours. Les banques sont payées pour cela et ce sont les collectivités territoriales qui font le travail des banques, c’est-à-dire les contribuables. Les banques devront jouer leur rôle et aider les entreprises à prendre leurs risques. L’Etat pourra se porter garant, la puissance publique pourra se porter garante, mais c’est quand chacun est à sa place et fait son travail que nous pourrons relancer en France l’esprit d’entreprendre.
- La puissance publique doit absolument sécuriser l’insertion des jeunes, j’en ai parlé, avec la création de ce droit au premier emploi. Je refuse la fatalité du chômage des jeunes, qui atteint ici des records. Je refuse la longueur de leur parcours d’insertion, particulièrement préoccupante notamment pour les jeunes qui viennent de quartiers populaires et qui sont victimes de discriminations. Nous ne pouvons plus supporter que des jeunes se retrouvent durablement sans emploi, qu’ils soient qualifiés ou qu’ils ne le soient pas. Et nous ne pouvons plus accepter qu’à diplôme égal, y compris pour le premier recrutement, il reste encore des inégalités salariales entre filles et garçons qui n’ont aucune justification. Et là le pacte social il est rompu. Be
Si je suis élue, je demanderai au gouvernement de négocier et de mettre en place une garantie d’activité jeunes, pour qu’aucun jeune ne reste au chômage plus de 6 mois. Il aura accès soit à une formation qualifiante pour un métier dont les besoins sont réels, notamment par un système de formation en alternance, soit à une activité de tutorat de recherche d’emploi en petit groupe, soit à des stages et des emplois rémunérés et aidés dans le secteur public ou privé, et dans tous les cas à une indemnité, à un salaire. Et, là où la droite a détruit les emplois jeunes, qui avaient permis à 350 000 jeunes de trouver une première expérience professionnelle, nous généraliserons les emplois tremplins créés depuis 2004 par les Régions de gauche, pour atteindre le chiffre de 500 000 emplois tremplins.
- Les femmes doivent aussi trouver leur juste place dans l’emploi. Dominique Meda l’a évoqué tout à l’heure, le service public de la petite enfance sera créé. Il devra garantir à tous les parents le droit effectif à l’accueil et à la garde de leurs enfants de 2 mois à 3 ans. Je pense aux femmes peu qualifiées que le complément d’activité de libre choix incite à se retirer du marché du travail et qui, une fois de retour, retrouvent des conditions d’emploi plus précaires qu’avant. Aucun dispositif actuel ne vient aider les femmes qui sont en rupture de l’allocation de parent isolé à trouver une nouvelle activité. Je pense au plus d’un million de femmes qui travaillent au temps partiel contraint. Là aussi, il faut cesser les beaux discours, il faut arrêter de louvoyer. J’exigerai que la loi soit appliquée, ce qui n’a pas été fait jusqu’ici, et j’y mettrai les moyens et la volonté politique nécessaires.
- Enfin, l’une des évolutions la plus inquiétante est celle qui était évoquée tout à l’heure, celle des travailleurs pauvres, comme s’il était tolérable que dans la cinquième puissance industrielle du monde on ne puisse pas vivre dignement de son travail. Pour un socialiste d’ailleurs, pour un militant de gauche, accoler le mot “travail” et le mot “pauvre” c’est tout simplement intolérable. On parle même “d’invisibles”.
Et bien moi je vous le dis, non seulement les travailleurs pauvres doivent devenir visibles, mais encore ils doivent retrouver leur dignité. Et c’est pourquoi je me suis engagé, et je le redis ici, à créer le Revenu de Solidarité Active, qui nous a fort bien été expliqué tout à l’heure. Et quand l’on nous dit : “ça coûte cher”, et comme l’a dit Martin Hirsch tout à l’heure : “ça coûte cher, mais cela rapporte aussi !”Parce qu’une société qui se relève, une France qui croit en elle et qui rend la dignité du travail aux millions de personnes qui en sont privée, cela permet aussi aux familles de bien fonctionner et aux enfants de sortir de la pauvreté. Donc ensuite, ça permet la réussite scolaire, et donc que d’économies sur les dégâts sociaux qui coûtent si cher à une société.
***
Je voudrais pour terminer vous parler de la nouvelle donne que la puissance publique devra passer avec les entreprises, dans une logique de résultat. Bien sûr elles auront le droit de percevoir des subventions ou des allègements de charges pour être davantage compétitives. Mais elles auront aussi le devoir de s’engager en termes d’emplois créés, de qualité de ces emplois et de pérennité de ces emplois. Sinon, si les entreprises perçoivent des fonds publics puis ensuite licencient ou délocalisent alors les aides publiques seront récupérables, elles rembourseront. Et nous devrons pour encourager les entreprises qui investissent et qui innovent moduler l’impôt sur les bénéfices des entreprises, pour distinguer celles qui vont de l’avant, celles qui créent des emplois et puis celles qui se contentent de distribuer des dividendes, et souvent au passage, d’annoncer des plans de licenciement pour faire monter le cours en bourse. Il faudra distinguer les unes des autres.
Tel est, mes chers amis, le contenu du nouveau pacte pour l’emploi et la responsabilité nouvelle que j’assigne à la puissance publique. Cela permettra à notre pays de retrouver l’énergie, la détermination et la réussite qui lui font défaut aujourd’hui.
Quand le MEDEF, applaudi par la droite, parle de « séparabilité », il invente des vocabulaires assez étrange, cela veut dire simplement le tri entre les salariés et comprenons bien que derrière ce mot il s’agit du travailleur jetable. Nous nous n’en voulons plus de travailleurs jetables, parce que la croissance a besoin de confiance et donc de nouvelles sécurités économiques et sociales qui permettent à chacun de bâtir des projets d’avenir.
Les conservateurs n’ont, au fond, pas compris l’essentiel : la relance de la croissance suppose un changement radical de politique qui fasse de la justice sociale et de la qualification des salariés non pas l’ennemie mais au contraire le ressort de la performance, et qui fait du capital humain, non pas une variable d’ajustement mais au contraire la principale richesse à valoriser, et la condition de notre avantage concurrentiel le plus durable.
Alors oui, je vous le dis, je veux être porteuse pour le pays d’un nouveau modèle de développement qui lie solidement ensemble le plein emploi et le pouvoir d’achat, l’innovation et la création d’entreprises et l’esprit d’entreprendre, l’investissement dans la formation et la sécurisation des parcours professionnels, et le développement écologiquement responsable et donc économiquement et socialement fructueux. Bref, les bases solides de la confiance et de la vision de l’avenir.
A l’arrogance du gouvernement, aux adversaires du code du travail, à ceux qui disent que : “la liberté s’arrête là où commence le code du travail”, moi j’oppose la vertu efficace du diagnostic partagé, comme nous l’avons fait ce soir, des efforts équitablement répartis et d’une démocratie sociale forte d’un syndicalisme respecté qui permet de rééquilibrer, dans l’intérêt bien compris des entreprises et de la nation, les rapports entre le capital et le travail.
Et il faudra bien, une bonne fois pour toute, prouver aux Français, et je le ferrais pendant cette campagne de l’élection présidentielle, prouver que le capital sera définitivement plus taxé que le travail.
Au faux patriotisme économique, dont on a entendu parler par le chef actuel du gouvernment, privatiseur de GDF et fauteur de vie chère, j’oppose le volontarisme industriel à l’échelle française comme européenne et l’Etat garant d’un pacte social affermi et rénové.
A la bureaucratie centralisée, j’oppose la confiance faite aux Régions et aux territoires pour mobiliser les chercheurs, les universitaires et les entreprises dans les pôles de performances.
Le laisser faire, le laisser aller, ça ne marche pas. On le sait maintenant. Il est temps que la volonté politique reprenne la main pour bâtir un ordre économique juste et des sécurités sociales durables qui l’emportent sur les dérives d’un capitalisme spéculatif qui choisit la rente contre l’investissement.
La France est porteuse de nombreux atouts que la droite a gaspillés : j’en ferai les leviers d’un redressement solidaire.
Je réhabiliterai la valeur travail, car aujourd’hui ceux qui la détruisent ce sont les contrats précaires, les discriminations à l’embauche, les salaires bloqués et l’inquiétude du lendemain. C’est tout cela qui sape la valeur travail. Et la santé d’une économie dépend de la motivation de ceux qui travaillent et les entreprises compétitives, on le sait, sont celles qui respectent leurs salariés, qui les forment bien, qui les payent bien et qui mobilisent toutes les compétences.
Je ferai le pari de l’intelligence collective et de la capacité des Français à définir ensemble un intérêt général sans perdants et sans humilier.
Nous relèverons la France en nouant dans la clarté, sur des objectifs précis et négociés, ce pacte à trois, les entreprises citoyennes qui vont de l’avant, les salariés qui auront leur mot à dire et qui seront associés bien en amont pour pouvoir partager les objectifs de l’entreprise, et la puissance publique qui sera la garante de la justice de ce pacte.
C’est pourquoi ce soir, j’appelle toutes celles et tous ceux qui veulent rejoindre ce mouvement de la France qui se bat et qui se relève, de ce mouvement de conquête, je vous appelle à faire gagner la France qui croit en elle en 2007.